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Discussion: tranche de vie

  1. #31
    Le Việt Nam est fier de toi Avatar de HUYARD Pierre
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    Par défaut Ici, la solitude: ca n'existe pas.

    Citation Envoyé par thuong19 Voir le message
    pour ceux qui avaient imaginé vivre isolé avec sa future femme vietnamienne au pays, vous êtes avertis,c'est souvent comme ça dans les familles vietnamiennes.
    merci Gérard pour ce précieux témoignage.


    Tout seul a Vung Tau




    Avec des miens cousins de passage a Sai Gon

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  3. #32
    Le Việt Nam est fier de toi Avatar de Bao Nhân
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    Par défaut

    Pour ceux qui comptent aller vivre là-bas, il faut aussi qu'ils aiment respirer les poussières et gaz provenant des activités humaines.
    Bảo Nhân : fascination, impression and passion

  4. #33
    Passionné du Việt Nam Avatar de mekong
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    Par défaut Quelle énergie

    A défaut du soleil, une lecture qui remet en forme

    Mais pourquoi les Vietnamiens sont-ils aussi dynamiques ? Après moultes interrogations à ce sujet, je crois avoir trouvé le secret de leur «bonne forme»... Suivez le guide !


    La pharmacie vietnamienne est le temple de la vitamine de A à Z.
    Photo : Phuong Vy/VNA/CVN

    Aujourd’hui je me sens un peu patraque! Changement de temps ? Trop de travail ? Le dynamisme n’est pas au rendez-vous. Je me hisse sur la terrasse pour mon exercice quotidien de rameur, mais, malgré les encouragements de ma fille à califourchon sur mon ventre, ce n’est pas aujourd’hui que je pourrais concourir pour une compétition d’aviron. Le «pho» matinal a beau être appétissant, je l’engloutis sans appétit. L’implosion énergétique me guette, il est temps de réagir ! Heureusement, je vis au Vietnam, pays vitaminé s’il en est !

    Survitaminés !

    Au Vietnam, les pharmacies sont presque aussi nombreuses que les réparateurs de moto, ce qui n’est pas peu dire ! Celle dans laquelle je me rends est semblable à ses multiples sœurs disséminées dans les rues de la ville : modeste boutique de quelques mètres carrés, étalages vitrés qui alignent des boîtes de médicaments, visage souriant de la personne qui vous reçoit. Je compare souvent cette simplicité avec les officines de nos pays occidentaux, aux vitrines élégantes et qui se donnent l’air de parfumeries de luxe, mais dont le sourire est trop souvent absent. On entre rarement dans une pharmacie par plaisir, alors autant y être accueilli avec chaleur, ce qui contribue à redonner le moral, premier pas vers la guérison !

    Outre le sourire, la pharmacie vietnamienne est aussi le temple de la vitamine de A à Z. En rangs serrés, sur plusieurs niveaux, des boîtes de toutes les couleurs constituent un véritable mur dédié au regain d’énergie et de vitalité ! Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les causes de fatigues. Elles promettent de faire de vous un surhomme ou une super-femme, capable de toutes les prouesses physiques et mentales. Une baisse de forme? Pas de problème, quatre pilules par jour de cette petite boîte rouge, et vous pourrez concourir aux Jeux Olympiques ! Votre mémoire vous joue des tours, jusqu’à vous faire oublier votre nom ? Aucun souci, deux pilules matin et soir de cette boîte verte, et vous pourrez vous souvenir du temps qu’il faisait le jour de votre naissance ! Des pannes fréquentes sur le chemin du plaisir ? Pas grave, cinq pilules avant et dix après de cette petite boîte rose, et les voisins n’auront plus qu’à se boucher les oreilles s’ils veulent dormir la nuit !

    Ginseng, gingembre, zinc, fer, iode, magnésium, calcium…, rien qu’à lire le contenu des boîtes, vous êtes déjà multivitaminé, votre tension monte, votre cœur s’emballe, vos muscles se dénouent, votre cerveau explose d’énergie ! Vous n’êtes plus dans une pharmacie, vous êtes sur le pas de tir d’une fusée qui vous envoie dans un univers de force et de puissance ! Si dans cette opulence, vous ne trouvez pas vitamine à votre fatigue, alors partez à la recherche d’un tout autre genre de commerce : celui des potions magiques qui se nichent dans les boutiques d’apothicaires...

    Survoltés

    Pour commencer la journée du bon pied, faites du sport ! Photo : CTV/CVN

    Dans ces échoppes qui ont gardé le charme suranné des années 1900, les murs sont couverts en hauteur d’étagères supportant des bocaux aux magnifiques étiquettes étamées. Chaque bocal contient des poudres et onguents, dont la composition est un secret qui se transmet de génération en génération. Les bas des murs sont garnis de meubles à tiroirs, dont chacun recèle des feuilles séchées de plantes médicinales. En fonction des douleurs ou des difficultés dont vous souffrez, le maître des lieux, en véritable alchimiste, vous concocte un mystérieux mélange de poudre, onguent, feuilles pilées, huiles essentielles… qui, employé en cataplasme, inhalé en vaporisation, avalé en bouillon, ou appliqué en massage, vous redonnera la vigueur de vos
    20 ans pour le siècle à venir !

    Mais, si là encore vous estimez que les secrets de la médecine traditionnelle ne suffisent pas à vous rendre la puissance, la fermeté et la fougue dont vous êtes en quête, le Vietnam offre encore une solution : le massage. Je ne vous parle pas ici des massages pour piètres séducteurs à la virilité en berne, qui recherchent à bas prix de biens tristes satisfactions ! Je vous parle du vrai massage tonique et revitalisant, qui vous remet les articulations en état de marche, vous draine le système lymphatique de façon énergique, vous assouplit la masse musculaire à grands coups du tranchant de la main, et vous stimule les centres nerveux jusqu’aux plus infimes connections. Inutile de crier grâce et de susurrer que peut-être les frictions pourraient être plus légères ! Les os doivent craquer, les muscles doivent tressauter, les ligaments doivent se délier ! Vous êtes là pour être remis en forme, donc votre bourreau ira jusqu’au bout, même si c’est une masseuse d’1m50 et de 40 kg! À la fin de la séance, il faudra certainement le temps de boire un bon thé chaud, parfumé au lotus ou au jasmin. Mais quel bonheur de ressentir s’épanouir en soi une onde d’énergie qui donne le sentiment d’avoir un corps neuf !

    Ajoutez à ce cocktail survitaminé, un exercice quotidien de la culture physique, que ce soit à potron-minet en long cortège de marcheurs rapides, ou à la vesprée quand les corps se sculptent au rythme de mouvements venus du fond des âges, et vous comprendrez pourquoi la plupart des gens que je côtoie ici affichent une insolente bonne santé à faire crever d’envie les alchimistes qui cherchent encore l’élixir de longue vie ! J’ai le souvenir d’une halte dans une petite ville de la moyenne région, réputée pour ses pierres précieuses. Avachis à une table de bistrot au bord d’un petit lac, un ami et moi étanchions notre soif à grandes lampées de breuvage glacé. Pendant que nous nous exercions à assouplir notre sangle abdominale, des jeunes, à peine sortis de l’usine ou de l’atelier, exerçaient leurs muscles dans une salle de sport improvisée sur le trottoir, où les haltères étaient de ciment et de sable. Ce soir-là, j’ai eu mauvaise conscience...!

    À propos, avez-vous remarqué que à un «i» près, l’anagramme de «Vietnam» est «vitam(i)ne»? Décidément, il n’y a pas de hasard !

    Gérard BONNAFONT/CVN
    mekong

    certains regardent la vase au fond de l'étang,
    d'autres contemplent la fleur de lotus à la surface de l'eau,
    il s'agit d'un choix.
    Dalaï Lama

  5. #34
    Le Việt Nam est fier de toi Avatar de DédéHeo
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    Par défaut Blagounette !

    Citation Envoyé par mekong Voir le message
    A défaut du soleil, une lecture qui remet en forme

    Mais pourquoi les Vietnamiens sont-ils aussi dynamiques ? Après moultes interrogations à ce sujet, je crois avoir trouvé le secret de leur «bonne forme»... Suivez le guide !


    La pharmacie vietnamienne est le temple de la vitamine de A à Z.
    Photo : Phuong Vy/VNA/CVN

    Aujourd’hui je me sens un peu patraque! (notaDD: Hier 14juilet c tai la fête) (***) Décidément, il n’y a pas de hasard !

    Gérard BONNAFONT/CVN
    J'ai un copain qui a la meilleur pharmacie de Hanoi, il a 5 pharma-chienes et un gardien sur le parking (même genre que la foto, mais en mieux)
    J'aime bien lui cogner dessus même s'il est largement plus fort que moi.
    Il s’énerve, il me jette contre le mur
    Je suis une langue de vipère, je fais des blagues toxic
    Jai souvent des cocar et l'oeuil au beurre noir
    Une année, mon pote part en vacances en Thaïlande voir une finale de foot.
    Je lui dit, : - tu es partit importer des médicaments de trithérapie
    vlan, je m'en suis prie une !
    Le blog de Jojo
    Tics nerveux

    C'est un gars qui est affublé d'un tic très marqué : il cligne des yeux tout le temps. Ce gars est justement en train de postuler pour une place de commercial, et en ce moment, il passe son entretien d'embauche. L'employeur lui dit :

    - C'est incroyable. Vous êtes diplômé des meilleures écoles de commerce, vos recommandations sont excellentes, et votre expérience est sans commune mesure par rapport à celle des autres candidats... Normalement, je vous embaucherais sans réfléchir... Pourtant, je pense qu'un commercial affublé d'un tic comme le vôtre aurait tendance à perdre des clients en leur faisant peur. Je suis désolé, mais je ne peux pas vous embaucher.

    Le gars répond :

    - Attendez, mon tic disparaît si je prends deux aspirines. Je vous assure !
    - Vraiment ? Je ne demande qu'à vous croire. Montrez-moi !

    Alors le gars fourre les mains dans ses poches et commence à en sortir toutes sortes de préservatifs, des rouges, des bleus, des fluorescents, des parfumés.... et finalement, il sort une boite d'aspirine. Il l'ouvre, prend deux comprimés, les avale, et hop, les clignements d'yeux cessent peu à peu. Le patron est assez surpris :

    - Eh bien, vous avez dit vrai. Cependant, je suis le patron d'une compagnie respectable, et je n'ai pas l'intention d'employer quelqu'un qui court les filles parmi tout le pays !
    - Courir les filles ? Que voulez-vous dire ? Je suis marié et très heureux en ménage !
    - Alors comment expliquez-vous tous ces préservatifs ?
    - Ah ça ?! Vous êtes déjà entrés dans une pharmacie, en clignant des yeux, et en demandant de l'aspirine ?

  6. #35
    Avatar de thuong19
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    les petits boulots qui vous facilitent la vie. Ce qui est relaté ici par notre ami Gérard est exactement ce que j'ai vécu à Dalat après une crevaison.


    Si on déplore souvent que la société moderne remplace progressivement l’homme par la machine, au Vietnam, les petits boulots ont encore le vent en poupe. Comme le disait ma grand-mère, il n’ y a pas de sots métiers. Et croyez-moi, toutes ces «petites mains», ça simplifie grandement la vie ! Allez, je vous emmène à leur rencontre...

    Jamais en panne…

    Votre jauge à essence manifeste des signes de grande détresse ? L’angoisse vous étreint car vous savez que la prochaine station se trouve à l’autre bout de cette très, très longue avenue de plusieurs kilomètres ? Vous vous voyez déjà poussant votre moto sous la chaleur redoutable d’un après-midi d’été ? Pas de panique ! Regardez attentivement sur les bords de trottoirs. Quelques centaines de mètres, et vous avez de fortes chances de découvrir une drôle de bouteille en plastique, contenant un liquide de couleur rouge ou verte. Non, ce n’est pas un cocktail vitaminé destiné à vous faire accomplir quelque prouesse sportive. C’est bel et bien une promesse de carburant pour votre moto assoiffée.
    D’ailleurs, à peine arrêté à côté de cet opportun récipient, vous voyez surgir de l’ombre d’un arbre ou du couloir d’une maison l’heureux concessionnaire de la bouteille, qui vous propose illico de vous vendre généreusement deux litres ou plus de carburant. Si vous acceptez, contraint par la hantise de la panne sèche, vous le verrez retourner sur ses pas pour aller chercher, d’on ne sait trop où, un petit bidon dont il videra le contenu dans votre réservoir.
    Combien de fois ai-je dû mon salut à ces nombreux petits postes à essence nomades qui émaillent les trottoirs des villes ? Surtout qu’ils continuent à veiller de l’aube à tard dans la nuit sur les insouciants qui oublient qu’une moto ça carbure… au carburant ! Attention cependant : ce petit boulot nécessite de bien séparer l’action de remplir le réservoir et celle de fumer une cigarette ! Sinon, gare à la disparition définitive du petit boulot en question, et accessoirement du concessionnaire et du client !

    Jamais sans air !

    Votre pneu de vélo est dégonflé et frise la hernie éclatée ? Les maillons de votre chaîne ont des velléités d’indépendance ? Pas d’inquiétude ! Regardez, là au bord du trottoir, une pompe à main, vestige de La Belle Époque, vous annonce que vous trouverez réponse à vos problèmes. Son propriétaire sera heureux de prendre en main votre vélo récalcitrant pour lui redonner de l’air et du maillon. Il suffit de s’installer confortablement sur un petit siège à proximité, en dégustant un «trà đá» (thé glacé) ou «trà nóng» (thé chaud) selon la saison, et d’observer l’artiste au travail…
    Deux démonte-pneus, une bassine, un peu d’eau, et le diagnostic est posé : trou dans la chambre à air. Une rustine, un peu de colle, et le trou est bouché. Un clou, un marteau, une pince coupante, et le maillon récalcitrant se solidarise à nouveau du groupe. Vous n’avez pas fini de boire votre «trà» que déjà votre vélo vous attend, prêt à repartir avec vous pour de nouvelles aventures.
    Je suis toujours émerveillé de voir, avec quelle maestria et si peu de moyens, ces hommes et femmes installés sur un bout de trottoir parvenir à accomplir toutes sortes de réparations en si peu de temps. En France, il faudrait apporter le vélo chez le réparateur de cycles, quitte à traverser la ville avec le vélo sur le dos et le laisser en réparation un jour ou deux dans le meilleur des cas. Ou le faire soi-même !
    En ce qui me concerne, je trouve plutôt agréable le fait de ne pas avoir à se soucier de toujours transporter chambre à air et matériel de réparation, au cas où… En outre, je ne suis pas certain que la réparation par mes propres moyens serait aussi rapide et aussi sûre !

    Jamais en peine…

    Il existe bien d’autres petits boulots utiles sur les trottoirs des grandes villes…
    Tenez, ici, au croisement des rues de la vieille ville, se tient le scieur de planches. Reconnaissable à sa scie à bois, il attend, imperturbable, assis sur ses talons, celui ou celle qui aura besoin de raccourcir une étagère, des pieds de chaise, ou autres objets en bois.
    Et là, voici le cireur de chaussures. Armé de son chiffon et de son cirage, il cire et fait briller chaussures et escarpins, du dessus à la semelle !
    Et plus loin, alignés le long d’un mur ou blottis à l’ombre des arbres, les coiffeurs ont suspendu leurs miroirs, installé leurs sièges et rasoir à la main, attendent le client qui viendra se faire «rafraîchir» en profitant des derniers potins du moment.

    Et puis, il y a aussi les vendeuses de fruits qui exposent leurs paniers garnis de fruits de saisons. En ce moment, c’est la période des ananas, et il faut voir comme elles épluchent en les sculptant de petits ananas juteux qui fondent sous les dents. Et si vous résistez, il faudra prendre garde à ne pas succomber à cette autre vendeuse qui vous attire avec des brochettes de porc épicé dont l’arôme titille les estomacs gourmands…

    Les petits boulots, ce sont encore ces personnes qui circulent à pied ou en vélo dans les ruelles en proposant des soupes chaudes, du pain, ou encore de récupérer le carton, les boîtes de conserve vides. Moi qui avais toujours considéré que l’apposition sur un contenant de la formule «emballage jetable» consistait justement à jeter négligemment l’emballage en question parmi les autres détritus, j’ai été remis dans le droit chemin quand, après plusieurs récriminations offensées de ma femme, j’ai appris à empiler papiers et cartons dans une boîte de même nature, à conserver canettes d’aluminium et morceaux de plastiques dans un bac approprié. Et tout ça pour que chaque semaine, lorsque sur son vélo apparaît cette dame au «nón» (chapeau conique) fatigué, mon épouse puisse lui vendre pour quelques centaines de dôngs ce que la société de consommation nous vend pour quelques milliers de dôngs.

    Merci à ces petits boulots par la dignité et le travail qu’ils donnent à des personnes qui, sans eux, seraient dans la plus grande détresse, autant que pour les services qu’ils nous rendent !
    Gérard BONNAFONT

  7. #36
    Le Việt Nam est fier de toi Avatar de Bao Nhân
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    Aujourd'hui, sur LE COURRIER DU VIETNAM, dans Espace francophone, un vidéo-reportage racontant le quotidien de Gérard Bonnafont, l'auteur qui écrit les billets "Tranche de vie" publiés périodiquement dans ce journal francophone. Franchement, j'ai été un peu surpris, car Gérard Bonnafont n'est pas du tout un mec d'une trentaine d'années qu'on pourrait imaginer en le jugeant d'après son style d'écriture (souvent avec beaucoup d'humour).
    Dernière modification par Bao Nhân ; 15/10/2012 à 13h20.
    Bảo Nhân : fascination, impression and passion

  8. #37
    Avatar de thuong19
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    cette fois c'est un billet en l'honneur de la femme ... viêtnamienne
    Mes respects, madame !


    Mesdames, ça va être votre fête ! Les roses en frissonnent de plaisir et les hommes ont souligné en rouge cette journée pour mettre chapeau bas en votre honneur. Acceptez compliments et reconnaissance pour ce vous êtes et la lumière que vous apportez dans nos vies !


    Photo : VNA/CVN

    Les femmes vietnamiennes ont bien de la chance. Quand nous, pauvres hommes, n’avons aucun jour de fête dans l’année, elles ont trois journées pour entendre des éloges et être l’objet de toutes les attentions : le 14 Février, le 8 Mars et le 20 Octobre. Comme s’il fallait régulièrement rappeler que, à part une brève participation masculine, sans elles nous ne serions pas là...

    Alors, aujourd’hui, moi aussi, je participe à ce concert de louanges. Permettez-moi, cependant, de garder pour mon intimité les mots d’amour, et de ne me laisser aller avec vous qu’aux cris d’admiration ! Et justement, s’il est une chose qui est admirable chez la femme vietnamienne, c’est sa façon de tenir les finances domestiques d’une main de fer dans un gant de velours !

    Femme de tête !


    Il existe, ici, des règles que tout bon mari doit connaître et respecter impérativement sous peine que ce soit la femme qui lui fasse sa fête !

    • Toujours de mon mari je connaîtrai les salaires, émoluments et autres revenus

    «Combien as-tu gagné ? Combien on va te payer ?». Si cette question est toujours formulée de façon anodine, si le ton de la voix est toujours très cordial, la réponse qu’on fera sera capitale… pour la gestionnaire. En effet, curieusement, alors que l’on pourrait s’attendre à une réaction du type «C’est pas beaucoup !», ou alors «Ils se moquent de toi, tu n’es pas assez payé», ou encore «C’est magnifique ! Bravo, je suis fière de toi !».
    Sous la grâce, une énergie à toute épreuve ! Photo : Gérard/CVN

    Le plus souvent, la somme annoncée n’est sanctionnée que par un «C’est bien !» dit sur un ton neutre. Car cette question permet simplement d’établir les bases de la comptabilité domestique, en partant du principe économique suivant : «On dépensera en fonction de ce que l’on aura !». Donc, inutile de craindre des récriminations ou d’espérer des compliments à l’annonce de ce que le fruit de notre travail rapportera à la maison. Par contre, attention, en l’espèce, l’axiome «Ce qui est dit est dit !» se vérifie totalement.

    En effet, inutile de se vanter en claironnant un chiffre faramineux pour revenir à la fin du mois avec un montant revu fortement à la baisse. Dans ce cas, vous auriez droit à un regard pour le moins soupçonneux, suivi d’un interrogatoire en bonne et due forme qui pourrait se prolonger fort tard, sans avoir le droit d’être assisté par un représentant syndical ou un avocat ! Épreuve au cours de laquelle, il faudra justifier de la différence entre le prévu et le réalisé ! On ne rigole pas avec les prévisions budgétaires !

    • Au restaurant, la note toujours ma femme scrutera

    Cela fait bien longtemps que je ne me préoccupe plus de vérifier les notes au restaurant, ni partout ailleurs. Je ne me risquerais même pas à tenter de la récupérer pour envisager de payer ! Il est extraordinaire d’observer les fins de repas dans les restaurants au moment de l’addition. C’est presque toujours à la femme que l’on présente la note, et avec elle commence un rituel incontournable : la vérification.
    Photo : VNA/CVN

    Imaginez la scène ! La personne avec qui vous devisiez gaiement jusqu’à présent se transforme en une calculette mentale. Le visage se ferme, les yeux s’étrécissent, les lèvres bougent à peine en une lecture muette pour déchiffrer consommations et tarifs. Soudain, un éclair dans la pupille, un doigt souverain souligne un chiffre, un mot, et la sentence tombe, impitoyable : «On a seulement consommé deux bouteilles d’eau, pas trois !». Foudroyé, le serveur ou la tenancière (selon que l’on dîne dans un grand ou petit restaurant) acquiesce et d’un trait rageur corrige le résultat. Et de nouveau les sourcils se froncent, une moue dubitative déforme la bouche, et un second verdict est rendu : «Il y a 8.000 dôngs de trop !». Vous vous dites que tout de même, pour 8.000 dôngs on peut le laisser tranquille, maintenant le serveur qui pantelant ne peut que reconnaître son erreur. Après tout, 8.000 dôngs qu’est-ce que c’est ? Mais non, un dông c’est un dông, et puis c’est pour le principe! On ne trompe pas la comptable domestique ! On pourrait encore penser qu’au moment de payer, on pourra toujours rajouter discrètement les 8.000 dôngs dans le pourboire. Erreur !

    Femme d’honneur !

    • Dans les magasins, c’est toujours mon épouse qui règlera

    Car la comptable des deniers du ménage compte et règle. Ici, pas de séparation des pouvoirs entre l’ordonnateur et le payeur ! Sauf si l’on invite expressément sa conjointe pour lui faire un cadeau, c’est toujours l’épouse qui paye, même si l’argent est dans la poche du mari, qui ne joue que le rôle de transporteur de fonds. Un jour que je m’étonnais de cette pratique, alors qu’en Occident, c’est plutôt l’inverse, la femme d’un ami m’a rétorqué que payer à la place de sa femme donnerait l’impression qu’elle est une femme entretenue, alors qu’en la laissant payer, elle montre son statut de femme mariée. Ben tiens, il fallait le savoir ça, hein ! De toute façon, c’est plutôt mieux comme ça, parce que régler des achats va de pair avec les commandements suivants.

    • Les billets vingt fois elle comptera et habilement rangera

    Le billet vietnamien est un billet extraordinaire, qui peut passer à la machine à laver sans être abîmé, qui est indéchirable et infroissable, mais qui présente un défaut de taille : il a tendance à rester solidaire de ses compagnons de fortune. Autrement dit, les billets collent l’un à l’autre, et si on n’y prête pas attention, on peut donner le double de la somme demandée sans s’en rendre compte. D’où l’habitude des Vietnamiens de compter et recompter plusieurs fois le nombre de billets quand ils payent. Et à ce jeu-là, la femme vietnamienne est d’une habileté redoutable ! Il faut voir avec quelle dextérité la liasse est dépliée, les billets triés par valeur, séparés, puis ensuite comme la liasse est reconstituée, repliée, et rangée au fond du sac… ou remise au transporteur de fonds s’il est présent.

    Sur ces mots, je vous quitte parce que j’ai réussi à détourner subrepticement quelques milliers de dôngs pour acheter la rose qui me permettra d’être pardonné lorsque je serais découvert...
    Gérard BONNAFONT/CVN
    Dernière modification par thuong19 ; 20/10/2012 à 06h08.

  9. #38
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    Par défaut

    Bonjour Thuong,

    Je m'apprêtais à demander à mes amis étudiants vietnamiens pourquoi il y avait des souhaits de bonne fête pour les femmes vietnamiennes aujourd'hui : tu as devancé ma question ! Merci !
    "Il est plus urgent de vivre que de compter !" Françoise SAGAN
    On n'est riche que de ses amis.

  10. #39
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    Par défaut En toute indiscrétion !

    J’ignore ce qu’un Vietnamien de la diaspora peut ressentir lorsqu’il revient au «pays», mais j’imagine aisément qu’il peut être un peu surpris de la façon dont l’adage «La curiosité est un vilain défaut» est, ici, transformé en qualité...

    En tout cas, pour moi, étranger, élevé dans des codes de politesse où ne pas s’occuper des affaires du voisin est le summum du savoir-vivre social, la rencontre avec les marques d’attention à la vietnamienne a été un choc ! Jugez-en plutôt !

    Lors de mon installation au Vietnam, j’avais décidé, pour m’immerger dans la langue et la culture, de vivre pendant plusieurs mois dans un petit village, à une vingtaine de kilomètres de Hanoi, au bord du fleuve Rouge. Jamais un étranger n’avait mis les pieds dans ce village, et à plus forte raison n’y avait séjourné. En outre, je louais la maison qu’un enfant du pays, ayant fait fortune à Hanoi, avait fait construire selon les plans d’un architecte français. Un petit palais dans un écrin de verdure ! Entourée de hauts murs, cette maison n’était presque jamais habitée, ce qui contribuait à lui donner une aura de mystère. Alors, pensez donc, comme un étranger, au long nez, logé dans une demeure de Belle au bois dormant, pouvait éveiller l’intérêt du voisinage !

    Comme c’est curieux !

    Tout le monde voulait savoir : savoir comment ça vit un étranger, comment ça mange, comment ça dort, comment ça fait ceci et cela ; savoir comment c’était cette maison avec une piscine dans la salle à manger, un grand bassin plein de grosses carpes dans le salon, et une baignoire à remous dans la salle de bain… Et pour savoir, le meilleur moyen c’est de venir voir !

    Voilà pourquoi, alors que naïvement je croyais qu’une porte suffisait à protéger mon intimité sans être obligé de fermer l’huis à double tour, il m’est arrivé dans les 15 premiers jours de mon séjour de vivre quelques scènes pour le moins cocasses telles que : être en train de dîner et voir rentrer une dizaine de personnes qui venaient voir comment c’était ici, ou bien sortir en tenue d’Adam de ma salle de bain et trouver deux honorables «bà» (dames) installées dans mon salon pour tester le moelleux du sofa, ou encore entendre du bruit au rez-de-chaussée et descendre en catastrophe pour découvrir trois aimables jeunes femmes commentant l’installation de ma cuisine !

    Et ne croyez pas qu’un seul de ces intrus ait été quelque peu gêné. Au contraire, ma présence semblait leur donner prétexte à pousser plus avant la visite de lieux, avec forces sourires au demeurant ! Heureusement, j’ai pris l’habitude de fermer à clé la porte du jardin, ce qui m’a probablement évité de devenir un lieu de visite plus fréquenté que le Musée ethnographique à Hanoi !

    En moi-même, je me disais que mon arrivée avait été l’occasion de rompre la monotonie de la vie de ce petit village, donnant ainsi l’occasion de pimenter son existence, et que cela pouvait rendre compréhensible cet appétit de savoir ! Si seulement !


    Un «retour aux sources» de jeunes Viêt kiêu. Photo : Duong Giang/VNA/CVN


    Alors, c’est comment ?


    Après la campagne, j’ai choisi la ville pour m’y installer en famille. Quartier calme, au fond d’une petite ruelle, isolée du tumulte de la vie trépidante des grands axes. Inutile de vous dire que si j’avais voulu m’installer incognito, c’était loupé…

    En l’espace d’une semaine, ma femme, alors jeune mariée, a eu droit, de la part de tous les voisins du quartier, à toutes les questions possibles sur notre vie privée. Y compris les plus indiscrètes qu’elle me rapportait fidèlement en rosissant légèrement ! Je lui ai toujours laissé le soin des réponses, sans chercher à savoir lesquelles elle donnait. Tout ce que je sais, c’est qu’elle nous a fait réussir notre examen d’admission dans la petite communauté de notre quartier, du moins si j’en juge les mines réjouies et les félicitations que j’ai reçu lors de sa grossesse et de la naissance de notre fille ! Mais la curiosité bon enfant du Vietnamien ne s’arrête pas là…

    En effet, je me souviens un soir d’été où j’avais invité mon complice de toujours, Tuân, et deux ou trois autres amis. Nous étions en train de deviser gaiement dans le salon du premier étage, quand brusquement deux adultes et un enfant apparaissent dans l’escalier qui monte du rez-de-chaussée. Avec un grand sourire, ils nous saluent, en se présentant comme amis de la propriétaire et s’apprêtent à continuer leur ascension jusque dans nos chambres, sans que cela ne paraisse déranger outre mesure les autres personnes qui étaient là. Le seul à manifester surprise et réprobation de cette violation de domicile, c’est l’étranger que je suis ! Je me tourne vers Tuân, qui me fait une simple remarque : «Tu as laissé la porte de la cour et de la maison grande ouverte…». Que voulez-vous répondre à cela !

    Aujourd’hui, pour la quatrième fois, je viens de déménager... Exercice fréquent, consécutif à la labilité des baux de location dont la durée et le renouvellement varient selon l’humeur et l’importance de la famille du propriétaire. En l’occurrence, ici, un neveu du nôtre trouvait notre nid tant à son goût que son tonton n’a pu résister à l’installer sans nous ménager ! Grâce à la capacité d’adaptation à la vietnamienne, huit jours plus tard, nous avons emménagé dans une maison neuve à 100 m de là. Mais, cette fois-ci, pas de cour, ma maison donne directement dans la rue. Je devrais plutôt dire que la rue donne directement dans ma maison ! En effet, le jour de mon emménagement j’avais à peine fait livrer les premiers meubles que mes voisins de devant, de derrière, de droite, de gauche, étaient déjà chez moi pour m’aider à installer ceci, pousser cela, décoincer cette porte, resserrer cette vanne. Tout juste si ma femme a pu vider seule les valises sous les commentaires des uns et des autres à propos de la qualité de mes pantalons et du tissu de mes chemises !!!

    Entre une sollicitude, parfois trop encombrante, et une indifférence parfois proche de la lâcheté, j’avoue préférer la première !

    Gérard BONNAFONT/CVN
    mekong

    certains regardent la vase au fond de l'étang,
    d'autres contemplent la fleur de lotus à la surface de l'eau,
    il s'agit d'un choix.
    Dalaï Lama

  11. #40
    Ne mérite pas notre confiance Avatar de AlexPhap
    Date d'inscription
    janvier 2012
    Messages
    194

    Par défaut

    Je découvre les écrits de Gérard BONNAFONT !
    Très sympa !

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