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Discussion: Hommage aux Anciens Travailleurs Indochinois réquisitionnés en 1939/1945

  1. #61
    Le Việt Nam est fier de toi Avatar de Ti Ngoc
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    Pierre DAUM
    Immigrés de force
    Les travailleurs indochinois en France (1939 – 1952)
    Préface de Gilles Manceron
    Editions Actes sud, mai 2009

    Après soixante dix années de silence, voici révélée une page enfouie de l’histoire coloniale en Indochine : l’utilisation, dans des conditions proche de l’esclavage, d’une main-œuvre « indigène » sur le sol français. Déjà, en 2006, le film Indigènes, de Rachid Bouchareb, avait révélé un aspect peu connu de l’utilisation des peuples colonisés comme tirailleurs lors de la Seconde Guerre. Or, à cette époque, la France n’avait pas seulement besoin de soldats, mais aussi d’ouvriers, afin de remplacer dans les usines d’armements les travailleurs français mobilisés. Pour les travaux les plus pénibles, ceux du maniement des poudres, la France fit venir en 1939 vingt mille Indochinois de sa lointaine colonie d’Extrême Orient. Recrutés pour la plupart de force (à la différence des tirailleurs), débarqués à la prison des Baumettes à Marseille, ces hommes furent répartis à travers la France dans les entreprises relevant de la Défense nationale. Bloqués en Métropole pendant toute la durée de l’occupation allemande, logés dans des camps à la discipline très sévère, leur force de travail fut louée pendant plusieurs années par l’État français à des sociétés publiques ou privées – on leur doit notamment le riz en Camargue -, sans qu’aucun réel salaire ne leur soit versé. Ce scandale se prolongea bien après la Libération. Renvoyés vers le Vietnam au compte goutte à partir de 1946, ce n’est qu’en 1952 que les derniers de ces hommes purent enfin revoir leur patrie. Un millier fit le choix de rester en France. Après trois années d'enquête depuis les banlieues de Paris et de Marseille jusqu’à Hanoi et aux villages les plus reculés du Viet-Nam, Pierre Daum a réussi à retrouver 25 des derniers acteurs encore vivants de cette page si peu « positive » de l'histoire coloniale française en Indochine. C'est leur récit qu'il nous restitue aujourd'hui.
    Dernière modification par Ti Ngoc ; 25/05/2010 à 16h35. Motif: agrandissement écriture


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  3. #62
    Le Việt Nam est fier de toi Avatar de Ti Ngoc
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    • reformatage de l'annonce
    Agenda des conférences au Vietnam de Pierre DAUM,
    Auteur de Immigrés de force,
    Les Travailleurs indochinois en France (1939-1952),
    Editions Actes Sud, mai 2009.
    10-25 Juin 2010




    HUÉ


    Jeudi 10 juin
    , 16 heures 45, HUÉ : Centre culturel français Adresse : 1, Lê Hông Phong – Hué - Viet Nam Langue : français, avec traduction en vietnamien. En présence de Le Ba Dang, artiste, ancien travailleurs indochinois en France.


    Ho Chi Minh Ville


    Mardi 15 juin
    , 8 heures, Ho Chi Minh Ville : Université de HCM-V, salle A.215, Université des SS&H de HCM-V. Adresse : 10-12 rue Dinh Tien Hoang, 1er Arrondissement, HCM-V. Langue : français. En présence de Phan Van Hoàng, historien, ancien secrétaire général de l’Association des Sciences historiques de HCM-V.

    Mercredi 16 juin
    , 18 heures, Ho Chi Minh Ville : Institut d'Echanges Culturels avec la France (IDECAF) – Médiathèque. Adresse : 31 rue Thai Van Lung - 1er Arrondissement. Langue : français avec traduction en vietnamien. En présence de Phan Van Hoàng, historien, ancien secrétaire général de l’Association des Sciences historiques de HCM-V.


    Dimanche 20 juin
    , 14 heures, Ho Chi Minh Ville : Université Hoa Sen (Lotus) Adresse : 93 Cao Thang, 3ème arrondissement, salle C-604, Ho Chi Minh ville Langue : anglais.


    HANOI


    Mercredi 23 juin
    , 14 heures 30, HANOI : Faculty of History, University of Social Sciences and Humanities, Hanoi. Adresse : 336 Nguyen Trai, Thanh Xuan, Bock H, 4th Floor, Hanoi. Langue : français ou anglais, avec traduction en vietnamien.

    Vendredi 25 juin
    , 14 heures, HANOI : Union des associations de la science et technologie.
    Conférence organisée par la Fondation culturelle Phan Chau Trinh (présidée par Mme Nguyen Thi Binh, signataire des Accords de Paris), en partenariat avec le Centre culturel français de Hanoi (L’Espace).
    Adresse : 53, Nguyen Du, Hanoi. Langue : français, avec traduction en vietnamien. En présence de Dao Hung, historien, rédacteur en chef de la Revue Xua & Nay (Passé et Présent), éditée par l'Association des Historiens.
    Dernière modification par Ti Ngoc ; 25/05/2010 à 16h34. Motif: agrandissement écriture


  4. #63
    Avatar de thuong19
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    Par défaut Pierre Daum au Vietnam

    Merci Ti Ngoc, tu m'as devancé....

    Citation Envoyé par Ti Ngoc Voir le message
    Agenda des conférences au Vietnam de Pierre DAUM,
    Auteur de Immigrés de force,
    Les Travailleurs indochinois en France (1939-1952),
    Editions Actes Sud, mai 2009.
    10-25 Juin 2010




    HUÉ


    Jeudi 10 juin, 16 heures 45, HUÉ :


    Ho Chi Minh Ville


    Mardi 15 juin, 8 heures, Ho Chi Minh Ville :

    Mercredi 16 juin, 18 heures, Ho Chi Minh Ville


    Dimanche 20 juin, 14 heures, Ho Chi Minh Ville


    HANOI


    Mercredi 23 juin, 14 heures 30, HANOI :

    Vendredi 25 juin, 14 heures, HANOI :
    L'idée de la reconnaissance de ces travailleurs par leur pays d'Origine fait son chemin.

    Les membres à HCMV, Hué, et Hanoï sont invités à se rendre nombreux à ces conférences. Vous étiez loin d'Arles, loin de Paris, de Toulouse de Lyon,....de Tulle.

    Pierre Daum vient à vous au pays. avec les participations de Le Ba Dang, (peintre ), Phan Van Hoan et Dao Hung historiens, et madame Nguyen Thi Binh négociatrice des accords de Paris de 1973 .
    Ces dates seront des moments historiques dans la perception de notre pays de cette période de l'histoire commune avec la France.
    Dernière modification par thuong19 ; 25/05/2010 à 16h11.

  5. #64
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    l' exposition itinérante à Sorgues en septembre
    SEPTEMBRE 2012
    SORGUES, du 4 au 29 septembre 2012
    Pôle Culturel Camille Claudel
    285, avenue d'Avignon, 84700 Sorgues
    Téléphone : 04.86.19.90.90
    Jeudi 6 septembre 2012
    à 14h30 : Pôle Culturel Camille Claudel
    Visite commentée de l'exposition "Indochine de Provence, le silence de la rizière"
    à 15h00 : Pôle Culturel Camille Claudel
    Table ronde sur la mémoire des travailleurs indochinois à Sorgues, en présence de descendants de travailleurs indochinois, de Raymond Chabert, de Monsieur Marcelin et de Pierre Daum (liste non exhaustive)
    à 18h00 : Quartier Bécassières
    Pose de la plaque commémorative à la mémoire des Travailleurs Indochinois
    Parcours photographique commenté
    Verre de l'Amitié à l'école du quartier
    avec un bonus du Cinéaste Lâm lê: (info de Zaoky)

    [Les ami(e)s,


    Pour bien finir la journée d'hommage aux travailleurs indochinois, à Sorgues le 6 septembre prochain,


    le réalisateur Lam LÊ et ADR PRODUCTIONS, nous offrent en première sortie publique :


    http://www.adr-productions.fr/documentaires/cong-binh-la-longue-nuit-indochinoise,296




    Une raison supplémentaire de ne pas manquer ce rendez-vous !




    Joël


  6. #65
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    la journée à Sorgues:
    communication de PIERRE DAUM
    Très cher(e)s ami(e)s,
    (Attention : il est important de lire ce message jusqu’à la fin !)
    La journée d’hommage aux travailleurs indochinois, organisée par la ville de Sorgues le jeudi 6 septembre 2012 est en train de prendre une ampleur importante.
    Je vous annonce dès à présent une nouvelle extraordinaire : à la fin de la journée sera projeté, en première mondiale,
    le film de Lam Lê : Cong Binh, la longue nuit indochinoise (voir pièce jointe + site).
    Le programme de la journée :
    14h30 : Exposition + Table ronde « Indochine de Provence », avec Ambre Fiori et Pierre Daum. Témoignages et échanges avec le public.
    Lieu : Pôle culturel Camille Claudel à Sorgues.
    18h : Pose d’une plaque à la mémoire des travailleurs Indochinois, par le maire de Sorgues, Thierry LAGNEAU.
    Lieu : cité Bécassières à Sorgues (à l’entrée de l’ancien camp des travailleurs indochinois).
    18h30 : remise d’une reproduction de dimensions réduites de la plaque à chaque famille dont un mari, un père ou un grand-père a fait partie des 5000 ONS passés par les camps de Sorgues.
    19h00 : Vin d’honneur à l’école Bécassière. Exposition photos.
    19h30 : Buffet vietnamien au Pôle culturel Camille Claudel (une petite participation aux frais sera demandée – s’inscrire au plus vite auprès de Joël).
    20h30 : Projection du film de Lam Lê : Cong Binh, la longue nuit indochinoise. En présence du réalisateur.
    Lieu : Pôle culturel Camille Claudel.
    Liste des familles éligibles à recevoir la plaque :
    Comme convenu avec la mairie de Sorgues, chaque famille présente le jour de la cérémonie, et dont un parent est passé par les camps de Sorgues, recevra une plaque (une plaque par famille).
    Les personnes dans ce cas, qui savent qu’elles seront présentes le 6 septembre à Sorgues, doivent s’inscrire au plus vite auprès de Joël et de moi, en précisant le nom du parent ONS, sa date et lieu de naissance, son n° de compagnie et de matricule (s’ils sont connus), et la période passée à Sorgues (si elle est connue).
    A ce jour, Joël et moi avons reçu 18 inscriptions, concernant les ONS suivants : CHAU Thuyet, DOAN Van Tac, DO VAN Luong, HOANG Khoa Khoï, LE HUU Tho, MAI Đinh Chí, NGUYEN Manh Sanh, NGUYEN Sung, NGUYEN HOAÏ Nam, NGUYEN Van Thanh, ONG Toang, PHAM Ky, PHAM Hang, THIEU Van Mu, TRAN-VAN Trinh, NGUYEN Sao, VO VAN Doi, PHAM VAN Nhieu.
    Cas des familles absentes le jour de la cérémonie :
    Joël et moi avons reçu quelques demandes de plaque pour des personnes dont un parent est passé par les camps de Sorgues, mais dont aucun membre de la famille ne pourra être présent le 6 septembre. Nous allons transmettre cette demande à la mairie de Sorgues, sans du tout présager de la réponse. Le plus sûr reste qu’un des membre de la famille arrive à faire le déplacement.
    Très amicalement,


    Pierre

  7. #66
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    Merci Thuong d'avoir relayé l'info

    En fait et pour être très précis, la bonne expression est "avant-première exceptionnelle" et non "première sortie publique" car le film n'est pas encore distribué.

  8. #67
    Avatar de thuong19
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    rappel pour les amis de FV qui se trouvent dans le Sud de la France ou qui pourraient être présents.
    !!! C’EST DANS 6 JOURS !!!
    (ce message est à lire jusqu’à la fin)
    Très cher ami(e)s,
    Pour ceux qui viennent de rentrer de vacances,
    pour ceux qui auraient effacé sans le vouloir tous leurs e-mails,
    pour ceux qui ne seraient pas encore au courant,
    pour ceux qui adorent recevoir mes messages,
    pour tout le monde, en fait, …
    Je me permets de rappeler la
    journée exceptionnelle d’hommage aux travailleurs indochinois de la Seconde guerre mondiale
    que va organiser la mairie de Sorgues (Vaucluse)
    jeudi 6 septembre 2012.
    Vous y êtes tous chaleureusement invités !
    L’histoire de cette petite commune, située à 10 km d’Avignon, est marquée par son immense usine de fabrication de poudres et explosifs, vieille d’un siècle et demi. En 1939, l’Etat y envoya plus de 5000 travailleurs indochinois, recrutés pour la plupart de force. Ils y vécurent parqués dans des camps, obligés de travailler à la poudrerie, sans recevoir aucun salaire. Puis ils furent envoyés pour travailler dans toute la région. Certains se retrouvèrent en Camargue, où ils relancèrent la culture du riz.
    Cette journée s’inscrit dans un mouvement, initié il y a trois ans, de reconnaissance officielle de cette page d’histoire coloniale enfouie pendant 70 ans.


    Le programme de la journée :
    14h30 : Exposition + Table ronde « Indochine de Provence », avec Ambre Fiori et Pierre Daum. Témoignages et échanges avec le public.
    Lieu : Pôle culturel Camille Claudel à Sorgues.
    18h : Pose d’une plaque à la mémoire des travailleurs Indochinois, par le maire de Sorgues, Thierry LAGNEAU.
    Lieu : cité Bécassières à Sorgues (à l’entrée de l’ancien camp des travailleurs indochinois).
    18h30 : remise de la médaille de la ville à NGUYEN Van Thanh (91 ans) et à THIEU Van Muu (92 ans).
    Les familles présentes, dont un mari, un père ou un grand-père a fait partie des 5000 travailleurs indochinois passés par les camps de Sorgues, recevront une reproduction de la plaque. Une centaine de descendants, venus de toute la France, ont déjà annoncé leur participation.
    19h30 : buffet vietnamien (12 euros, vin compris).
    20h30 : Projection du film de Lam Lê, en avant-première exceptionnelle : Cong Binh, la longue nuit indochinoise (voir pièce jointe + site).
    En présence du réalisateur.

  9. #68
    Le Việt Nam est fier de toi Avatar de robin des bois
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    - sur ce lien :
    Les Travailleurs indochinois de la Deuxième Guerre mondiale | Asie Info

    - cet article de Asie-info

    Les Travailleurs indochinois de la Deuxième Guerre mondiale

    5 septembre 2012 | Rédigé par: Jules Étienne


    Le 6 septembre sera, à Sorgues, une journée du souvenir, en hommage aux cinq mille Indochinois qui s’épuisèrent, pendant la guerre, dans l’immense poudrerie locale.

    C’est un pan de l’histoire mal connue des vingt mille «Travailleurs indochinois» envoyés en France en 1939-1940 pour suppléer, dans les usines de guerre, la main-d’œuvre locale mobilisée. La guerre est vite perdue et les Indochinois, envoyés du Cambodge, du Laos et surtout du Vietnam, se retrouvent bloqués en Métropole sous le régime de Vichy. A Sorgues, cinq mille d’entre eux ont été affectés à «une immense usine de fabrication de poudres et d’explosifs», rappelle Pierre Daum, auteur de Immigrés de force, les travailleurs indochinois, 1939-1952 (Actes Sud, 2009).
    En juin 1940, la poudrerie cesse de fonctionner mais sept compagnies de travailleurs indochinois y stationnent et sont affectées à divers travaux dans la région. Avec l’occupation de la zone Sud en novembre 1942, la poudrerie reprend du service pour le compte, cette fois-ci, des Allemands. Sans salaires. Il reste 1.800 Vietnamiens à Sorgues. Beaucoup se retrouveront, après la guerre, bloqués en Métropole, en partie en raison des hostilités en Indochine.
    La ville de Sorgues – aujourd’hui, un bourg de vingt mille habitants – se souvient, même si seule une poignée de ces travailleurs sont encore en vie (notamment un peintre connu, Lê Ba Dang, âgé aujourd’hui de 91 ans, qui a été l’un des pionniers de la culture irriguée du riz en Camargue à partir de 1941, donc pendant la guerre). Et même si la population a élu députée la petite-fille de Jean-Marie Le Pen. Après la guerre, «d’un statut de supplétifs, ils deviendront alors des hôtes à surveiller, voire pour certains à neutraliser», rappelle Pierre Daum.
    Expositions et débats, pose d’une plaque commémorative, seront suivis de la projection en avant-première et en présence du réalisateur du film que Lam Lê a consacré à ces travailleurs, Cong Binh, la longue nuit indochinoise. (www.travailleurs-indochinois.org)

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  10. #69
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    Les travailleurs indochinois de Sorgues sortent d'un long oubli


    Par Béatrice ROMAN-AMAT | AFP



    • La ville de Sorgues a commémoré jeudi des événements longtemps occultés par la mémoire nationale: le recours à partir de 1939 à des milliers d'Indochinois, employés dans une poudrerie pour un salaire dérisoire et logés dans des camps très rudes
    • "On était obligés de venir mais ils ont dit qu'on était volontaires. Si je ne partais pas, on mettait mon père en prison", se souvient Thieu Van Muu, un des deux vétérans de cette période présents à Sorgues, aujourd'hui nonagénaire


    La ville de Sorgues a commémoré jeudi des événements longtemps occultés par la mémoire nationale: le recours à partir de 1939 à des milliers d'Indochinois, employés dans une poudrerie pour un salaire dérisoire et logés dans des camps très rudes.

    "Comme les trois quarts de ces hommes, mon père n'a jamais parlé, jamais raconté les conditions dans lesquelles il avait voyagé et travaillé", confie avec émotion Danielle Vo Van, fille d'un de ces "ouvriers non spécialisés" (ONS).

    Coiffée pour l'occasion du traditionnel chapeau conique des paysans d'Asie du sud-est, cette Seine-et-Marnaise a retrouvé à Sorgues une trentaine d'autres descendants de ces hommes, venus de toute la France.

    Jusqu'à 4.000 Indochinois ont vécu dans les trois camps que comptait cette petite commune, à quelques kilomètres au nord d'Avignon. Malgré leur statut de civils, ils y étaient gardés jours et nuit et encadrés par des officiers et fonctionnaires coloniaux à la retraite. Ces "ONS" avaient été enrôlés, souvent de force, dans des régions rurales du Tonkin, de l'Annam et de Cochinchine, pour participer à l'effort de guerre en France.

    "On était obligés de venir mais ils ont dit qu'on était volontaires. Si je ne partais pas, on mettait mon père en prison", se souvient Thieu Van Muu, un des deux vétérans de cette période présents à Sorgues, aujourd'hui nonagénaire.

    Le vieil homme fait partie de cette minorité d'ouvriers -environ un millier sur les 20.000 venus en France- qui a choisi de rester dans le pays après la guerre, parce qu'il avait épousé une Française.

    Son fils Jean-Luc raconte combien il a souffert du froid au cours de son séjour à Sorgues, privé de couvertures, marchant nu-pieds en plein hiver. "Les stèles n'ont pas d'importance: ce qui compte, c'est que les historiens s'emparent de cette période", estime-t-il.

    Injustices Une plaque commémorative devait être dévoilée à l'entrée de l'ancien camp de Bécassières, en présence du maire (UMP) de Sorgues, Thierry Lagneau. L'élu reconnaît que cet hommage arrive bien longtemps après les faits, mais souligne que "le pire serait de ne pas mettre en lumière ce passage de notre histoire, même autant de temps après".

    Cette page d'histoire a commencé à sortir de l'ombre en 2009, lorsque la ville d'Arles a organisé un hommage aux Indochinois du "Service de la main d'oeuvre indigène", partis développer la culture du riz en Camargue quand la fin des hostilités avec l'Allemagne rendit inutile leur travail dans les usines d'armement. Les villes de Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône) et de Toulouse, puis Sorgues, lui ont emboîté le pas.

    "Depuis trois ans s'est amorcé au sein des communes un mouvement très important de reconnaissance de cette page sombre et enfouie de l'histoire coloniale", souligne le journaliste Pierre Daum, auteur d'un livre de référence sur le sujet, "Immigrés de force, les travailleurs indochinois en France (1939-1952)". Aujourd'hui, il souhaite que "des députés, des ministres, le président" s'emparent de cette question.

    Pour l'historien Gilles Manceron, spécialiste de la colonisation française, cet épisode de notre passé colonial "montre que cette période a été une succession d'injustices à l'égard des +indigènes+".

    De nombreux ONS n'ont en effet réussi à regagner leur pays qu'en 1952, après de longues années d'exil forcé et sans emporter la moindre indemnisation.

    La commémoration de Sorgues s'accompagne d'une exposition intitulée "Indochine de Provence, le silence de la rizière" et de la sortie d'un album collectif, "Indochine de Provence", en octobre chez Actes Sud.
    Source : ICI
    Bảo Nhân : fascination, impression and passion

  11. #70
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    le livre de Nguyen Van Thanh, Saigon- Marseille aller simple,un livre à lire absolument ; c'était du temps où l'élite du pays s'était mise au service de l'administration coloniale française, l'époque qui a poussé bon nombre de jeunes viêtnamiens maitrisant la langue française à s'expatrier pour encadrer leurs frères jeunes paysans devenus les "Travailleurs émigrés de force " de 1939 à 1945.
    Grand merci encore à Pierre Daum d'avoir contribué à la sortie de ce livre et d'avoir aidé Thanh à l'écrit.
    je suis fasciné par la fraîcheur de Bác Thanh, de sa mémoire , de sa philosophie qu'il en a tiré de sa vie


    Saïgon-Marseille aller simple : le récit d'une page d'histoire oubliée

    Pierre Daum | Journaliste




    Nguyen Van Thanh est l’un des 20000 Vietnamiens emmenés en France au début de la seconde guerre mondiale. Agé de 90 ans, resté en France pour fonder une famille, il raconte son histoire. Pierre Daum, le journaliste qui a découvert son manuscrit et a aidé à le publier, raconte dans la préface son émotion face à cette page d’histoire oubliée.


    Couverture de Saïgon-Marseille

    Saïgon-Marseille aller simple est un livre qui faillit ne jamais exister. Son auteur, un vieil homme de quatre-vingt-dix ans, est un ancien ouvrier d’une usine de peinture de la banlieue parisienne venu prendre sa retraite dans un modeste appartement à Lattes, dans l’Hérault, village autrefois paysan dont sa femme Juliette est native. Le couple eut deux enfants, qui se marièrent, et qui devinrent eux-mêmes pères et grands-pères.
    Il y a dix ans, Nguyen Van Thanh acheta un ordinateur, et commença à inscrire sur l’écran les souvenirs de sa vie restés intacts dans sa mémoire. Il écrivit pour ses enfants et ses petits-enfants, afin que ceux-ci le connaissent mieux, et gardent une trace de son histoire, et donc aussi de la leur. Démarche banale d’un homme au soir de sa vie ? Assurément. A aucun moment, l’idée de publier « en vrai » un tel texte ne traversa l’esprit du vieil ouvrier, doté de surcroît d’une modestie presque maladive.
    Sauf que la vie que vécue Nguyen Van Thanh n’a rien à voir avec celle, souvent « banale », de ses anciens camarades d’usine. Comme tous ces Français venus d’ailleurs, il eut la chance et le courage de s’extirper de ses origines, et de connaître ainsi d’autres mondes, d’autres peuples, et un autre lui-même.
    Nguyen Van Thanh est né en 1921 à Hué, l’ancienne capitale impériale du Viêt-Nam. Son père, issu d’une famille de lettrés pauvres, avait accompli de brillantes études de français. Reçu aux concours les plus élevés de la fonction publique « indigène », il avait acquis le titre de mandarin, et exerçait la fonction de sous-préfet de la région de Vinh, à trois cents kilomètres de Hué. Un sous-préfet « indigène », placé sous l’autorité d’un fonctionnaire français, le Résident supérieur, représentant de l’administration coloniale en Indochine.
    Depuis l’expédition du Tonkin, dans les années 1880, et l’occupation du Viêt-Nam par l’armée française, les autorités coloniales avaient su exercer leur puissance en s’appuyant sur un réseau d’élites vietnamiennes – les riches propriétaires terriens, les dignitaires de la cour, les mandarins, les maires, et les membres de conseils de village.
    Adolescent, Thanh ne supporte pas cette ambiance familiale, mélange de sentiments de supériorité, de rigidité, et de soumission. En juillet 1939, lorsqu’il entend dire qu’on recrute des jeunes Vietnamiens sachant parler français afin d’encadrer des milliers de paysans destinés à travailler dans les usines d’armement de la métropole, il ne réfléchit pas, il s’engage ! Il n’a alors que dix-sept ans.
    Nguyen Van Thanh fait partie de ces 20000 Vietnamiens appelés Travailleurs indochinois de la Seconde guerre mondiale (ou ONS, pour Ouvriers non spécialisés), emmenés pour la plupart de force en France, parqués dans des camps, et utilisés entre septembre 1939 et juin 1940 pour manipuler la poudre des munitions et explosifs destinés à l’armée française.
    Puis vint la Débâcle, 5000 d’entre eux purent regagner tant bien que mal leur pays, mais 15000 restèrent bloqués sur le sol français jusqu’à la fin de la guerre, et même un peu au-delà. Toujours enfermés dans des camps dans le Sud de la France, cette main-d’œuvre fut utilisée dans tous les secteurs de l’économie nationale, sans que jamais ces hommes ne perçoivent de salaire.
    Certains furent envoyés en Camargue afin de participer à la relance d’un riz dont la France avait bien besoin pour se nourrir.
    En 1948, l’Etat français commença enfin à organiser leur rapatriement. Ce n’est qu’en 1952 que les derniers purent enfin revoir leur patrie, après douze années d’exil forcé. Environ un millier d’entre eux firent le choix de rester en France, le plus souvent parce qu’ils avaient rencontré une femme, et fondé une famille. Tel est le cas de Nguyen Van Thanh.
    Pendant presque soixante-dix ans, l’histoire de ces 20000 hommes est restée oubliée. Une thèse de droit fut écrite sur eux en 1946, puis un mémoire d’histoire à l’université de Nanterre, quarante ans plus tard. En 1996, la réalisatrice Dzu Le Lieu, fille d’un ancien travailleur indochinois, réalisa un film documentaire sur le passé de son père et de ses anciens camarades : Les Hommes des trois Ky.
    Puis deux anciens publièrent leurs mémoires. Lê Huu Tho, aux éditions L’Harmattan, Itinéraire d’un petit mandarin, en 1997. Et Thieu Van Muu, Un enfant loin de son pays, en 2003.
    Au même moment apparaissait sur Internet un site très riche consacré à la mémoire de ces hommes, construit par Joël Pham, le fils de l’un d’entre eux : www.travailleurs-indochinois.org.
    Quelque temps après, journaliste à Libération, j’entendis par hasard parler « d’Indochinois » ayant servis à la relance de la riziculture en Camargue, en 1942. J’enquêtai et découvris des fils, que je remontai en France, puis au Viêt-Nam. Je réussis ainsi à retrouver encore en vie vingt-cinq de ces anciens témoins d’une histoire si longtemps enfouie. En 2009, mêlant témoignages et documents d’archives, je publiai l’histoire de ces hommes aux éditions Actes Sud : Immigrés de force, les travailleurs indochinois en France (1939-1952).
    A ce moment-là, il restait quelques anciens travailleurs indochinois que je n’avais pas encore eu la possibilité de rencontrer, dont Nguyen Van Thanh. Six mois plus tard, à l’occasion d’une émouvante journée d’hommage que la municipalité d’Arles organisa en leur honneur, le 10 décembre 2009, je fis la connaissance du vieil homme, toujours très discret.
    Je découvris que nous habitions à proximité l’un de l’autre. Nous nous revîmes souvent. Mais il fallut que j’attende encore de très longs mois avant que Thanh me glisse qu’il avait entrepris d’écrire ses mémoires et que, au bout de dix ans, son travail était maintenant achevé. Je lui demandai la permission de lire son texte. Il accepta.
    En parcourant les lignes rédigées par ce vieux monsieur, mon émotion fut immense. Non seulement je recueillais de très nombreuses informations que je ne connaissais pas, mais la façon de raconter de ce jeune auteur de quatre-vingt-dix ans, à la fois tellement sincère et passionnante, rendait la lecture absolument captivante.
    Nguyen Van Thanh possède en effet une capacité innée à placer avec intelligence son histoire individuelle dans celle, plus vaste, du Viêt-Nam et de l’immigration asiatique en France.
    Au-delà des tribulations romanesques de ce fils de l’élite vietnamienne à travers le XXe siècle, Saïgon-Marseille aller simple permet au lecteur une plongée passionnante dans l’Indochine des années 20 et 30, dans la France des camps des années 40, puis dans la vie des ouvriers de banlieue parisienne au cours des Trente glorieuses.
    Avec, en toile de fond, les terribles violences subies par le peuple vietnamien, au cours de ses deux guerres d’indépendance, contre les Français (1946-1954), puis contre les Américains (1959-1975).
    Mais le livre de Nguyen Van Thanh possède un intérêt supplémentaire : tous ces chapitres d’histoire nous sont racontés, pour une fois, à travers l’autre regard, celui de l’ancien colonisé. Que nous sommes loin, dès lors, de ces récits nostalgiques d’une Indochine soi-disant si belle et envoûtante, et aujourd’hui disparue !
    Convaincu que ce récit possédait une immense valeur de témoignage historique et humain, je demandai à Thanh la permission d’essayer de trouver un éditeur susceptible de diffuser son texte. Un seul essai suffit. Touché lui aussi par la force que dégagent les mots de Thanh, le directeur des éditions Elytis accepta immédiatement de publier ce manuscrit.
    Un manuscrit que j’ai relu, et dont je n’ai quasiment pas changé un seul mot. Mes seules interventions consistèrent, avec l’autorisation de Thanh, à supprimer certains passages décrivant des péripéties familiales trop anecdotiques pour un large public. Et à faire passer de nombreux verbes de l’imparfait au passé simple, et inversement. Personne n’en voudra à un vieil homme de quatre-vingt-dix ans, de langue maternelle vietnamienne, d’éprouver quelques difficultés à maîtriser l’emploi différencié de ces deux temps dans la langue française…
    Ce texte est maintenant imprimé. Il est devenu un livre. Je sais d’avance qu’il touchera immédiatement le cœur de tous les enfants et petits-enfants des anciens travailleurs indochinois, qui auront l’impression troublante, en écoutant la voix de Thanh, de reconnaître celle de leur père ou grand-père.
    Car presque aucun d’entre eux n’a eu la chance de recevoir un tel texte en héritage. Ni un texte, ni même un récit oral : par un processus propre à la fois aux relations familiales vietnamiennes, et aux personnes victimes de certaines souffrances, les anciens travailleurs indochinois ont très peu raconté leur histoire à leurs enfants.
    Mais au-delà, à l’heure où la société française s’interroge sur son passé colonial et sur ses éventuels « aspects positifs », le livre de Nguyen Van Thanh montre de façon concrète et détaillée, loin de toute polémique, les conséquences de cette présence étrangère dans son pays.
    En plus d’être un formidable outil de transmission de mémoire, Saïgon-Marseille aller simple constitue, de la part de Nguyen Van Thanh, un magnifique hommage à ses 20000 anciens compagnons, ses compatriotes, ses frères.

    Dernière modification par thuong19 ; 12/10/2012 à 09h29.

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