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Discussion: L'asymétrie de la relation sino-vietnamienne.

  1. #1
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    Par défaut L'asymétrie de la relation sino-vietnamienne.

    L'asymétrie de la relation sino-vietnamienne au coeur de la stratégie globale des Vietnamiens .
    Pierre Journoud,chargé d'études à l'Irsem (Institut de Recherche Stratégique de l'Ecole Militaire)

    Au Nord, une grande puissance redevenue mondiale de plus d’1,3 milliards d’habitants sur un territoire d’un million de km², riche d’une civilisation cinq fois millénaire qui a irrigué toute l’Asie orientale. Au Sud, une petite puissance régionale de 84 millions d’habitants encore classée, malgré le dynamisme économique dont elle fait preuve depuis une vingtaine d’années, parmi les « pays à revenu moyen ». Entre les deux, une frontière terrestre de 1 400 km, dont le travail de délimitation et de bornage s’est achevé en décembre 2008, conformément au traité sur la frontière terrestre sino-vietnamienne signé en 1999. Et surtout, plus de deux mille ans d’une histoire parfois harmonieuse, plus souvent conflictuelle mais, tout au moins vue de Hanoi, jamais indifférente. La prégnance de ces réalités géographiques et historiques, et des représentations inégales qu’elles ont suscitées dans les mentalités collectives, méritent d’être rappelées pour appréhender la singularité de la relation sino-vietnamienne et l’intérêt de son étude dans le domaine stratégique. Car, dans le « pays des Viêts du Sud » qui s’est construit dès ses origines au contact intime de la civilisation chinoise, lui empruntant nombre de ses traits tout en forgeant progressivement sa propre personnalité, l’affirmation croissante de la puissance chinoise dans son environnement régional est redevenue une préoccupation stratégique majeure et, pour tout dire, une réelle source d’inquiétude à l’heure de la commémoration officielle de 60 ans de relations diplomatiques entre Pékin et Hanoi.

    Comment pourrait-il en être autrement ? Pendant des siècles, les Vietnamiens ont vécu sous la menace permanente d’une invasion chinoise et même, pendant plus d’un millénaire, sous leur joug direct. À différentes périodes de leur histoire, ils ont aussi appelé les Chinois en renforts pour combattre d’autres Vietnamiens, dans le cadre de guerres dynastiques et civiles. Mais, sur les quatorze grands mouvements de résistance qu’ils estiment avoir conduit avec succès contre les invasions étrangères au cours de leur histoire, une dizaine l’ont été contre les troupes impériales chinoises, pourtant bien supérieures en nombre1.
    Et c’est en grande partie contre le puissant et inquiétant voisin du Nord que les Vietnamiens ont forgé un art éprouvé de la guérilla – perçu par l’ethnologue Georges Condominas comme un « trait culturel majeur et pérenne de l’espace social vietnamien » – et développé, des siècles avant Mao et sa guerre révolutionnaire, une stratégie du faible au fort fondée sur une intense mobilisation populaire et la recherche d’une étroite coordination entre le politico-idéologique, le militaire et le diplomatique. La culture stratégique vietnamienne s’est développée, au fil des siècles, autour de cette asymétrie consubstantielle à la relation sino-vietnamienne2.
    Bons connaisseurs des penseurs militaires chinois, tel l’incontournable Sun Zi [voir notre entretien avec Valérie Niquet], les grands stratèges vietnamiens surent aussi s’en distancier, par exemple en assumant pleinement leur infériorité numérique.
    Certains d’entre eux sont encore vénérés comme héros nationaux aujourd’hui : Tran Hung Dao, vainqueur des redoutables Mongols au XIIIe siècle à qui l’on doit cette définition suggestive de l’art militaire vietnamien – « prendre le faible pour combattre le fort » – que son auteur liait étroitement à l’impératif d’une bonne gouvernance dans le cadre d’une stratégie voulue globale ; Nguyen Trai au XVe siècle, autre théoricien de l’insurrection armée qui sut lui aussi gagner les cœurs et les esprits des Vietnamiens pour repousser les troupes chinoises3. À chacune de ces victoires, l’empereur vietnamien, qui ne jouissait de ce titre que vis-à-vis de ses sujets parce qu’il continuait à se faire appeler prince ou roi à l’extérieur, s’empressait d’envoyer une ambassade chargée de présents pour atténuer le courroux et l’humiliation de l’empereur de Chine. Et chaque année, dans une habile mais contraignante gestion diplomatique de l’asymétrie, le vassal versait un tribut au suzerain nominal…

    C’est la France qui, en se lançant dans la conquête coloniale de l’Indochine à la fin du XIXe siècle, mit un terme à ce rituel. Elle contraignit la Chine à renoncer à la suzeraineté sur le Vietnam, en 1885, à signer des traités de délimitation de la frontière sino-tonkinoise (sur lesquels Hanoi et Pékin allaient se fonder, plus d’un siècle après, pour régler leurs différents frontaliers terrestres) et à procéder à son bornage4. Devenues l’apanage de la puissance coloniale, les relations diplomatiques officielles furent gelées jusqu’à la seconde guerre mondiale. Mais la frontière sino-vietnamienne resta extrêmement poreuse.

    C’est à Canton que le jeune révolutionnaire Ho Chi Minh – qui se faisait alors appeler Ly Thu parce que Ly avait l’avantage d’être à la fois un patronyme chinois et celui de héros vietnamiens vainqueurs des troupes chinoises, comme le général Ly Thuong Kiet au XIe siècle… – fonda en 1924 sa première organisation révolutionnaire vietnamienne, le Thanh Hien, avec l’aide du PCC. Ayant échappé de peu aux sanglantes purges staliniennes, il fut à nouveau envoyé par le Komintern en Chine pour y mettre en œuvre la stratégie des fronts unis antifascistes, entre 1938 et 1944. Devenu commandant-commissaire politique de la 8e Armée de route, Ho Chi Minh qui parlait parfaitement le chinois se mit à l’école chinoise et fonda le Vietminh, en 1941, retrouvant brièvement son pays après trente années d’exil5.
    Bien que parfaitement acculturé à la Chine, il entendait ainsi renouer avec une stratégie nationale tout en tenant compte de sa nécessaire articulation au marxisme-léninisme. Parmi ses fidèles lieutenants, Truong Chinh, dont le nom d’emprunt – Longue Marche – trahissait à lui seul l’inspiration, ( le plus Maoiste des 3 ?)fut nommé premier secrétaire du parti communiste vietnamien et Vo Nguyen Giap créa en 1944 les premières brigades d’armée, noyau dur de ce qui allait devenir bientôt l’Armée populaire du Vietnam (APV).

    Soucieux d’éviter les erreurs du PCC face au Guomintang, Ho Chi Minh et ses compagnons posèrent les bases d’un état indépendant, la République démocratique du Vietnam (RDV), officiellement déclaré tel le 2 septembre 1945 à Hanoi6. Pendant les premières années de la guerre d’Indochine, qui furent aussi celles de la montée en puissance de Mao et de l’Armée rouge dans la guerre civile chinoise, l’APV se battit seule contre un Corps expéditionnaire français sans cesse renforcé en hommes et en matériels. Mais la victoire de Mao, en 1949, conduisit la RDV à privilégier un rapprochement avec la République populaire de Chine (RPC) également favorisé par Staline dans le cadre d’une division régionale des tâches, au détriment de ses relations avec Bangkok.
    La reconnaissance diplomatique de la RDV par Pékin, en janvier 1950, scella la nouvelle alliance sino-vietnamienne7. On aurait pu dès lors penser que la double proximité géographique et politico-idéologique augurerait d’une ère harmonieuse dans les relations sino-vietnamiennes. Certes, la nouvelle alliance permit le développement d’une collaboration intense et fructueuse dans de nombreux domaines. Mais derrière l’apparente harmonie, les divergences stratégiques et les tensions politico-diplomatiques furent nombreuses, et même proportionnellement croissantes à l’aggravation du schisme sino-soviétique.
    Entre les victoires décisives de Cao Bang, en 1950, et de Dien Bien Phu en 1954, la Chine joua sans aucun doute un rôle important auprès de la RDV. Elle fournit une aide militaire, matérielle, économique et médicale croissante, contribua au développement et à la modernisation de l’APV, et pesa dans le processus de décision du parti communiste vietnamien grâce, en particulier, à la présence de plusieurs dizaines de conseillers chinois placés jusqu’au au sommet du pouvoir. De sorte que les Chinois revendiquent encore aujourd’hui une part de la victoire vietnamienne contre les Français8… Jalouse de son indépendance fraîchement recouvrée, la RDV s’opposa toutefois à la participation directe des Chinois au conflit.

    En outre, longtemps repoussée par Ho Chi Minh qui voulait sauvegarder à tout prix l’unité nationale, la mise en œuvre de la réforme agraire sous l’égide de conseillers chinois se solda par de nombreuses exécutions sommaires qui valurent au général Giap de présenter les excuses officielles de son parti, en 1956, pour ces « graves erreurs », et au premier secrétaire du parti Truong Chinh de démissionner.
    (Truong Chinh par ses fortes affinités Maoistes serait -il le principal responsable des exécutions lors de la réforme agraire?)

    Toujours facile à exacerber, le sentiment antichinois en fut revigoré. Et pourtant, dix ans après la grande victoire vietnamienne de Dien Bien Phu et la cruelle division du pays autour du 17e parallèle, que Pékin pressa Hanoi d’accepter parce qu’elle répondait à sa volonté de limiter les ambitions indochinoises des Vietnamiens et créait une zone tampon entre la Chine communiste et l’Asie du Sud-Est capitaliste, l’influence chinoise était encore prédominante à Hanoi.

    En 1965, toutefois, l’escalade de la guerre décidée par le Président Johnson, le débarquement des troupes américaines au Sud-Vietnam et le début d’une campagne de bombardements prolongée au Nord, poussent la RDV à rechercher également le soutien du puissant allié soviétique sans perdre le bénéfice de l’aide chinoise9. Commence alors pour Hanoi le difficile apprentissage de la diplomatie d’équilibre entre deux alliés en guerre froide. Or, dans les coulisses, l’équilibre se révèle plus fragile qu’il n’y paraît. Entre la reprise de la lutte armée au Sud-Vietnam (que Pékin déconseilla mais pas au point de s’y opposer), en 1959, pour précipiter la réunification du Vietnam sous l’égide de Hanoi, et la campagne victorieuse du printemps 1975 au Sud-Vietnam, en passant par l’offensive du Têt en 1968, les choix stratégiques du parti communiste vietnamien sont durement critiqués.

    Journoud nous pointe le double jeu de la Chine.
    Tout comme ses décisions diplomatiques. Le silence de Pékin après l’acceptation par Hanoi d’ouvrir des négociations officielles avec les États-Unis à Paris, en mai 1968, cache mal le mécontentement des dirigeants chinois au vu de ce qui leur apparaît comme un renoncement du Vietnam dicté par Moscou. A contrario, le spectaculaire rapprochement sino-américain du début des années 1970 conduit Pékin à tenter de modérer les exigences vietnamiennes dans les négociations, conformément à la « diplomatie triangulaire » de Nixon et Kissinger mais sans grand succès au bout du compte. Parallèlement, la RPC soigne ses relations avec le Front national de libération du Sud-Vietnam (FNL), qu’elle espère voir s’autonomiser vis-à-vis de Hanoi et favoriser la survie d’un Sud-Vietnam neutre moins menaçant pour elle10. Elle laisse même écraser Hanoi sous les bombes, sans réagir, en décembre 1972, avant de lancer en 1974 une attaque navale sur les îles Paracels, dont la possession était également revendiquée par les Vietnamiens, et l’est toujours.

    Mais la RDV triomphe en avril 1975, dans les conditions que l’on sait, et procède à une réunification rapide du Vietnam, officialisée un an plus tard. Principale puissance militaire d’Asie du Sud-Est auréolée du prestige d’une victoire sur les Américains et leurs alliés, sa sécurité n’est pas assurée pour autant. Soutenu par Pékin, qui cesse en 1978 son aide économique au Vietnam, le régime radical, hyper-nationaliste et génocidaire des Khmers Rouges au Cambodge multiplie les provocations à l’égard des Vietnamiens. Craignant d’avoir à mener une guerre sur deux fronts, Hanoi signe un traité d’amitié et de coopération avec Moscou, en novembre 1978, et déclenche une offensive contre le « Kampuchéa démocratique » en janvier 1979. La chute rapide des Khmers Rouges précipite la crise sino-vietnamienne. Inquiète comme d’autres pays de la région du rapprochement entre Hanoi et Moscou, des progrès de l’influence soviétique en Afghanistan, et des prétentions indochinoises des Vietnamiens, la Chine décide d’infliger une « leçon » au « petit hégémonisme » vietnamien, dans la pure tradition des expéditions punitives des anciens empereurs. La guerre-éclair de trois semaines qui débute le 17 février 1979 s’avère extrêmement brutale et sanglante – 60 000 morts des deux côtés, selon les estimations. Elle met aussi en évidence l’inadaptation de la stratégie chinoise et les déficiences de l’APL face à une armée vietnamienne particulièrement solide et réactive. Après avoir conforté son influence au Laos, le Vietnam occupe désormais le Cambodge. L’Indochine est passée entièrement sous l’influence de Hanoi, au prix toutefois d’une dépendance accrue et désormais exclusive à l’égard de Moscou. La rupture paraît consommée avec la Chine11.

    Les dirigeants vietnamiens savent, cependant, qu’ils sont condamnés à s’entendre avec leur voisin d’autant plus vite que celui-ci, sous l’influence désormais prédominante de Deng Xiaoping, connaît une modernisation rapide, notamment dans le domaine militaire. Les contacts sont bientôt rétablis aux échelons subalternes. Il faudra, en revanche, plus d’une décennie pour que les deux anciens alliés renouent au sommet. Les relations diplomatiques sont officiellement rétablies en novembre 1991 et les visites officielles et bilatérales de haut niveau s’intensifient, comme les échanges commerciaux12. Entre temps, bien sûr, le mur de Berlin est tombé, les Vietnamiens ont évacué le Cambodge et perdu leur principal soutien, l’URSS. S’inspirant à nouveau de l’exemple chinois, ils se sont à leur tour lancé, en 1986, dans un processus d’ouverture marqué par d’importantes réformes économiques et financières. Mais, en dépit de ces changements majeurs et de la recomposition des équilibres régionaux entraînée par la fin de la guerre froide et la montée en puissance de la Chine, les données fondamentales de la relation sino-vietnamienne demeurent. Il s’agit, pour la Chine, d’affirmer sa prépondérance dans la région en évitant de susciter contre elle des alliances ou combinaisons d’alliances ; pour le Vietnam de diminuer sa vulnérabilité structurelle face à la Chine et au risque qu’il perçoit d’une dilution de son indépendance dans l’aire d’influence de Pékin.
    L'ouverture du Vietnam
    Fidèles à leur attachement à une stratégie globale, les Vietnamiens avancent à leur rythme sur tous les fronts. Usant des moyens diplomatiques, ils multiplient les accords avec la Chine tant que celle-ci n’est pas encore en mesure d’imposer sa volonté par la force, si telle est bien son intention ; intensifient la coopération bilatérale avec les autres acteurs majeurs de la région (les États-Unis, l’Australie, le Japon et l’Inde) ; investissent comme la Chine les instances multilatérales pour faire avancer leurs intérêts ; et jouent un rôle croissant au sein de l’unique organisation régionale, l’Asean, dont ils viennent d’assumer activement la présidence. Dans cette relation plus que jamais asymétrique, la recherche de contrepoids diplomatiques à la Chine s’impose au Vietnam. L’inquiétude subsiste néanmoins – les incidents récurrents en mer de Chine méridionale ou mer Orientale suffisent à le rappeler – et justifie, aux yeux des dirigeants vietnamiens, des efforts redoublés dans deux domaines complémentaires : le renforcement du lien civilo-militaire, qui passe notamment par la formation cadres du civil aux concepts stratégiques de l’Armée et à leur sensibilisation à la menace d’une nouvelle offensive terrestre de la Chine – sans que celle-ci soit nommée – en territoire vietnamien ; et la modernisation de l’Armée populaire, en particulier de la marine, comme en témoigne la récente signature d’un contrat d’achat à la Russie de six sous-marins classiques. Après avoir été contraint à des réductions drastiques de ses dépenses militaires et des effectifs de son armée, le Vietnam, dragon en puissance, revient dans une course aux armements déjà alimentée par la plupart des puissances de la région, quelle que soit leur taille. Inquiètes de la volonté chinoise d’affirmer sa domination régionale, notamment en mer orientale, elles sont en même temps soucieuses de préserver de bonnes relations avec Pékin pour protéger leurs intérêts économiques et financiers, et fascinées par son ascension internationale. Le Vietnam, plus que tous les autres, sait ce qu’il peut attendre – mais aussi redouter – d’une telle évolution.
    Plus la Chine sera puissante, plus elle sera indifférente au Vietnam et plus le Vietnam se méfiera de son incontournable voisin, ce qui ne l’empêchera nullement de s’inspirer de ses succès, de tirer les leçons de ses échecs, tout en revendiquant à juste titre sa vietnamité. Le passé, ici, peut sans doute tenir lieu de futur.
    Dernière modification par ngjm95 ; 29/03/2013 à 18h24.

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  3. #2
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    L'asymétrie de la relation sino-vietnamienne au coeur de la stratégie globale des Vietnamiens .
    Pierre Journoud,chargé d'études à l'Irsem (Institut de Recherche Stratégique de l'Ecole Militaire)
    Dans le « pays des Viêts du Sud » qui s’est construit dès ses origines au contact intime de la civilisation chinoise, lui empruntant nombre de ses traits tout en forgeant progressivement sa propre personnalité, l’affirmation croissante de la puissance chinoise dans son environnement régional est redevenue une préoccupation stratégique majeure et, pour tout dire, une réelle source d’inquiétude à l’heure de la commémoration officielle de 60 ans de relations diplomatiques entre Pékin et Hanoi.

    Comment pourrait-il en être autrement ? Pendant des siècles, les Vietnamiens ont vécu sous la menace permanente d’une invasion chinoise et même, pendant plus d’un millénaire, sous leur joug direct. À différentes périodes de leur histoire, ils ont aussi appelé les Chinois en renforts pour combattre d’autres Vietnamiens, dans le cadre de guerres dynastiques et civiles. Mais, sur les quatorze grands mouvements de résistance qu’ils estiment avoir conduit avec succès contre les invasions étrangères au cours de leur histoire, une dizaine l’ont été contre les troupes impériales chinoises, pourtant bien supérieures en nombre1. Tran Hung Dao, vainqueur des redoutables Mongols au XIIIe siècle à qui l’on doit cette définition suggestive de l’art militaire vietnamien que son auteur liait étroitement à l’impératif d’une bonne gouvernance dans le cadre d’une stratégie voulue globale ; Nguyen Trai au XVe siècle, autre théoricien de l’insurrection armée qui sut lui aussi gagner les cœurs et les esprits des Vietnamiens pour repousser les troupes chinoises3.
    Plus la Chine sera puissante, plus elle sera indifférente au Vietnam et plus le Vietnam se méfiera de son incontournable voisin, ce qui ne l’empêchera nullement de s’inspirer de ses succès, de tirer les leçons de ses échecs, tout en revendiquant à juste titre sa vietnamité. Le passé, ici, peut sans doute tenir lieu de futur.
    Article intéressant ,avec beaucoup de longueurs , on pourrait résumer en citant Napoléon : la diplomatie d'un pays découle de sa position géographique
    L'article contient toujours des erreurs vénielles habituelles :
    _Vietnam = Viet du sud ; là , le Vietnam devrait être appelé Nam quôc plutôt ' par rapport au Pays du nord ( Bac quôc )
    _ mille ans de " domination " chinoise ; alors qu'elle n'a jamais cessé ; après l'indépendance , les rois et les lettrés étaient toujours des " Chinois "
    _ face-à - face , méfiance permanents : d'après certains , après s'être séparés , le destin du VN était la marche vers le sud ; le destin de la Chine était l"expansion vers l' Ouest et le Nord et la lutte contre les Barbares
    _ 14 conflits sino - VN , n'est ce pas exagéré ? 2 fois contre les Song , une fois contre les Mongols , une contre les Ming , une petite contre les Ching , une longue contre Deng ( en plus les Mongols et les Ching ne sont pas Chinois) En mille ans après Ngô Quyên , 2 fois contre les vrais Chinois ce n'est ( presque ) rien ; en contrepartie , ces vrais Chinois nous ont ( presque ) sauvé la mise 2 fois
    Il faudrait relativiser les tensions Sino - Viêt , et rappeler qu'ils n'étaient pas " seuls entre eux" . Il y a d'autres pays qui sont aussi voisins de la "Chine" . Ailleurs , il y a aussi la même situation ; Etats Unis et leurs voisins ; Allemagne et ses voisins , etc . la vie de tout le monde continue
    _ Tran Hung Dao n'a pas dit " prendre le faible pour combattre le fort "Dĩ nhược chế cường"
    Son traité militaire Binh thu yêu' luoc s'est perdu
    C'est
    Nguyễn Trãi dans Bình Ngô Đại Cáo
    Dĩ (utiliser ) quả ( solitaire ) địch (contre ) chúng ( groupe )
    Dĩ đại nghĩa ( grande cause ) thắng ( vaincre ) hung tàn (barbarie ),Dĩ chí nhân( humanisme ) dị ( remplacer ) cường bạo (violence ).

  4. #3
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    Article intéressant ,avec beaucoup de longueurs , (... notaDD: Je trouve aussi)
    _ 14 conflits sino - VN , n'est ce pas exagéré ? 2 fois contre les Song , une fois contre les Mongols , une contre les Ming , une petite contre les Ching , une longue contre Deng ( en plus les Mongols et les Ching ne sont pas Chinois) En mille ans après Ngô Quyên , 2 fois contre les vrais Chinois ce n'est ( presque ) rien ; en contrepartie , ces vrais Chinois nous ont ( presque ) sauvé la mise 2 fois
    (...)
    _ Tran Hung Dao n'a pas dit " prendre le faible pour combattre le fort "Dĩ nhược chế cường"
    Son traité militaire Binh thu yêu' luoc s'est perdu
    C'est
    Nguyễn Trãi dans Bình Ngô Đại Cáo
    Dĩ (utiliser ) quả ( solitaire ) địch (contre ) chúng ( groupe )
    Dĩ đại nghĩa ( grande cause ) thắng ( vaincre ) hung tàn (barbarie ),Dĩ chí nhân( humanisme ) dị ( remplacer ) cường bạo (violence ).
    Il doit en compter 2 au moins depuis les dames Hai Bà Trưng, logique !


    haibatrung

    Hai Bà Trưng puis de Lý Thường Kiệt (eunuque et général vietnamien de la dynastie Lý) à Nguyễn Huệ (également appelé : Empereur Quang Trung, 2ème empereur de la "nhà" Tây Sơn), les rues des villes du Vietnam sont remplie de noms de messieurs-dames qui ont gagnés une guerre contre les Chinois (ou Mongol)

    Je ne sais pas si en Chine, il y a des rues au nom de types qui ont envahi le Vietnam à part Deng Xiaoping ?
    C'est ça l’asymétrie
    Dernière modification par DédéHeo ; 31/03/2013 à 04h59.

  5. #4
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    Chercher à connaître Yin et Yang c’est évoquer les Yue. Cela revient à remonter aux sources de la viêtnamité comme ce qu’a dit Georges Condominas dans son article intitulé : La guérilla viet. Trait culturel majeur et pérenne de l’espace social vietnamien, L’Homme 2002/4, N° 164, p. 17-36. Depuis la formation de leur nation, les Vietnamiens ont continué à appliquer mot à mot cette théorie dans la défense de leurs traditions, de leur culture et de leur pays.
    Pour résister aux ennemis plus forts qu’eux, ils devaient employer les formules saisissantes suivantes et empruntées dans cette théorie « Lấy Yếu chống mạnh (prendre le faible pour combattre le fort) ou « Lấy cụt chống dài » (Combattre le long avec le court) pour préserver leur indépendance. Ils savaient imposer la mobilité (Yang) de leur armée face à l’immobilité (Yin) du camp adverse en accord parfait avec l’environnement. Ils préféraient la guérilla (Yang) à la place de la guerre conventionnelle (Yin) avec Nguyễn Trãi ou ils optaient la rapidité (Yang) et la surprise à la place de la lenteur (Yin) et l’attente des ennemis avec le roi Quang Trung.

    Yin Yang dans la vie journalière des Vietnamiens

    L'expression "Lấy Yếu chống mạnh " semble être attribuée à Tran Hung Dao: http://www.vietnammonpaysnatal.fr/net/guerilla_viet.pdf

    Cette asymétrie pratiquée par le Vietnam est reconnue et applaudie par toutes les chancelleries car elle contribue à ne pas aggraver les disputes territoriales de la mer d'Est.

    Quant à la gratitude vis à vis de l'aide chinoise au cours des derniers conflits, elle est annulée par l'attaque chinoise en 1979.Désolé.

    Les sources de l'article de Pierre Journoud:
    L?asymétrie de la relation sino-vietnamienne au c?ur de la stratégie globale des Vietnamiens

    1 - Phan Huy Le, « Dien Bien Phu dans l’histoire et l’identité de la nation vietnamienne », in Pierre Journoud et Hugues Tertrais (dir.), 1954-2004. La bataille de Dien Bien Phu, entre histoire et mémoire, Paris, SFHOM, 2004, p. 243 et suiv.
    2 - Brantly Womack, China and Vietnam. The Politics of Asymetry, Cambridge University Press, 2006.
    3 - Lê Thanh Khoi, Histoire du Viêt Nam des origines à 1858, Paris Sudestasie, 1981 ; Nguyen Trai, « Proclamation sur la pacification des Ngo », Mille ans de littérature vietnamienne, édition établie par Nguyen Khac Vien et Huu Ngoc, Piquier Poche, 2000 ; Georges Condominas, « La guérilla vietnamienne. Trait culturel majeur et pérenne de l’espace social vietnamien », L’Homme, n° 164, 2002, p. 17-36.
    4 - P.-B. Lafont (dir.), Les frontières du Vietnam, Paris, L’Harmattan, 1989 ; Le Courrier du Vietnam, 8 avril 2009.
    5 - Pierre Brocheux, Ho Chi Minh. Du révolutionnaire à l’icône, Paris, Payot, 2003, p. 62 et suiv.
    6 - Christopher Goscha et Benoît de Tréglodé (dir.), Naissance d’un état-parti. Le Vietnam depuis 1945, Paris, Les Indes Savantes, 2004.
    7 - Chen Jian, Mao’s China and the Cold War, Chapel Hill & London, The University of North Carolina Press, 2001, chap. 5 ; Christopher Goscha, « Le contexte asiatique de la guerre franco-vietnamienne : réseaux, relations et économie (d’août 1945 à mai 1954) », thèse de doctorat sous la direction de Nguyen The Anh, EPHE, 2000, chap. 3. ; B. de TRÉGLODÉ, « Les relations entre le Vietminh, Moscou et Pékin à travers les documents (1950-1954) », Revue historique des Armées, n° 4, 2000, p. 55-62.
    8 - P. Journoud, « Trois colloques pour revisiter Dien Bien Phu, Genève et les relations franco-vietnamiennes depuis 1954 », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, n° 19, 2004
    (en ligne sur : Institut Pierre Renouvin – Centre de recherche en histoire des relations internationales).
    9 - Ilya Gaiduk, The Soviet Union and the Vietnam War, Chicago, Ivan Dee, 1996 ; Qiang Zhai, China and the Vietnam Wars, 1950-1975, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 2000.
    10 - On se reportera à ce sujet aux actes du colloque organisé par l’ancien Centre d’études d’histoire de la Défense (désormais département histoire de l’Irsem) sur la fin de la guerre au Vietnam et les négociations de paix à Paris (1968-1975), à paraître chez Peter Lang au printemps 2011, sous le titre : Vietnam 1968-1976 : la sortie de guerre.
    11 - Edward C. O’Dowd, Chinese Military Strategy in the Third Indochina War: The Last Maoist War, Taylor & Francis, 2007.
    12 - Sur l’histoire de ce rapprochement : Ang Cheng Guan, « Vietnam-China Relations Since the End of the Cold War », IDSS Working Paper n° 1, Singapour, 1998 ; Matthieu Salomon et Vu Doan Kiet, « L’Empire du Milieu perçu du Vietnam : grand frère incontournable et inquiétant », Outre-Terre, n° 15, 2006, p. 229-245.

  6. #5
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    Extraits de. http://www.vietnammonpaysnatal.fr/net/guerilla_viet.pdf
    La guérilla viet ; Trait culturel majeur et pérenne de l’espace social vietnamien
    Georges CONDOMINAS ( décédé en 2011 ) a écrit : À l’époque coloniale la majorité des auteurs, des administrateurs des Services civils pour la plupart, présentaient la civilisation vietnamienne comme un simple décalque de la chinoise , opinion trop largement répandue qui voulait ne voir dans le Vietnam qu’une forme provinciale de la civilisation Han.
    Extraits de http://aejjrsite.free.fr/goodmorning...riceDurand.pdf M. Durand , vietnamologue , directeur de l’EFEO
    La seule faiblesse de cette EFEO était de considérer alors le Vietnam comme étant un ensemble culturel directement issu de la culture chinoise, simple généralisation que n’approuvaient déjà pas, loin de là, certains ethnologues et chercheurs.
    Autres écrits de G. Condominas : [ les Chinois ont absorbé et sinisé la grande majorité des Yue pendant un millénaire d’occupation coloniale rigoureuse, avec colonies militaires et imposition administrative de leur langue et de leur écriture ainsi que de leur idéologie religieuse et culturelle]
    [On peut supposer que les chefs insurrectionnels appartenaient aux aristocraties locales ; sous l’emprise contraignante du pouvoir colonial han, ceux-ci avaient reçu au moins une teinture d’enseignement classique chinois, lequel devint une fois l’état créé sur le modèle céleste, l’un des éléments essentiels du système de relations des lettrés Vietnamiens .
    [Les Vietnamiens , leurs élites surtout, ont été imprégnés de culture intellectuelle chinoise ]
    Vu tout cela , on se demande pourquoi Condominas , lui et d’autres vietnamologues n’ont pas fait le saut qualitatif pour conclure que, à partir de Ngô Quyên , des « Chinois « se sont séparés de leurs compatriotes comme une guerre de Sécession qui aurait abouti .
    _ Quand il écrit : « Comment ce minuscule David, étouffé par cet immense Goliath doté d’un pouvoir d’absorption comparable à celui de son contemporain, l’Empire romain, réussit non seulement à s’en libérer, mais à sauver l’essentiel de sa langue et de sa culture ? » on a l’impression qu’il ne connaissait pas bien la culture et la langue VN : les noms et prénoms personnels des VN , les noms des lieux et provinces sont du Han , la culture VN est presque identique à la Chinoise , la langue VN contient 60 à 70% de « chinois « ; les VN sont proches géographiquement , ethniquement et linguistiquement des Cantonais .
    _ Condominas veut présenter la guérilla en ligne de force de l’histoire militaire VN à part l’époque moderne mais le seul épisode notable pour appuyer sa thèse est la lutte contre les Ming ( quoique ce fut une page épique de l’histoire du VN , repousser tout seul un ennemi tout proche et mille fois supérieur à tout point de vue )
    Et ce fut grâce à qui , à quoi ? se demande G. Condominas : la réponse a été apportée par le lettré Phan dinh Phùng , la fidélité aux enseignements de Confucius , aux 5 Livres et aux Quatre Canons

  7. #6
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    Citation Envoyé par HAN VIËT Voir le message
    (...)
    [Les Vietnamiens , leurs élites surtout, ont été imprégnés de culture intellectuelle chinoise ]
    Vu tout cela , on se demande pourquoi Condominas , lui et d’autres vietnamologues n’ont pas fait le saut qualitatif pour conclure que, à partir de Ngô Quyên , des « Chinois « se sont séparés de leurs compatriotes comme une guerre de Sécession qui aurait abouti .
    _ Quand il écrit : « Comment ce minuscule David, étouffé par cet immense Goliath doté d’un pouvoir d’absorption comparable à celui de son contemporain, l’Empire romain, réussit non seulement à s’en libérer, mais à sauver l’essentiel de sa langue et de sa culture ? » on a l’impression qu’il ne connaissait pas bien la culture et la langue VN : les noms et prénoms personnels des VN , les noms des lieux et provinces sont du Han , la culture VN est presque identique à la Chinoise , la langue VN contient 60 à 70% de « chinois « ; les VN sont proches géographiquement , ethniquement et linguistiquement des Cantonais .
    (...)
    hihi Maître Han Viêt plus fort que Georges CONDOMINAS !
    On ne parle pas de guerre de sécession car les Viêt ne sont pas de l'ethnie chinoise. les Thanh Hoa ont des têtes de gens du Thanh Hoa, pas de Cantonais.

    En Chine, il y a aussi plein de régions peuplées de minorités. Elle n'ont pas pu se libérée car elle étaient encerclées ou trop faibles. Les Viêts ont réussi.

    Condominas écrit : « Comment ce minuscule David, étouffé par cet immense Goliath doté d’un pouvoir d’absorption comparable à celui de son contemporain, l’Empire romain, réussit non seulement à s’en libérer, mais à sauver l’essentiel de sa langue et de sa culture ? » et il a raison :
    Le Vietnam et la langue viêt est un sapin de Noël :
    Il y a le tronc, les branches, les aiguilles vertes : C'est la grammaire et le vocabulaire mon-khmer (au moins 50%)
    Il y a beaucoup de grosses boules rouges : C'est la culture chinoise, le vocabulaire scientifique, technique (Qui affirme que c'est + de 50% du vocabulaire ?)
    Il y a une guirlande électrique bleu : C'est la culture française et européenne.

    Alors, de quelle couleur est un sapin de Noël ?

    - Rouge ! dit maître Han Viêt
    - Vert ! dit DédéeHeo
    - Bleu ! dit Bao Daï

    L'asymétrie de la relation sino-vietnamienne.
    L'asymétrie de la relation sino-vietnamienne au coeur de la stratégie globale des Vietnamiens .
    Pierre Journoud,chargé d'études à l'Irsem (Institut de Recherche Stratégique de l'Ecole Militaire)

    (...)

    Journoud nous pointe le double jeu de la Chine.
    Tout comme ses décisions diplomatiques. Le silence de Pékin après l’acceptation par Hanoi d’ouvrir des négociations officielles avec les États-Unis à Paris, en mai 1968, cache mal le mécontentement des dirigeants chinois au vu de ce qui leur apparaît comme un renoncement du Vietnam dicté par Moscou. A contrario, le spectaculaire rapprochement sino-américain du début des années 1970 conduit Pékin à tenter de modérer les exigences vietnamiennes dans les négociations, conformément à la « diplomatie triangulaire » de Nixon et Kissinger mais sans grand succès au bout du compte. Parallèlement, la RPC soigne ses relations avec le Front national de libération du Sud-Vietnam (FNL), qu’elle espère voir s’autonomiser vis-à-vis de Hanoi et favoriser la survie d’un Sud-Vietnam neutre moins menaçant pour elle10. Elle laisse même écraser Hanoi sous les bombes, sans réagir, en décembre 1972, avant de lancer en 1974 une attaque navale sur les îles Paracels, dont la possession était également revendiquée par les Vietnamiens, et l’est toujours.
    C'est Pierre Journoud qui dit ça ? On ne comprend pas bien

    C'est clair : Le Vietnam bascule dans le camps soviétique à partir de 1965. En 66 les Chinois retirent leurs aides mais ils restent neutre.
    En 71, les Chinois invitent Kissinger qui était au Pakistan. Genre : "Pendant que vous êtes dans le coin,venez donc faire une visite discrète chez nous"
    On dit que les Vietnamiens ne l'ont pas su ?
    Février 72, Nixon passe une joyeuse semaine en Chine.
    Hanoi écrasée sous les bombes en décembre 1972, c'est clairement la faute des dirigeant Nord-Vietnamiens qui n'ont pas vu le vent tourner.

    Par contre "les îles Paracels, dont la possession était également revendiquée par les Vietnamiens" est complétement faux : Les îles Paracels étaient totalement et officiellement la possession du Vietnam depuis le début de la colonisation française. Avant, elle n'étaient à personne.

    En 1974, la Chine lance une attaque navale sur les îles Paracels (Hoang Sa), qui était alors la possession de la République du Vietnam et NON CELLE DU Nord Vietnam. Les Etats Unis ne réagissent pas, est-ce que ça faisait parti de l'accord ? La Chine s'empare de la totalité de l’archipel.

    "la Chine décide d’infliger une « leçon » au « petit hégémonisme » vietnamien, dans la pure tradition des expéditions punitives des anciens empereurs. La guerre-éclair de trois semaines qui débute le 17 février 1979 s’avère extrêmement brutale et sanglante – 60 000 morts des deux côtés"
    Ok mais bizarrement, il oublie 1988 : La Chine s'empare d'un récif vietnamien dans les îles Spratly (Trung Sa), alors contrôlées par les Philippins et les Vietnamiens en massacrant 64 soldats.

    puis il dit : "L’inquiétude subsiste néanmoins – les incidents récurrents en mer de Chine méridionale ou mer Orientale suffisent à le rappeler – "

    La semaine dernière, il y a eu un incident particulièrement grave : La marine chinoise à officiellement tiré sur un bateau de pêche vietnamien.

    "Les relations diplomatiques sont officiellement rétablies en novembre 1991" oui mais c'est uniquement du à la chute de l'URSS.

    Puis la conclusion de l'article est fausse.
    Le Vietnam évolue plus vite que la Chine et est politiquement plus moderne.
    " Le passé, ici, peut sans doute tenir lieu de futur."
    N'IMPORTE QUOI !
    Il oublie l'Asean
    Il oublie la Birmanie, petite dictature inféodée à la Chine qui est entrain de devenir une démocratie.

    Les dirigeants chinois n'envoient pas leur mômes faire leur études aux USA, les nôtres si ;lol;

  8. #7
    Passionné du Việt Nam Avatar de dannyboy
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    Citation Envoyé par HAN VIËT Voir le message
    Vu tout cela , on se demande pourquoi Condominas , lui et d’autres vietnamologues n’ont pas fait le saut qualitatif pour conclure que, à partir de Ngô Quyên , des « Chinois « se sont séparés de leurs compatriotes comme une guerre de Sécession qui aurait abouti .
    En effet, on pourrait voir des choses de cette manière, mais alors il faudra changer la façon d’interpréter l’histoire d’autres peuples aussi. Par exemple, j’ai travaillé pas mal de temps en Finlande, pourquoi je ne pourrais pas dire aux finlandais qu’ils ne sont que des suédois qui ont fait sécession après presqu’un millénaire d’appartenance au royaume de Suède. Pourquoi les finlandais ont-ils le droit de dire qu’ils sont un peuple bien distinct alors que la langue suédoise reste aujourd’hui obligatoire dans tous leurs documents administratifs (en parallèle avec la langue finlandaise) ?
    Citation Envoyé par HAN VIËT Voir le message
    Quand il écrit : « Comment ce minuscule David, étouffé par cet immense Goliath doté d’un pouvoir d’absorption comparable à celui de son contemporain, l’Empire romain, réussit non seulement à s’en libérer, mais à sauver l’essentiel de sa langue et de sa culture ? » on a l’impression qu’il ne connaissait pas bien la culture et la langue VN : les noms et prénoms personnels des VN , les noms des lieux et provinces sont du Han , la culture VN est presque identique à la Chinoise , la langue VN contient 60 à 70% de « chinois « ; les VN sont proches géographiquement , ethniquement et linguistiquement des Cantonais .
    C’est justement parce qu’il connait très bien « la culture et la langue VN ». Il a bien vu que les 70% de mots chinois dans la langue vietnamienne n’est que cosmétique, et que l’essentiel de la langue n’a rien de chinois. La culture VN est presque identique à la Chinoise, je suis bien d’accord, mais la culture finlandaise est aussi très proche de celle des suédois, l’Irlande est presque identique à l’Angleterre linguistiquement et culturellement parlant. Pourquoi sont ils considérés comme des peuples bien distincts ?
    Citation Envoyé par HAN VIËT Voir le message
    Condominas veut présenter la guérilla en ligne de force de l’histoire militaire VN à part l’époque moderne mais le seul épisode notable pour appuyer sa thèse est la lutte contre les Ming ( quoique ce fut une page épique de l’histoire du VN , repousser tout seul un ennemi tout proche et mille fois supérieur à tout point de vue ) Et ce fut grâce à qui , à quoi ? se demande G. Condominas : la réponse a été apportée par le lettré Phan dinh Phùng , la fidélité aux enseignements de Confucius , aux 5 Livres et aux Quatre Canons
    Est on sûr que c'est « la fidélité aux enseignements de Confucius, les 5 Livres et Quatre Canons » qui poussent les paysans viets à mourir au combat contre des Chinois? Ou c’est simplement leur volonté de ne pas se laisser gouverner par ces Chinois? Et c’était peut être aussi le cas contre des Français et Américains?
    Dernière modification par dannyboy ; 02/04/2013 à 11h32.

  9. #8
    Habitué du Việt Nam Avatar de Abuelita
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    Bonjour,
    J'ai lu tout le sujet de cette discussion avec attention. Ignorante, mais attentive. Merci.
    Si je ne peux intervenir dans ce qui est dit, je vous livre cependant ce que j'ai ressenti, en tant que " fille d'un papa né dans un village de la région de Haïphong, embarqué adolescent comme mousse sur les caboteurs de la baie, puis comme boy sur les paquebots Asie-Europe, pour finalement, après avoir évolué professionnellement, poser son sac définitivement en France, en 1932, puis s'y être marié avec une Française, ce qui me fit commencer mon histoire quelques années plus tard (ouf). Donc, en tant que cette fille-là, qui n'a jamais rien su de ma famille vietnamienne (que mon père n'a jamais pu retrouver), intuitivement, je vous dis que de tout le sujet de la discussion, je retiens avec une certaine émotion la conclusion du dernier post de DannyBoy :

    Citation Envoyé par dannyboy Voir le message
    ... Est on sûr que c'est « la fidélité aux enseignements de Confucius, les 5 Livres et Quatre Canons » qui poussent les paysans viets à mourir au combat contre des Chinois? Ou c’est simplement leur volonté de ne pas se laisser gouverner par ces Chinois? Et c’était peut être aussi le cas contre des Français et Américains?
    Le bon sens exprimé-là est ce que je ressens très fort. Non, ce ne sont pas les connaissances intellectuelles qui ont poussé les paysans à se rebeller contre les oppresseurs, tout comme mon adolescent de père à s'éloigner de son village où se recrutait les jeunes filles pour laver les culottes sales des colons. C'est d'avoir une âme vietnamienne.
    Et vous savez quoi ? En transcrivant mon récit (vous savez) sur le blog, je n'ai cessé de penser à vous, du ForumVietnam, qui avez été les premiers informés de sa diffusion. Et je me suis aperçue que j'étais beaucoup, mais alors beaucoup plus vietnamienne que je ne l'avais jamais imaginé ! Et... je m'en sens fière. Merci papa. Tu ne m'as jamais parlé, mais j'ai tout compris.

  10. #9
    Passionné du Việt Nam Avatar de dannyboy
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    Citation Envoyé par HAN VIËT Voir le message
    Tran Hung Dao n'a pas dit " prendre le faible pour combattre le fort "Dĩ nhược chế cường"
    Son traité militaire Binh thu yêu' luoc s'est perdu .
    Il me semble qu’on possède malgré tout quelques morceaux du « Binh Thu Yêu Luoc » de Trân Hung Dao. Et il y a bien écrit quelque chose comme « prendre le faible pour combattre le fort » « prendre le mou pour vaincre le dur » … Voir ici Lịch sử Quân sự Việt Nam - Tập 4
    Binh thư yếu lược đã viết: “ít có thể thắng nhiều, yếu có thể thắng mạnh”, Phàm hay lấy ít mà thắng nhiều, lấy yếu mà địch mạnh, lấy nhỏ mà chế lớn, thế mới gọi là thiện chiến”
    Binh thư yếu lược đã đề xuất quan điểm lấy mềm để chế cứng, với lập luận như sau:

    “Người tướng giỏi, cứng không thể bẻ được, mềm không thể uốn được. Cho nên lấy yếu để chế mạnh, lấy mềm để chế cứng. Mềm cả, yếu cả thì thế phải kém; cứng cả mạnh cả thì thế phải mất. Không cứng không mềm, đó là đạo thường”.

  11. #10
    Passionné du Việt Nam Avatar de ngjm95
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    Merci à tous de rafraîchir mon vocabulaire!

    Citation Envoyé par DédéHeo Voir le message
    La semaine dernière, il y a eu un incident particulièrement grave : La marine chinoise à officiellement tiré sur un bateau de pêche vietnamien.
    Voici les photos

    The coupable

    Vietnam To Receive Advanced Russian Sub in 2013 | Flashpoints

    C'est assez vague comme date! Peut-être est_il dans le sillage des bateaux russes en visite de courtoisie ?

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