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Discussion: [Vo Vietnam] manifestation en hommage au Maître NGUYEN Duc Moc

  1. #1
    Jeune Viêt Avatar de discusaigon
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    Par défaut [Vo Vietnam] manifestation en hommage au Maître NGUYEN Duc Moc

    Bonjour,

    je copie colle pour information ce message d'un autre forum :

    Le vô vietnam de maître Nguyen Duc Moc - Voir le sujet :: Kwoon.info!

    le site de l'école :

    Fédération Internationale de Võ-Viêtnam - Ecole Son Long Quyên Thuât

    Le week-end du 19-20 décembre 2009 est organisée une manifestation en hommage à notre Maître NGUYEN Duc Moc dans les structures de :

    L’Alsace de Bagnolet
    5, rue des Loriettes - 93170 BAGNOLET
    Station de Métro : GALLIENI

    Le programme sera le suivant :

    Samedi matin :
    Entrainements : Professeurs-Aide moniteurs : 9 heures-10 heures
    Elèves 10 heures-11 heures 30 (ouvert aux débutants et aux enfants)

    Samedi après midi :
    Entrainements : Professeurs-Aide moniteurs : 14 heures 30-15 heures 30
    Elèves 15-30 heures-17 heures (ouvert aux débutants et aux enfants)


    Dimanche matin :
    Entrainements : Professeurs-Aide moniteurs : 9 heures-10 heures
    Elèves 10 heures-11 heures 30 (ouvert aux débutants et aux enfants)

    Dimanche après midi : Démonstration ouverte au public à 14 Heures.

    Le prix du stage est fixé à 20 euros pour les pratiquants, il s’agit d’un tarif forfaitaire payable pour l’ensemble du week-end.
    La démonstration ouverte au public est gratuite.

    Ceci est un évènement qui réunira les pratiquants de tous les courants issus du maître Nguyen Duc Moc, Vo Son Long, école nationale de Vo Vietnam, école française de Vo Dan Toc, Fédération internationale du Vo Vietnam.....et sera encadrée par les responsables techniques de ces écoles.

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  3. #2
    Jeune Viêt Avatar de discusaigon
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    Par défaut

    hello


    Je me suis permis d'extraire tous les posts relatant l'histoire du maitre Moc à partir du post "Vo Vietnam du maitre Nguyen Duc Moc" du forum Kwoon.




    Bonjour à tous,
    Assez proche du maître Moc avec qui je travaille depuis plus de 20 ans, je me suis rendu 5 fois au Vietnam dont 2 fois plusieurs mois en petit comité avec maître Moc (ainsi que ma femme).

    Le maître Moc est agé de 93 ans approximativement , lui même ne le sait pas avec exactitude car à l'époque au Vietnam les recensements étaient pour le moins aléatoires et de plus le maitre a plusieurs fois "modifié" son âge ,par exemple lors de son engagement chez Renault il aurait "vieilli pour accéder plus vite à la retraite.....

    Actuellement je le rencontre toutes les semaines et partage avec lui des moments "simples" de la vie quotidienne, il est pour moi plus qu'un maître c'est mon véritable père car mon père génétique est mort alors que j'étais jeune , c'est le maitre Moc qui m'a aidé à forger mon caractère, qui m'a éduqué et je lui dois beaucoup....

    J'éprouve un grand respect et une reconnaissance sincère envers tous les "anciens" grand frères qui ont contribués à propager cet art .

    C'est très modestement que j'affirme que bien peu de disciples on eu accès à l'enseignement direct de maître Moc car il est très méfiant, "frôlant la parano" il c'est toujours entouré de mystère et d'une grande distance vis à vis de ses élèves.

    Christian (son fils), Klody Lemoine, Dominique Cosien, Edgard, François Landes, Philippe Bertec et Thierry Dijoux,Renné, Xavier et Damien Nguyen sont sans doutes parmis les disciples les plus avancés l'ayant cotoyé ( désolé si j'en oublies).

    Chaqun de ces élèves a continué l'enseignement et la recherche créant parfois une école ou fédération en relation avec l'école Son Long Quyen Thuat, Klody par exemple enseigne et pratique plus de 4 heures par jour à plus de 60 ans.Sa pratique n'est plus exactement conforme à celle que Maître Moc à enseigné mais il est d'une forme et d'une efficacité impressionnante et conserve toujours son attachement au Son Long.Il a assimilé les enseignements reçus et a créé son style qui est magnifique et redoutable d'efficacité bien que difficilement accessible à moins d'y mettre sa vie entière.

    Actuellement la F.I.V.V. dont je suis responsable technique continue et perpétue l' enseignement du Maître Moc, qui malgré son âge avancé nous accompagne toujours lors de nos stages, voyages, démos....

    Etant immergé dans ce style et cette école qui est le centre de ma vie, mon travail ma passion je suis volontier à disposition pour répondre aux questions concernant le maître Moc , la technique de l'école Son Long Quyen Thuat etc. et échangerai volontier avec tous sur ce sujet.

    Meilleurs voeux, cordialement Olivier.

    Comme le sujet parle du maitre Moc et que j'ai la chance de le cotoyer depuis 20 ans voici quelques infos sur sa vie (comme c'est long 94 ans je le ferai en plusieurs fois....) que j'ai glanée au cours de nos longues discussions, je n'ai pratiquement pas de dâtes exactes mais la chronologie sera respectée je l'espère.

    Maître Nguyen Duc Moc est né dans le Nord du Vietnam dans un petit village de la commune Bo Son , district Yen The , province Bac Giang, à l'époque (officiellement 1913) le Vietnam est divisé en trois parties Annam, Cochinchine, Tonquin, c'est une colonie Française.

    Sa famille exploite une ferme et vend des fruits, sa mère à créé une léproserie dans les montagnes avec l'argent que son père à gagné en France pendant la guerre 14/18 où il était infirmier.

    C'est son oncle qui dirige le village occupé entièrement par des membres de sa famille, anciennement cette région était habitée par des bandits et l'oncle et ses frères les ont combattus puis expulsés.

    Ils ne sont ni particulièrement riches ni pauvres et subviennent facilement à leurs besoins grace à la ferme, toute la famille pratique et étudie le Vo familial ainsi que le Vo Bac Ninh, ce n'est pas son père mais son oncle qui enseigne, c'est un maitre très dur et impitoyable, il est responsable de tout le secteur et prépare activement la "révolution" contre les français.

    Le jeune Nguyen Duc Moc montre rapidement des prédispositions pour le Vo , il s'entraine surtout avec son grand frère Nguyen Duc Chi et comme à l'époque l'étude du Vo est strictement interdite par le gouvernement français les leçons ont lieu dans une grotte au pied de la montagne Son Huan Long (montagne du retour du dragon) ressemblant à une tête de dragon, les montagnes alentour formant le corps......
    C'est en souvenir de cet endroit que bien plus tard lorsqu'il créé la Fédération du Vo Vietnam il nommera son école Son Long Quyen Thuat ( école de combat du dragon des montagnes.)

    Le village est souvent attaqué par des pillards, nombreux dans cette partie du pays et lorsque sonne l'alarme , tous , jeunes et vieux saisissent bâtons, fléaux, faucilles, pierres et vont défendre leur bien
    Le maitre se souvient avoir repoussé avec son jeune frère une douzaine de bandits alors qu'ils étaient restés seuls, ils ont retiré le petit pont d'accès à la ferme et Moc les a bombardé de cailloux que son petit frère lui fournissait .
    Grace à l'entrainement quotidien à "l'étoile filante" (une lame en forme de feuille reliée à une corde d'environs 2m50, arme de prédilection du maître son poignet et sa précision étaient redoutable.....

    (suite plus tard si cela vous intéresse.....)

    Suite jeunesse maître Moc.( Pour Chris au moins!....)

    Le jeune Moc passe la plus grande partie de son temps à s'entraîner et se bagarrer, il se décrit lui-même comme un "jeune homme des lacs et des rivières" ne ratant jamais une occasion de tester sa pratique.
    Avec son frère ils visitent régulièrement les petites écoles de Vo locales et provoquent les pratiquants dans l'espoir de rencontrer un maître et d'apprendre des techniques supérieures, lorsqu'il prend une correction il attend le moment propice, parfois plusieurs mois après pour se venger.

    Un inspecteur au service du gouvernement vient pour inspecter le village, la production d'alcool de riz est interdite et sévèrement réprimandée pourtant chaque famille fabrique son alcool en ayant bien soins de cacher les réserves.
    Ces inspecteurs parcourent les rizières flairant l'odeur d'alcool afin de dénicher les "planques".
    Comme il se rapproche de celle de la famille du maître Moc, celui-ci décide avec ses frères de lui tendre une embuscade et de l'attaquer (il n'a pas 11 ans!).
    L'inspecteur est un coriace et les enfants ne font pas le poids , un par un ils fuient sauf le jeune Moc qui tente par tout les moyens d'atteindre l'adulte qui utilise son vélo comme bouclier improvisé, il capture Moc et le met en prison sans autre forme de procès, le maître passe trois jours et trois nuits sans manger, les jambes emprisonnées dans une cangue si lourde qu'il ne peut la bouger et doit rester assis immobile.
    Finalement sa mère le retrouve et parvient à le faire libérer moyennant un substantiel pot de vin.

    Les premiers soulèvements anti francais ont lieux et des mesures de sécurité sont prises, un seul gros couteau par village sera autorisé pour couper la viande, il doit être relié à un gros billot par une chaîne bien en vue sur la place du village.
    Certains maître de Vo pratiquent alors leurs quyens immergés dans les rizières ce qui donnera naissance à une véritable technique d'entrainement.

    Des réunions des dirigeant révolutionnaires de la région ont lieu régulièrement dans la ferme car l'oncle est le responsable du secteur. Ces réunions sont tenues secrètes , la petite nièce du maître âgée de 5 ans rentre par inadvertance en pleine séance.
    Immédiatement sa tante la saisi, lui confectionne un petit balluchon et l'emmène dans les montagnes chez les Mons(ou les to ?), une ethnie vivant en autarcie , l'oncle l'aurait éliminée sans hésiter pour ne pas mettre en péril ses camarades car les policiers interrogent les enfants sans ménagement afin de débusquer les rebelles.

    Le maître profitera des visites à sa nièce pour étudier les coutumes des montagnards, il apprend les rudiments de la chasse à l'arbalète ainsi que la confection de certains poisons qui mélangés à de la poudre sont lancés dans des courants afin d'atteindre les oiseaux.Il admire l'ingéniosité de ces gens simples qui connaissent et utilisent toutes les ressources de la forêt ne se rendant en ville que pour acheter du sel une ou deux fois l'an.

    Son oncle l'envoie étudier le Vo Thuat Gia Truyen (art martiaux de tradition familiale) ainsi que le Vo Nghe (stratégie) à Quang Nguyen plus au Nord, il prendra également des cours de calligraphie sans grand enthousiasme.

    De nombreux tournois improvisés ont lieux.
    On combat parfois sur des poteaux, sur des filets, sur des rings improvisés où sont disposés des cerceuils afin d'impressionner les spectateurs.
    Pas de règles pas de limite de temps parfois cela finit de façon tragique, Duc Moc et Duc Chi y participent et usent de leur complicité pour détourner l'attention de l'adverssaire , parfois ils jettent discrètement des graines rondes et très dures sur l'aire de combat ( il se sont longuement entrainés à bouger ainsi) afin de faire chutter l'autre combattant.
    Pas de Dao Duc (voie de la vertu) pour ces deux-là, ils cherchent à vaincre sans concession.


    Suite de la suite de la jeunesse de maître Moc.

    Le maître et son frère continuent à étudier le Vo tout en aidant à l'exploitation de la ferme, il recherchent un maître compétant afin de progresser d'avantage, ce qui est difficile car à cette époque le Vo est pratiqué en secret et les maîtres ne diffusent pas volontiers leur enseignement , les secret d'école sont jalousement gardés.

    Moc provoque un expert de Bin Dinh et s'en sort de justesse, il voit parfois passer des Vo Su solitaires vivant retirés dans la forêt et n'ayant pour tout bagage qu'une épée mais personne n'ose les approcher ni les interpeller ;ces maîtres ont une réputation terrible et ils consacrent leur vie entière à l'étude sans se soucier du reste.

    Un de ces jeune maître se nomme Hoang Hao Ba il a étudié le Thieu Lam Quyen (Shao Lin Quan) en Chine dans une pagode nommée Ma Duong Cong (école du cheval céleste), c'est un moine itinérant qui vit de la vente de ses médicaments, il voyage de village en village avec quelques élèves organisant des démonstrations mêlant acrobaties, casse, exercices de Noi Cong (il se tord des barres en fer sur la nuque) ainsi que des spectacles martiaux .Lorsqu'ils arrivent sur une place, ils tendent une corde, battent le tambour et effectuent leur spectacle, puis le maître propose ses pommades et onguents et soignant également certains malades.Le reste du temps il part en forêt préparer ses remèdes et étudier l'art martial.

    L'oncle de Moc décide de "piéger" ce jeune maître que personne n'a réellement vu combattre afin de vérifier si sa réputation n'est pas usurpée.
    Comme il est de notoriété publique que maitre Ba aime bien les femmes, il fait courir le bruit dans le village voisin ou tous les habitants pratiquent le Vo que le jeune médecin tente de séduire une jeune et innocente demoiselle.
    Les frères et cousins de la prétendue victime décident de donner une bonne correction à ce moine présomptueux, ils l'attendent sur la place du village le jour du marché afin de lui régler son compte.
    Moc, son frère et son oncle attendent non loin de là afin de profiter du spectacle.

    Hoang Hao Ba arrive portant deux paniers de médicaments sur une palanche, les assaillants s'approchent, maitre Ba sent le danger et il balance instantanément ses paniers ne conservant que la palanche et sans hésiter il affronte les 6 lascars qu'il met hors combat à grand coup de bambou avec une facilité déconcertante sans prendre un seul coup.
    Moc est subjugué et lui qui n'a jamais baissé la tête devant personne se jette à genoux devant ce maître le suppliant de l'accepter comme élève, Ba méfiant refuse.

    Un peu plus tard,l'oncle charge sa fille adoptive, une orpheline qu'il a recueillie à la mort de ses parents et qui est très jolie de l'inviter à passer quelques temps dans la demeure familiale (on attrape pas les mouches avec du vinaigre!) le jeune maître accepte et l'oncle organise une petite démonstration ou Moc et Chi démontrent leurs capacités martiales.
    Hoang Hao Ba est convaincu , il prend les deux frères comme disciple.

    Suite des suites....merci pour les encouragements.

    Le maître Moc a 16 ans, il est le disciple de maître Hoang Hao Ba nous sommes en 1929.
    Maître Ba a sept disciples dont deux filles, ils vivent comme frère et soeur et parcourent le Nord du Pays, allant parfois jusqu'à Hanoi le maître n'enseigne pas de façon formelle et c'est en l'observant , en l'écoutant que peu à peu Moc, Chi et leurs frères de Vo apprennent , le maitre est dur, intransigeant et ne pardonne aucune erreur.
    Moc le rebelle en fait les frais, comme il est le "petit dernier" c'est lui qui écope toute les corvées.... le premier élève (le plus ancien) dirige les six autres, c'est également lui qui enseigne les taos qui sont la seule façon d'apprendre la technique, pas d'applications, d'étude de combat, uniquement des taos que l'on répète inlassablement à l'élève de comprendre ce qu'il pourra.
    Souvent le maître Ba le frappe sans expliquer , il mémorise les "points d'anatomie" de cette façon et tente d'appliquer les techniques lors des rencontres et des nombreuses confrontations avec d'autres pratiquants afin d'en éprouver les effets.

    Un jour Duc Moc insulte le premier élève pour une histoire de salade mal nettoyée, le maître Ba l'entend, il lui tend alors le couteau qu'il utilisait pour couper des racines lui disant que si il n'est pas contant il doit se battre et non pas miauler comme un chat.
    Sans hésiter Moc bondit sur son grand frère cherchant à lui planter le couteau dans le ventre, le disciple esquive saisis son poignet et le force à planter l'arme dans sa propre main.
    Grièvement blessé Moc saigne abondamment Hoang Hao ba sans pitié le jette hors du camp ne l'autorisant à revenir qu'une fois soigné.Le maître passe plus d'un mois seul dans la forêt comme un animal.

    Plusieurs fois dans l'année les frères se séparent et retournent dans leurs familles où vont étudier seuls.Moc et Chi en profitent pour faire les "quatre-cent coups"

    A Hanoi où se côtoient toute sorte d'aventuriers, marins, militaires etc. se déroulent des tournois clandestins où l'on parie beaucoup, les bagarreurs de tout bords viennent tenter leur chance.Ces combats se font sans gants et sans règles précises.

    Moc y retrouvera le champion de Bin Dinh nommé Tigre Noir (Je ne sais pas si il s agit du même que sur certains posts du forum.Je l'ai rencontré en 93 il devait avoir 80 ans.) champion de boxe d'indochine six années consécutives.
    Il tient sa revanche et a beaucoup réfléchi, il feint la faiblesse et profite de l'excès de confiance de son adversaire pour lui briser un pied, un autre jour il sera vaincu par un boxeur tellement dur qu'aucun coup ne semble porter bien qu'il le touche de multiples fois.
    Plus tard lorsqu'il raconte sa défaite à maître Ba , celui ci lui énonce un simple poème en faisant un geste de sa main, Moc y pense jour et nuit et commence à élaborer sa stratégie de combat basée sur l'attaque des bras et des jambes afin de détruire les armes de l'adversaire, il retourne à Hanoi où il affronte à nouveau le géant français en triomphant cette fois-ci.

    Peu à peu le maître Ba se rapproche de Moc et surtout de son frère Chi qui est un virtuose un enseignement plus personnalisé commence mais Moc n'étudie pas tout, les endurcissements (Chemise de fer) ne l'intéressent que peu, sa stratégie étant d'attaquer ce qui est mou avec ce qui est dur, il n'étudie pas la médecine à fond ne se préoccupant que des méthodes utiles pour se soigner lui-même ainsi que la pharmacopée qu'il peut se procurer dans la forêt
    Ba lui propose un médicament très efficace qui endurcit durablement la peau mais qui rend stérile, le maître accepte et passe deux jours dans un tonneau empli d'un liquide nauséabond.
    Un été , ils traquent et tuent un tigre à l'arbalète . Ils le laissent plusieurs semaines dans une rivière jusqu'à ce que le squelette soit entièrement nettoyé, ensuite ils tronçonnent les os , les mettent à bouillir plusieurs jours jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une "pâte" indéfinissable mélangée à d'autres substances, Ba confectionne une pommade aux vertus multiples.
    (que rigoureusement ma mère m'interdit de nommer ici....).

    En Europe la guerre menace, au Vietnam la révolution se prépare et de nombreux réseaux sont organisés, la famille du maître moc est très active dans cette lutte secrète, les Frantoches arretent Duc Chi soupçonné de sympathie avec le jeune mouvement communiste.


    Etc.............


    Sous les multiples pressions de la famille Chi est libéré, la situation est tendue et suites aux premières manifestations de révolte la surveillance , les contrôles et arrestations des français et fantoches s'intensifient.
    Nguyen Ai Quoc le futur Ho Chi Minh à fondé le parti communiste du vietnam dont l'objectif est : renverser l'impérialisme français et le féodalisme pour reconquérir l'indépendance du pays.
    Ce mouvement rencontre un vaste succès surtout chez les paysans et les classes défavorisées n'ayant accès à aucune forme d'instruction et souvent malmenées par des dirigeants sans scrupules, le clan de Moc est chargé de l'organisation militaire révolutionnaire de leur district, l'oncle en sera le commandant.

    Lors d'une démonstration deux des disciples de maitre Ba sont blessés par maladresse, ils travaillent avec des armes réelles , un mauvais "timing" une lame dévie, une des soeur décèdera de la suite de sa blessure.

    La guerre éclate en Europe et le gouvernement Français mobilise un fort contingent en Indochine, de nombreuses famille de paysans incapables de payer les pots de vin exorbitants doivent envoyer leurs enfants servir la France, la famille du maître Moc n'y échappe pas et son frère Nguyen Duc To doit se présenter sous les drapeaux .
    Il est de tradition dans les familles bouddhiste que l'aîné reste auprès de l'hôtel des ancêtre afin d'y veiller, après de longues réflexions la famille décide que c'est Nguyen Duc Moc qui prendra la place de son frère. l'incorporation doit durer deux ans, cela éloignera Moc des tournois interdits et lui fera voir du pays, par un tour de "passe-passe" Moc prend l'identité de son frère .
    Le maître Ba lui donne un livre sur la technique , la médecine, des recettes de poisons , de médicaments, des techniques de fabrication de certaines armes et la consigne est de ne le montrer strictement à personne car c'est un ouvrage secret à ne pas mettre entre toutes les mains.
    La mère de Moc est très inquiète , elle va voir une voyante avec son fils, elle prédira un bon destin pour le jeune homme mais également une longue absence, le maître Moc ne reviendra au Vietnam qu'en 83 soit 44 ans plus tard.
    Peu après son départ pour la France Duc Chi sera à nouveau interrogé, il mourra mystérieusement d'empoisonnement, le maître Ba fortement lié d'amitié avec lui se fera capturer et fusiller, bon nombre des membres du clan trouveront la mort au combat soit contre les Français , les Japonais ou plus tard les américains.
    L'oncle sera tué alors qu'il attaque un blindé français avec un sabre, il partage le sort de nombreux maîtres du Nord vietnam qui se sont engagés d'un côté ou de l'autre , emportant avec eux l'héritage de bon nombre de vieilles écoles martiales.


    Suite donc.......


    Le maître Moc embarque pour Toulon avec les "Français d'outre-mer" que sont les régiments d'amanites de Tonkinois et de Cochinchinois encadrés par des officiers Français, les indochinois seront affectés principalement à des missions de génie , aménagement des routes , des ponts, tranchées,etc. ils ne participent que rarement au combats.

    La France étant occupée le bateau ne rejoindra finalement pas Toulon mais sera détourné après maintes péripéties sur L'Afrique à Brazzaville dans l'ancien Congo où le contingent indochinois rejoint les troupes Françaises libres de de Gaulles.

    Moc essaye d'éviter de s'exposer , très débrouillard il effectue de nombreuses petites missions qui l'éloignent du gros de la troupe, il y a plusieurs pratiquants et maîtres de Vo incorporés comme lui et parfois des bagarres éclatent.
    Alors qu'il nettoie une assiette le long d'un tuyau percé , un autre soldat le bouscule placant son assiette au dessus de celle du maître, qui le bouscule à son tour , le gêneur tente de le frapper avec son assiette, Moc bloque le coup. l'assiette continue sa course et se fracasse sur la tête du maître. Lorsqu'il voit couler du sang sur son visage la colère le submerge et il donne un coup de pied défendu au parties sans réfléchir , blessant grièvement le soldat, il s'en va sans demander son reste.
    Le sous officier et ami du soldat blessé est un maître, Moc l'ignore, dès qu'il apprend la bagarre il convoque Moc.
    Les vietnamiens ont pour habitude de régler leurs différents entre eux et les Français ferment les yeux.
    Moc se méfie du caporal qui le fait descendre à la cave et lui donne l'ordre de se mettre au garde à vous, Moc refuse croisant ses bras devant lui afin de pouvoir se défendre, le sous-officier lui assène une gifle foudroyante qui le laissera groggy un bon moment.

    Nguyen Duc Moc décide de se venger dès qu'une occasion se présente.Il observe le caporal qui regagne chaque soir son dortoir , passant devant les latrines, Moc s'y cache et profitant du bruit de l'eau, il balance son "étoile filante" à quelques mètres en direction du dos de son adversaire.
    Comme par magie au dernier moment celui-ci sent le danger et se jette au sol évitant la lame mortelle. Maître Moc comprend alors qu'il a affaire à un grand maître, il à déjà regagné son dortoir et effectue des exercices de respiration afin de ralentir les battements de son coeur, quelques minutes plus tard le caporal arrive posant ses mains sur le thorax de chaque soldat afin de trouver le coupable.Moc a ralenti son coeur mais il devine que le caporal n'est pas dupe, il décide de ne pas dormir dans son lit, fabrique un mannequin avec des couvertures et s'installe dans un angle mort de la pièce.
    Quelques heures plus tard une ombre furtive pénètre dans le dortoir et tire quatre coups de revolver sur le lit où Moc est supposé dormir puis s'enfuit.
    Profitant de la panique dans le dortoir Moc se recouche dans son lit encore fumant et n'en sort qu'une fois la lumière allumée sous le regard stupéfait des autres soldats.
    Dès qu'il le peut Moc se fait affecter dans un autre bataillon car il redoute la vengeance du caporal. En 89 lors du voyage de la fédération au Vietnam il nous demandera de bien "surveiller tout" dans la région de Nha Trang dont le caporal est originaire car il pense que s'il est toujours vivant il essayera de le supprimer.

    Moc est rattaché à un groupe de chauffeur où il apprendra un peu la mécanique, la troupe effectue toute la campagne d'Afrique, lors d'un déplacement deux avions allemands survolent le convois, les hommes se précipitent à couvert sur le bord du chemin.
    Duc Moc aperçoit une mitrailleuse "Hotchkiss" fixée à l'arrière d'une jeep, il grimpe et tente sans succès d'abattre un des avions, lesquels font demi-tour et larguent deux roquettes non loin des soldats viets.

    Le maître Moc sera décoré par le commandement Français, alors que les soldats de son groupe menacent de l'éliminer si d'aventure il recommence.


    Suite.....

    Le maître Moc participe à la libération française , il a découvert les joies de la vie militaire, des bandes molletières et du "singe" en boîte.
    Il s'entraîne seul, souvent la nuit , lors d'un déplacement en bateau suite à un bombardement le pont prend feu, c'est la panique , Moc brûle le livre de son maître au cas où il serait pris, fausse alerte , tout le monde s'en sort indemne, le livre est perdu à tout jamais.
    A la fin de la guerre les indochinois sont "spécialisés" dans le déminage , c'est un travail dangereux , les mines de l'époque dégagent parfois un gaz brûlant qui peut rendre aveugle.
    Moc tente de tomber malade afin d'y couper, il passe une nuit entière les deux pieds dans un baquet d'eau glacée sans succès, finalement il se laisse tomber d'une tour d'entrainement pour parachutiste sans se retenir.Il se brise deux dents, se luxe une épaule et souffre de multiples contusions, il échappe ainsi à la corvée.

    Il combat un pratiquant de savate et de canne qu'il a rencontré par hasard et qui a appris avec son père , c'est un bon combattant , ils deviendrons amis.

    On parle de renvoyer le contingent indochinois au Vietnam théâtre de nombreux soulèvements, le maître ne veut pas combattre contre ses frères, il déserte et se débrouille pour changer d'identité, il se cache dans un camp de réfugiés vers Marseille.
    L'ambiance du camp est électrique car toutes les tendances politiques y sont mélangées.
    Un soir une grosse bagarre éclate, les bandes rivales règlent leurs compte, un Trotskyste tire dans le tas avec un revolvers , les balles sifflent , Moc saisis un assaillant et lui place le mouvement du gibbon qui porte un cochon, utilisant son adversaire comme bouclier il traversse le camp et s'enfuit.
    Il part à Aubervillier rejoindre un ami vietnamien médecin, il habitent ensemble, Moc lui enseigne le Vo contre des leçon d'anatomie et de médecine, il parvient à se faire engager chez Berliez comme aide mécanicien, ayant gardé des contacts avec les réseaux communistes vietnamiens en France il participe activement à la protection de membres importants du mouvement pour la libération du Vietnam ainsi qu'à des "coups de mains" , manifs ou contre-manifs.
    Il profite de l'accès aux ateliers pour se confectionner des armes artisanales , il porte une lame souple affûtée comme un rasoir autour de sa taille ainsi qu'une collection de billes en plomb remplacée parfois par des "carrés" de taule bleue qu'il lance comme des étoiles .

    Berliez devient Renault, Nguyen Duc Moc rejoins Paris.Il travaille dans les fonderies.
    Il n'a jamais eu l'idée d'ouvrir une école et se garde de dire qu'il pratique le Vo, il n'enseigne qu'à des proches amis vietnamiens toujours en secret.
    Il rencontre la soeur d'un de ses collègues de fonderie, Paulette , mère de deux petits enfants, Christian et Arlette , il l'épouse et commence à faire travailler Christian et sa soeur tous les jours, à la baguette, il agrandira son cercle d'élève à quelques amis dont son beau-frère.Les cours ont lieu en plein air où dans l'appartement où l'on pousse les meubles.

    La guerre fait rage au Vietnam et les activités du parti communiste Vietnamien s'intensifient, Moc est "l'homme de main" du P.C.V (là je me fie aux renseignements de Christian son fils car le maître ne répond jamais au questions concernant le P.C.) sur Paris, sa femme se fera licencier du ministère de la défense à cause de son appartenance au P.C. la famille participe à de nombreuses réunions meeting et manifestations.

    Salut, dès que j'ai du temps je continue les anecdotes de la vie du maître Moc.

    Pour les questions de l'origine des techniques du Vo Vietnam, le maître Moc a recherché toute sa vie il a testé , observé chaque technique qu'il a rencontré et il ne c'est jamais limité.
    C'est une constante évolution, pour lui tout les am sont du Vo.
    Lorsqu'il a vu les premières écoles japonaises ainsi que les écoles de boxe, il a intégré certaines méthodes d'enseignement qui n'existaient pas au vietnam où l'on ne faisait que des Taos , son seul intérêt ? que cela marche , il a donc composé des séries des applications deux à deux.Il a structuré une technique afin de pouvoir donner un enseignement de masse alors que lui n'a été formé que dans des groupes très restreints à ambiance familiale.
    Il a enseigné de différentes façons à différentes époques, par exemple lorsque j'ai montré les techniques de débutant actuelles à son fils il a tout de suite reconnu les techniques des profs de son époque!
    Le maître est extrêmement méfiant, il a limité ses élèves , laissé déformer certains mouvements ,changé de forme de salut puis changé à nouveau , Il c'est également adapté au mental et aux capacités physiques des "français" qu'il trouve assez forts mais fainéants , les Taos d'origine qu'il a étudié sont tellement longs qu'il en a extrait des principes et créé de nouveaux très basiques.
    Il a poussé certains d'entre nous (Philippe, Thierry, Xavier , Damiens, moi ) à créer des taos, des combats préparés, des programmes techniques, son idée et que si tu bosses tu comprends et tu es capable de tout faire, il existe un alphabet universel dans le Vo mais également dans chaque discipline martiale si tu connais l'alphabet tu peux t'exprimer.

    Mon avis est que dans cette technique il y a un peu de toutes les expériences et recherches du maître, si tu connais notre programme et si tu as l'occasion de voir le livre ma méthode personnelle de Kawashi (Ortho?) tu seras sans doutes très surpris des similitudes avec les techniques de Vo Tu Ve de notre école.

    Pour le jeune maître Ba pas moyen d'en savoir plus pour l'instant mais je ne désespère pas.....

    Suite de l'histoire du maître Moc.......(dans le post précédant j'ai parlé d'Aubervillier alors que c'était Villeurbanes.Sorry.)

    Le maître travaille à la fonderie chez Renault, c'est un travail très pénible qui lui permet d'éviter les trois huit et d'aller donner des cours sur l'île de Puteaux le soir à un petit comité d'élèves très proches de lui et majoritairement vietnamiens, il forme également son fils et sa fille tous les jours à tout moment , parfois il tire les meubles de l'appartement, parfois ils sortent dans des parcs.

    Moc a deux personnalité, l'ouvrier discret et débrouillard pour ses collègues, combattant impitoyable et sévère pour ses quelques élèves, il est redouté dans toute la communauté vietnamienne et peu à peu on lui donne le nom de maître qu'il n'a jamais revendiqué.

    Il s'intéresse à une nouvelle discipline arrivée à Paris , le judo , il rencontre et provoque un japonais 6èm dan qui est le fils ou le disciple (maître Moc utilise le même mot.) de maître Kawaishi.

    Le combat à lieu dans une petite salle discrète, au premier assaut le Japonais traine Moc au sol et lui place une clef de jambe lui fissurant le fémur, le maître avant de tomber a touché la main de son adversaire et l'a brisée.
    Le Japonais ignore que sa technique a réussi, il voit sa main difforme , se relève accompagné de Moc qui serre les dents mais ne laisse rien transparaître de sa douleur, il croise les bras , s'appuie sur sa jambe valide et ne bouge plus.

    Le 6èm Dan s'incline en déclarant avoir perdu le combat, Moc le laisse partir et attend que la salle soit vide avant de boiter jusqu'aux vestiaires où il se soigne lui même tant bien que mal.
    Par la suite conscient de l'efficacité des techniques japonaises au sol il étudie tout le programme du judo.

    Au travail, un jeune adolescent dont le père vient de se faire licencier entre dans l'atelier fou de rage avec un couteau afin de tuer l'ancien contremaître de son père.
    Moc se précipite, désarme le jeune homme , l'immobilise et lui parle longuement afin de le calmer et d'éviter qu'il ne fasse une grosse bêtise, finalement tout rentre dans l'ordre.

    Le contremaître se prend d'affection pour cet ouvrier vietnamien et ferme les yeux sur ses activités "extra-professionnelles" Moc , en plus de la fabrication d'armes artisanales, afin d' arrondir ses fins de mois coupe les cheveux de ses collègues et leur cuisine de bons petits plats pendant les pauses
    , fatigué par ses entraînements nocturnes et son rude travail, il disparaît parfois quelques heures laissant son boulot afin de faire la sieste sur le toit du bureau de son contremaître.

    Moc n'a pas que des amis, la défaite de la France en Indochine , les nombreux jeunes français prisonniers des camps vietnamiens après la chute de Dien Bien Fu sont présent dans bien des pensées et le jeune maître doit souvent faire face à des provocations racistes.
    Un jour les menaces accompagnent les injures , le maître habituellement fuyant se retourne, il est encerclé par sept ouvriers sans réfléchir il frappe , tourne , frappe , frappe et frappe encore , mettant hors combat tous ses adversaires sous les yeux médusés de ses deux amis qui n'ont pas eu le temps de bouger, les agresseurs fuient en emportant leurs collègues blessés.
    Suite à ce combat le maître accepte d'entraîner certains des ouvriers de chez Renault à condition qu'ils s'engagent pour la paix au Vietnam.
    Les cours ont lieux dans les bois à Boulogne Billancour, il commence à structurer son enseignement par des séries et des taos.
    Un embrion de la future fédération du Vo Vietnam est créé sous les conseils avisés d'un ami du maître qui se nomme Ziao et pousse Moc à organiser son école, le premier sigle du dragon avec les trois montagnes voit le jour, ainsi que la devise (Dao Duc) de l'école Son Long Quyen Thuat: La voie de la vertu est notre fondement, loyauté, civilité , sagesse, sont nos guides.

    Des démonstrations ont lieux à la sortie de l'usine et peu à peu le nombre d' élèves augmente.
    Christian et Arlette aident leur père à enseigner , malgré leur jeune âge ils possèdent de grandes qualités martiales.
    A la suite d'un combat avec Christian qui se laisse frapper sans broncher jusqu'à un signal de son père où il donne le coup de pied de la patte du dragon stoppant net l'assaut , ainsi qu'un combat avec Arlette qui lui brisera deux côtes (elle à 14 ou 15 ans ) que Klodi Lemoine un jeune Karatéka rejoint la nouvelle fédération du Vo vietnam.
    C'est le premier élève du maitre Moc qui a reçu un diplôme supérieur définitif (en 1992) , il vit actuellement à Miami où il enseigne et pratique quotidiennement

    Un vietnamien se présentant comme un maître de Vat (lutte) proclame qu'il est capable de supporter un étranglement de judo, un judoka l'étrangle et le tue.
    Suite à cet évènement tragique un article sort dans le bulletin
    d'information de Renault déclarant qu'il n'existe pas d'art martial vietnamien.
    Le maître Moc décide de récupérer les élèves du maître de Vat , pour les convaincre il les combat un par un , Gérard Dijoux, le père de Thierry actuel responsable technique d l'école nationale du Vo Dan Toc est l'un d'entre-eux.


    suite de l'histoire du maître Moc......

    Voici quelques dates afin de cerner le contexte de la naissance de la fédération du Vo Vietnam....

    -19 Novembre 1946 début de la guerre d'Indochine.
    -21 Juillet 1954 signature des accords de Genève (retrait des Français ).
    -29 Juin 1966 premiers raids US sur Hanoi.
    -30 Avril 1975 capitulation du Sud Vietnam.

    Le 15 Novembre 1957 le maître Moc créé la Fédération du Vo Vietnam en France, c'est une association étrangère non commerciale à but sportif et culturel , officiellement ouverte à tous bien qu'à l'époque le maître exige un engagement écrit mentionnant que l'élève soutient le mouvement pour la paix au Vietnam.

    Dans les années 60 la politique est une affaire sérieuse et chacun y va de ses convictions, le climat est tendu , les évènements du Vietnam, la peur ou le désir du communisme sont à l'origine de bien des débats, manifestations et prises de positions diverses.
    Le maître souvent accompagné de son fils prend part à de nombreux affrontements.
    Christian se voit confier des missions ayant pour but d'éloigner ou pire..., certains opposants au régime dans les manifestations, des hommes qu'il ne connaît pas mais à qui son père obéit aveuglément lui montrent des photos des personnes à "calmer", il profite de son jeune âge pour s'infiltrer en douce, il dissimule une matraque dans une baguette de pain.
    Pour lui c'est comme un jeux il a 14 ans et ne comprend pas ce qui ce passe, il est éduqué à la dure et obéit sans poser de questions.
    Les membres de la jeune fédération sont pratiquement tous impliqués politiquement et les délégation Vietnamiennes de passage à Paris sont confiée à la protection des Vo Sins.

    A Marseille où tente de s'installer une forte communauté Vietnamienne éclate une véritable bataille rangée, les gens de la pègre Marseillaise ont voulut chasser ses "bridés" du port, le lendemain de tout les coins de France des vietnamiens rappliquent, Moc s'y rend avec un marteau n'étant pas considéré comme une arme s'il se fait arrêter.
    La bagarre dure toute la nuit, au matin les Viets ont définitivement acquis droit de cité à Marseille.

    L' école se développe trois tenues font leur apparition, bleu pour les élèves, marron pour les professeurs et noire pour les élèves prof.
    Par la suite il abandonne cette dernière par superstition, le noir représentant la mort.

    Des salles se développent dans Paris, le siège social est à Bagneux où il loge avec sa femme et ses enfants dans les appartements de renault ( il y habite toujours.)

    Il y a une section à Puteaux au club Lèo Lagrange , à Fresnes à Clos la Garenne, à Bagneux Gymnase Joliot Curie, à Paris à la maison de la culture et la jeunesse et à la Cour des petites écuries dans une salle de boxe où le maître à tout loisir d'observer les boxeurs.
    Il apprécie leur condition physique et leur résistance , sur le ring où ils évoluent sont disposés dans les coins des seaux où les boxeurs vont se moucher, le soir il sont emplis de sang.

    Depuis 1956 les congés payés ont passé de deux à trois semaines les Français ne voyagent pour ainsi dire pas hors de France.

    Le maître profite d'organiser des stages l'été le mois d'Août au bord de la mer à Houlgate puis Jarre sur mer un stage revient en moyenne à 3fr par jour avec une réduction de 10% si inscription à l'avance.
    Klody, le jeune Dominique Cosien , Eddgard, et bien d'autres sont de la partie , les cours durent 2h30 le matin et 2h00 l'am, plus des séances pour les professeurs.
    Le maître s'entraîne comme à son habitude la nuit seul ou très tôt le matin afin que personne ne l'espionne, il ne mange que ce qu'il se cuisine et son fils le décrit à l'époque comme un véritable ascète, droit et respecté par tous , c'est Christian qui encadre les cours peu à peu aidé de Klody puis d'autres professeurs, son père corrige de temps à autre et parfois combat mettant tout le monde K.O. à part les enfants et les demoiselles.

    Ses coups sont terribles et sa main parait dure comme une pierre, en général un seul coup lui suffit , les combats se font sans aucune protection à l'exception d'une courte période de port de coquilles vite interdites.

    Le Vo n'est pas un jeux, les Vo Sins doivent être attentif et se protéger efficacement, plus d'un quitte l'école après une "raclée" Moc ne rigole pas ce n'est pas une école théorique mais une école d'application où l'on doit être courageux.

    Bonjour,
    Concernant le texte sur la vie du maître Moc, je désire préciser que je raconte des fait sans aucune prise de position , les références à des évènements politique font à partie de l'histoire et permettent de mieux cerner ce personnage insaisissable .
    Je suis Suisse pur lait élevé au chocolat des vaches Milka et j'ai la chance d'avoir des amis de tous les bords, je suis conscient de l'horreur et de la souffrance liée à la guerre du Vietnam.
    La politique ne m'intéresse pas c'est le Vo qui m'attire et à l'heure actuelle nous pratiquons toutes tendances , opinions , statut social confondus.
    Je ne parle pas des AMV et n'aurai pas les compétences pour le faire.
    Je respecte chaque école, mouvance , maîtres , petits ou grands et ne parle que de la vie du maître Moc ce qui est déjà compliqué.
    Je remercie d'ailleurs nos "anciens" qui corrigent certaines inexactitudes.

    Au niveau du dernier post, après vérification le premier stage à eu lieu à Berck puis vinrent Oulgate etc. au niveau des anciens, les premiers profs non viet à l'exeption de Christian étaient Edgard, Renné Bonno , les jumaux (?) , Gérard Dijoux qui ouvrit en 66 une salle à Issy les Moulinaux.
    Dominique Cosien dit Coco est venu plus tard.

    Suite de l'histoire.....

    Nous sommes dans les années 60, les jupes raccourcissent et les cheveux s'allongent, 1961 construction du mur de Berlin , 1963 les Beatels envahissent les ondes.
    Un vent de folie souffle sur la jeunesse Française , la guerre froide inquiète , la fédération du Vo Vietnam se développe , de nombreux étudiants sont attiré par cette école Vietnamienne et de nombreuses sections se développent parfois elles ressemblent plus à des meetings anti guerre du Vietnam qu'à des clubs d'arts martiaux , Moc dirige , organise , structure sillonnant Paris au guidon de sa lambretta , il y a un "noyau dur" de pratiquants sérieux et une multitude d'élèves.

    En 68 c'est la "révolution" , les manifs , nombre de Vo Sins cherchent la plage , arrachant des pavés afin de les lancer sur les CRS...
    Un groupe d'élèves dirigé par Klody se fait arrêter au cours d'une manif avec des licences de la fédé en poche, ils ont planqués leurs bâtons courts sous des voitures , le maître est convoqué à la gendarmerie, il explique qu'il donne des cours de ballet Vietnamien sans aucun rapports avec le combat, ça passe!

    Par la suite il recevra régulièrement les visites d'un inspecteur de la sûreté qui viendra lui demander des conseils techniques sur les façons de combattre et qui lui fera visiter les locaux de la police et nottement des salles capitonnées pour les interrogatoires..

    Lors d'une autre manif , les CRS chargent , Moc envoie ses élèves se réfugier dans une bouche de métro, il retiendra à lui seul les policiers grâce à un petit fléau qui ne le quitte jamais.

    Tantôt décrit comme quelqu'un de très gentil, tantôt comme un "despote" le maître n'a pas un caractère facile et règle les différents de façon expéditive.
    Souvent tolérant avec les élèves peu impliqués dans la fédé , il exige obéissance absolue de ses disciples proches , il contrôle tout , laisse parfois certaines liberté d'action puis contrôle à nouveau.
    L'entraînement est spartiate , les combats rudes , les élèves doivent être des modèles de savoir vivre bien que lui ne montre pas toujours l'exemple , son efficacité en combat fait qu' on le suit aveuglément, où que l'on dégage.
    Les élèves apprennent à chanter (Vietnam Ho Chi Min..) organisent des repas, des conférences, des fêtes annuelles avec parfois des projections de films , les stages d'été regroupent sportifs et hippies , les genres se mélangent joyeusement , les repas sont collectifs, chacun doit cuisiner à tour de rôle, des joutes sont organisées (courses de sacs, tiré à la corde, etc.) l'ambiance de la fédé est un mélange d'atmosphère familiale et de baston.

    Christian qui habite chez son père travaille également comme ouvrier chez Renault , il donne toute sa paye à son père qui le forme à part avec quelques Vietnamiens, il le destine à reprendre l'école après lui .
    Lors d'un combat avec son père le maître lui déboîte la rotule , par la suite il doit verrouiller son genoux avec une main afin de donner des coups de pieds, ce qui ne l'empêche pas d'être redoutable en combat (à ma connaissance personne à part son père n'a pu le battre).

    Des élèves venus d'Italie organisent un stage dans leur pays pour former un groupe de combattants, il y a plus d'une centaine de pratiquants possédant déjà un bon niveau dans d'autres disciplines.
    le stage à lieu dans un camp en montagne gardé par des sentinelles armées , on ne lui demande d'enseigner que les techniques de "close-combat", il réalise qu'il s'agit de groupuscules d'extrême gauche se destinant à devenir terroristes.
    Certains de ces membres créent par la suite le mouvement la lutta continue puis les brigades rouges.
    Dès son retour Christian informe son père de la situation, le maître décide de se retirer tout doucement de l'Italie ce qu'il regrette car ce sont des pratiquants courageux mais pas question de former des terroristes.

    Christian rencontre une fille mère de deux enfants , il désire s'installer avec elle et demande l'autorisation à son père qui refuse.
    Christian passe outre et se fait virer de l'école avec interdiction d'enseigner , plus tard dans Paris il se fait tirer dessus à plusieurs reprise par des membres du réseau italien car il peut les identifier.
    Christian part au fin fond de la France et cesse tout contacts avec la fédération , il s'entraine seul et n'enseigne qu'à ses enfants.

    Les stages ont lieux en Vandée , Gérard Dijoux commence à les filmer en super huit , nous lui devons les premières images de la fédération.
    On y aperçoit en plus des "légendes" de notre école (Edgard, Malek, Renné, Coco , François Landes etc.etc.) deux enfants , Philippe Berteck et Thierry Dijoux qui font leurs débuts.

    Encore un petit bout.........

    Les années 70 approchent, Jimmy Hendrix enflamme Woodstock en jouant l'hymne national américain à la guitare électrique, il meurt l'année d'après ainsi que Charles de Gaulles , naissance du MLF , sur les écrans de cinéma un petit dragon puis un petit scarabée feront rêver plus d'un môme (j'en suis...).

    Dominique Cosien part en Malaisie chez maître Pong célèbre médecin de deux mètre pratiquant et enseignant le Saolim , d'autres le suivent à leur retour, ils frappent sur des pierres et travaillent les endurcissements ainsi que d'autres exercices spécifique à ce style.


    Le maître n'intervient que très peu dans l'organisation des stages et l'ambiance devient trop laxiste à son goût , il ne montre plus rien sauf à quelques disciples , lors d'un stage une votation est décidée pour savoir si les filles qui ont un copain doivent coucher avec les célibataires , il s'en faut de peu pour que les couples "stables" ne se fassent virer , les réunions, débats , fêtes nocturnes, s'en est trop pour Moc, il réunit ses profs pour leur expliquer la technique des trois coups et les démolis un par un, après la séance la petite colline où à eu lieu le cours est transformée en hôpital , Klody qui se souvient de ce jour mémorable m'explique que le maître à soigneusement choisi le lieu et l'ordre dans lequel il a combattu ses profs , prenant en premier le plus fort par surprise.

    Certain pensent que le maître a tout montré, ne sait plus rien, est trop vieux, , régulièrement ce discours revient à chaque génération , c'est une des facette de Nguyen Duc Moc , il limite, cache feinte utilisant ses élèves pour progresser , s'arrange pour maintenir le mystère puis intervient de façon foudroyante ou au contraire laisse pourrir les situations.

    Des professeurs quittent la fédération certains créent des écoles, impossible de les citer toutes , ( il y aura par exemple le Boeuf mironton!!! pour prendre le contre pied du Vo Vietnam on est dans une époque de remise en question des valeurs , le pouvoir au jeune, dehors les vieux cons )


    Klody part en Amérique, il va d'abord à Brooklyn où il est prof d'intervention dans des lycées, il doit intervenir lors des bagarres entre gangs , interdire l'accès aux jeunes armés, il étudie différents styles surtout d'interne et continue à s'entraîner et a enseigner le Son Long , puis s'installe en Floride ou le climat est plus doux , il développe une école ainsi qu'un institut de massage tout en travaillant comme videur.

    Dominique Cosien devient responsable en Europe de la fédération de Kung Fu (?) puis part également aux USA , il devient médecin et pratique également beaucoup l'interne , maître Pong parle de lui comme un disciple de bon niveau.

    Malek fonde la fédération Algérienne de Vo Vietnam , en France des sections s'ouvrent à St Etienne puis à Lyon sous l'initiative de Christian Descamp.
    Avant de quitter Paris le maître lui remet une arme spéciale pour défendre sa section , Klody à reçu la même , j'en ai hérité , voici sa description : un tube en acier creux de 80 cm de long traversé par une corde munie à chaque extrémités de grosses "boules d'acier" un mélange de bâton court, bolas , fléau que j'ai renoncé à manier car trop difficile et dangereux pour moi.

    Le Karate et le Full contact se développent et certains Français ont un très bon niveau , des confrontations ont lieux entre les différentes écoles dans Paris , ce ne sont pas de belles écoles fédérées d'une éthique respectueuse mais plutôt des "tête brûlées" aimant le combat et mélangeant joyeusement les genres plusieurs élèves du maître Moc se font démolir et mettent en doute l'efficacité réelle de ce qu'ils ont travaillé.

    Des salles s'ouvrent d'autres se ferment Philippe Berteck secondé par Thierry Dijoux prennent la direction technique de l'école , il s'entraînent beaucoup depuis tout gosse et ont un bon niveau.
    Une nouvelle équipe est en place , il y a Jean Denis Castro, Bruno Clavier et Martine , Gabriel qui à pratiqué du Kalaripayat (?) et qui manie le bâton ainsi qu'un fouet à plusieurs lames métalliques , Daniel Allamelon et bien d'autres.).
    Des pièces de théâtre martiales sont organisées, des démonstrations à la mutualité, à la fête de l'humanité et en 83 le premier voyage de la fédération au Vietnam.




    En 1973 Bruce Lee meurt d'en d'étranges circonstances.

    Une salle permanente s'ouvre bientôt rue Bichat à Paris grâce à Jean Denis Castro et sa femme.

    C'est une petite salle ressemblant à un magasin avec une petite pièce, une arrière boutique et une cour extérieure, cet endroit devient le coeur de l'école Son Long lieu de rencontre des élèves et professeurs de tous horizons.

    Le maître âgé de plus de 60 ans en parait trente malgré ses accidents de motos et les coups qu'il aime bien écluser , il dévore et étudie tous les ouvrages d'arts martiaux qu'il arrive à se procurer , sa petite cabane dans la cour regorge de livres , d'armes diverses personne n'ose y entrer.

    Lorsqu'il démontre un mouvement il est d'une efficacité et d'une fluidité sidérante, les malheureux cobayes se souviennent longtemps des coups reçus.

    Philippe et Thierry sont "permanents" à l'école, bien qu'ils ne gagnent rien et n'aient aucune assurance , parfois ils se rendent à Beaubourg pour y effectuer des démonstrations , à la fin du spectacle ils tendent un chapeau.

    C'est l'époque des cinémas populaires où pour quelques francs on peut assister à la projection de films de Kung Fu en boucle du genre : J'irai verser du Nuoc Mam sur ta tombe , Moc s'y rend fréquemment avec des élèves.

    Un jeune prof de Malakof s'exile à Annecy et y ouvre une section , c'est notre Yannick (un gars qui est persuadé que la fondue est une invention Savoyarde.... Dire ça à un Suisse!)


    Pour le voyage de 83 Thierry est privé de voyage car il doit s'occuper de la salle , pas de discussion possible.
    23 membres de la fédération se rendent au Vietnam avec le maître et y effectuent 10 démonstrations , les conditions de vie au pays sont très rudes et nombre de maîtres sont plus occupés à trouver de quoi se nourrir plutôt que de pratiquer.

    Les Us ont imposé un embargo sur le vietnam qui rembourse péniblement sa dette militaire aux Russes , achevant la déforestation commencée par les défoliants américains , le bois étant une des seules richesse rapidement disponible.

    Le pays semble avoir fait un retour en arrière en direction du moyen âge , les routes sont défoncées , les paysans s'attellent eux mêmes à la charrue , les tonnes de matériel laissée par les américains sont rigoureusement utilisée avec ingéniosité et la plupart des transports se font par des vélos.

    L'encadrement est strict, les "commissaires politiques " foisonnent , défense d'aller seul chez quelqu'un où simplement de parler dans la rue.
    Dans la région de Bac Ninh un terrain militaire est ouvert afin d'accueillir les nombreux curieux venus assister à la démonstration, il y aura plus de 10 000 personnes.

    Au retour le maître est très affecté de la pauvreté et du délabrement du pays , il organise de nombreux versements de fonds pour soutenir la reconstruction du Nord.
    Un complexe scolaire est financé par la fédération dans sa région natale où les cours ont lieux dans des ruines criblées d'impacts d'obus.

    Hamid , bien connu sur ce forum créé la fédération Suisse de Vo Vietnam avec d'anciens karatékas.

    Le maître fonde la fédération internationale du Vo Vietnam , Paris en est le centre et fourmille de sections , les cours professeurs avancés ont lieux dimanche matin dans la petite cour de Bichat été comme hiver.

    Les stages d'été se déroulent sur l'île d'Oléron , Philippe est très proche du maître qui lui délègue presque tout (pas les finances!) , Bruno Clavier s'occupe du secrétariat , les trésoriers ne font jamais long feu car c'est le poste "délicat".

    La salle est constamment en changement, on démolit le bureau, pour le reconstruire , malheur à celui qui s'y connaît en mécanique car le maître à toujours des voitures , camionnettes , bouts de moteurs à faire réparer, on y dort , cuisine , fabrique des décors , organise des stages ou l'on s'entasse à plus de 50, peint , cloue , maçonne , scie......et tout finit dans un joyeux échange de bourres pif et de coups dans les mollets.

    Malek édite un petit livre sur le Vo Vietnam en Algérie.

    De nombreux projets de films et de livres sont proposés au maître qui refuse , il interdit au public de filmer les démonstrations et parfois joue à l'idiot pendant des interviews auxquels il ne peut couper.

    Merci pour pour tous les témoignages et encouragements. encore un peu....

    Le maître se repose beaucoup sur Philippe et Thierry qui ont atteint un niveau de démonstration magnifique , il est très présent à Bichat où il dort souvent dans sa petite cabane on ne sait jamais quand il vient quand il part.

    Il prépare des mixtures bizarres avec des gros champignons ou le fameux tiet canh vit, sang coagulé de canard dans lequel baignent des tripes , le tout saupoudré de cacahuetes et de menthe difficile , à avaler pour les non initiés sans une bonne dose d'alcool.

    Il y a toujours quelque chose en train de mijoter dans les marmites, car il fait souvent la cuisine en plein air sous le balcon des voisins.
    Les élèves proches mangent sur place après les cours du soir ou le we , mais lui mange à part d'autres aliments.
    La nourriture est une affaire sérieuse et il peut passer des heures à choisir sa viande ou ses légumes.

    La salle sent le nuoc mam et la vaisselle grasse s'entasse dans la petite douche et les séances de nettoyage peuvent durer des heures.

    Moc est toujours actif , sans cesse il imagine de nouvelles améliorations pour la salle , rapporte d'on ne sais où des machines à réparer , des tables des chaises.
    On suppose qu'il s'entraîne aux butte Chaumont car il quitte souvent la salle aux aurores pour ne revenir qu'en milieu de matinée parfois il reste la totalité du cours à côté du professeur à observer chacun de ses mouvements sans rien dire , à la fin des cours il parle , parfois des combats souvent du Dao Duc , il ne fait toujours que des critiques les coups ne sont pas assez forts , de travers, aucune capacité rien faire du tout!
    Bruno commence à noter sur des cahiers les propos du maître avec patience et régularité.

    Le maître est très impressionnant, un seul de ses regards suffit à faire le silence là où il est , dès qu'il rentre dans la salle tout le monde s'active , il contrôle tout, dirige tout , par contre il est toujours adorable avec les enfants avec lesquels il joue à qui croquera le ventre de l'autre.

    En 86 Philippe et Thierry s'en vont et forment la fédération du Vo Dan Toc , leur logo représente deux petits dragons au pied de trois montagnes.
    De nombreuses salles et élèves les suivent.

    Une nouvelle équipe se constitue , c'est Antoine , Bruno et quelques anciens qui encadrent les cours , le maître ne change pas de conduite , il est intransigeant et commence à imposer une discipline et un rythme d'entraînement très dur, il a repéré deux jeunes frères métis Franco-Vietnamiens Xavier et Damien et commence à les faire travailler sérieusement.

    J'effectue mon premier stage à Oléron et j'ai le sentiment d'entrer à Shaolin.
    Les stages durent trois semaines avec deux entrainements quotidiens pour les élèves , trois pour les profs congé le dimanche après midi, il y a plusieurs grosses tentes marabout bleu , des canadiennes , des élèves un peu partout , c'est un grand terrain avec un bloc sanitaire et l'on y jouit d'une liberté totale.
    Le maître occupe une grande tente un peu à part , c'est lui qui garde les armes et la trésorerie.
    Les cours s'effectuent à pieds nus sur les chardons sous un soleil de plomb.
    Il y a un groupe d'Algériens dirigés par Tahar , beaucoup de Français et quelques Suisses.

    Le maître nous prépare au combat car il craint une confrontation avec ses anciens élèves , l'année suivante (où je passe élève prof) l'on combat matin et après midi les bras et les jambes couvertes d'hématomes, le maître nous trouve lent comme tortue, lourds comme éléphant, tordu comme crevette et mou comme crêpe.

    Moc est le premier levé et le dernier couché , il surveille les cours, la confection des repas , les coursses semble infatigable, il a plus de 70 ans, tantôt dans les cours il saisit un élève et le projette sans efforts , il met de grandes claques sur le torse ou dans le dos de certains élèves qu'il aime bien quand ce n'est pas carrément des coups , feinte en haut, feinte en bas et boum! dans le plexus, puis s'éloigne comme si de rien n'était.

    Certains soir il chante d'une voix très douce et aiguë des champs en Vietnamien où il est question d'un jeune maître qui c'est retiré dans les montagnes pour étudier et qui entend les bruits de la ville avec nostalgie.

    suite donc.....

    Après la Perestroika en Russie (1985 ) c'est la Doi Moi (portes ouvertes )au Vietnam en 1986.

    Le maître Moc organise un deuxième voyage au Vietnam avec trente de ses élèves et familles.
    Nous transitons deux jours par Moscou , c'est le seul moyen d'atteindre le VN avec Aéroflot , le vol dure plus de 23 heures avec 6 atterissages et autant de décollages.

    Nous traverssons le pays du Nord au Sud en trois semaines encadré par des membres du gouvernement et du ministère des sports , le maître y est reçu comme un héro , nous effectuons plus de 15 démonstration et parcourons plus de 2000 km dans deux petits autocars jaunes à une moyenne de 40 km/h car les routes sont encore dans un état de délabrement total.

    Les ponts détruits pendant la guerre ne sont pas reconstruits , de nombreuses femmes travaillent toute la journée à remplir de cailloux des trous dans les chaussées sous le soleil brûlant.
    A Hanoi nous logeons dans un somptueux hôtel de l'époque coloniale ou rien ne fonctionne , les pannes d'électricité sont fréquentes et de vieux générateurs fumant prennent le relais .

    Le premier matin avant d'ouvrir les persiennes on dirait qu'il pleut, c'est le bruissement de milliers de vélos sillonnant les rues ( en comparaison d'aujourd'hui la ville était un havre de paix et de silence.) , des jeunes filles en Hao day se rendent à l'université , des ciclos innombrables transportent des tonnes de matériel divers , cageots , volailles , bois , meubles etc. les seuls véhicules motorisé sont des gros camions diesel russes et les ou jeeps des militaires.

    C'est un fourmillement ininterrompu d'hommes en uniformes vert olive et de femmes portant des palanches , tout le monde est coiffé du célèbre le chapeau conique ou du casque colonial vert des militaires, des mutilés de guerre mendient un peu partout.

    Rien ne traîne, pas de poubelles , on récupère tout , on redresse les clous rouillés pour les servir à nouveau , des chantiers artisanaux emploient majoritairement des femmes qui sont maçon, charpentier , manoeuvre.
    Des paysans venu des campagnes proche vendre leurs fruits dorment sur le trottoir.
    A chaque carrefour se tiennent des réparateurs de vélos utilisant parfois des casques américains comme seau pour trouver les les fuites des chambres à air.

    Le maître rayonne il est comme un poisson dans l'eau , le tigre à rejoint sa forêt , il est sans cesse en réunion avec les dirigeants , les maîtres , les responsables politiques , il nous surveille de près , manger à sa table est un honneur.

    Les démonstrations se succèdent , nous sommes épuisés on nous accueille à grand coups de pétards, de drapeaux rouges et de banderoles de bienvenue il y a à chaque fois des milliers de spectateurs et nous alternons les numéros avec des écoles de Vo , de Karaté de Taekwondo , il y a le meilleur et le pire.

    Dans un stade lors d'une démonstration des gosses qui s'approchent trop se font frapper violemment par des policiers armés de bâtons en rotin , ils reculent sous les coups puis reviennent 5 mn plus tard et se font frapper derechef sans pitié.

    Didier un prof de Suisse filme l'intégralité des démos, un trésor....

    Dans la région de Bac Ninh le terrain militaire est à nouveau ouvert , plus de 17 000 personnes nous attendent.

    Plus nous avançons plus les conditions se détériorent les places assise sur la grande banquette sont convoitées dans les bus car on peut y dormir un peu , le maître ne s'assoupi jamais, droit comme un i durant tous les transports il ne bouge ni ne dit mot.

    Les répétitions et entraînements ont lieux sur le toit des hôtels ou dans des cours , il fait très chaud et nombreux sont les malades , les lits ne sont pas toujours équipé en matelas et les moustiques sont voraces, on se rue sur les rares magasins qui vendent des canettes de coca pour les dévaliser , faute de canettes on boit de l'eau minérale Russe au goût étrange.

    On ne compte plus les discours qui durent des heures, les repas , les visites , avec damien, nous finissons systématiquement tous les plats laissés par nos collègues ce qui ne m'empèche pas de perdre 8 kg en trois semaines (dyssentrie.)

    A Binh Dinh nous assistons à un véritable festival martial , l'après midi nous sommes invités à prendre un repas avec les Vo Sin locaux qui feront la démonstration avec nous le soir , ils remplissent constamment nos verres d'alcool de riz et multiplient les toasts.
    Le soir lorsque nous débutons la démo pas très reluisants nous constatons que ce ne sont pas les mêmes Vo Sins qui ont fait la fête avec nous.

    A la pagode ou officie maître Nguyen Van Can , des dizaines de jeunes et moins jeunes exécutent des quyens époustouflants faisant volontairement passer les lames à quelques millimètres de nos nez.

    Au musée Quan Trung la démonstration est rythmée par une femme frappant les traditionnels tambours de Guerre , une autre démonstration est effectuée sur le toit d'un hôtel , superbe!
    Nous reprenons la route dévorant les km , Hué est encore partiellement en ruine.

    Le soir le maître nous "achève " avec des petits coups d'alcool de riz afin de nous éviter la tentation de sortir , nous en transportons une grosse .
    bonbonne qu'on lui a offert.
    Nous goutons au célèbre "mouton de mongolie" (qui aboie!) dont il raffole ainsi que du tiet Canh, et des mixtures noirâtre agrémentées de racines , serpents , oeils quand ce n'est pas des foetus de petits animaux , très bon pour la santé!

    A la frontière du cambodge nous effectuons une démo dans une ambiance sordide de guerre , des chars sont disposés alentours , des militaires occupent le terrain, on nous fait visiter le musée des horreurs de Pol Pot durant le spectacle pas un bruit pas un applaudissement, on entend voler les mouches.

    Arrivés dans le Sud la casquette remplace le chapeau conique et les gens nous parlent en Anglais.

    A HCM Ville (SAIGON) trois jours de démonstrations clôturent le périple.
    Les démonstrations de Taekwondo sont sublimes , ils alignent des centaines de pratiquants , nous exécutons les acrobaties sur des vieux tapis d'orient accompagnés par des percussions , inoubliable.
    Chaque école nous remet un drapeau avec son nom et son emblème, ses drapeaux, ils orneront longtemps les murs de Bichat.
    Nous ne reverrons jamais plus le vietnam ainsi ni la plupart de ces écoles.

    Le maître est très affligé par les conditions de vie de ses concitoyens mais surtout par le développement minime du Vo rapport aux autres styles, judo, Karaté, TWD alors qu'il existe tant d'écoles et de maîtres.
    Il mandate des personnes sur place pour retrouver et réunir les écoles de Vo Co Truyen dans tout le pays , c'est le début de la création de la fédération de Vo Co Truyen Vietnam et Moc en est le président.




    1990 , le maître invite en France maître Dinh Van Tuan du Vo Thuat Co Truyen Binh Dinh et maître Kim Zun (?) du Vo Tay Son qui a été entraîneur de boxe à Cuba.
    Accompagnés de deux "représentants du gouvernement" ils parcourent la France et la Suisse visitant les sections de la F.I.V.V. en encadrant stages et démonstration , le groupe des profs avancé travaille à part avec DVT sous l'oeil attentif du maître Moc Kim Zun enseigne un Tao d'épée à tous.

    Un championnat international est organisé au Palais des glaces , il y a deux Algériens (Moussah et Sammir) , deux Suisses (Philippe et moi ) , deux polonais pratiquant un autre style des représentants de toute la France( Yannick, Damien, Xavier, Jean-Marc , Dominique , Antoine , Bruno etc.).
    Les combattants doivent organiser les repas ainsi qu'un stage pour une centaine de participants tout en répétant pour la démonstration qui aura lieu avant les combats , gérer les billets les invitations , les nombreux gosses venus participer à la démonstration, le maître change les numéros avant le début du spectacle , on s'en fout , on fonce.

    Les combats sont arbitrés par Daniel et les règles un peu confuses , il y a plusieurs catégories , Moussah le neveu de Tahar remporte une coupe pour l'Algérie , le plus jeune des Polonais une autre , Damien honore la France d'un trophée et j'en suis de ma coupe pour la Suisse pas le temps de parader, il faut tout ranger faire la compta , la vaisselle , s'entrainer , Moc est déjà passé à autre chose.

    C'est une période de grande activité pour l'école Son Long , le maître enchaîne projet sur projet , tournois ,démonstrations , remise des diplômes , contrôles technique.

    Les profs payent leurs diplômes , en plus des cotisations et des licences , Bruno vit à la fédé en dehors du travail , il archive s'occupe du bureau ainsi que de toutes les "missions " délicates exigeant tact et diplomatie ou l'inverses...

    Le programme d'entraînement est simple, on répète les mêmes mouvement des centaines, des milliers de fois , positions , séries de mouvements de mains, séries de mouvements de pieds , enchaînements , applications deux à deux , endurcissements , taos , études de combat.
    Le jeudi soir et le dimanche matin les profs combattent , ce n'est jamais assez fort , assez précis.

    Moc nous casse l'égo sans relâche nous traitant d'incapables il nous met constamment la pression:
    - Vous êtes les professeurs, vous devez être capable de descendre tout le monde , il faut être courageux , jamais mal , jamais fatigué , il faut penser aux grandes choses pour faire des grandes choses et soigner les petits détails , étudiez pendant la nuit quand tout est tranquille , étudiez sur les élèves , chercher en contre attaque , votre cerveau est comme un général, le corps suit et obéit , ne pas écraser les faibles , toujours chercher à combattre quelqu'un de plus fort , savoir vivre , être correct , ne pas courir après les filles, dans cette école pas de théorie que de la pratique , il faut tout voir, tout comprendre.

    Parfois il nous dresse les uns contre les autres:
    - Ici un seul peut diriger, il faut qu'un de vous soit capable de vaincre tous les autres.

    Quand l'un de nous sort un peu du lot il le rabaisse:
    -Celui là parce qu'il a réussi par hasard un mouvement il croit que c'est un gros caïd , personne n'a rien compris.

    C'est la douche écossaise , il faut tout encaisser sans broncher.
    Dès le mercredi soir l'ambiance devient lourde , plus personne ne parle, les estomacs sont noués , la perspective des combats du lendemain nous tord les tripes , après le salut, plus d'amitié qui tienne , on frappe à fond sur le carrelage graisseux de bichat , il faut éviter les vitres, les radiateurs , pas de fioritures on se méfie beaucoup, on cherche le ko.
    Le maître désigne qui combat avec qui, les plus forts ensemble , les plus gentils avec les plus faibles, mais pour le noyau dur c'est chaud.

    Un matin il rentre dans la salle à 05h avec une perceuse , nous dormons sur les tapis de roulades , il commence à percer les murs au dessus de nos têtes , tend un câble dans la salle puis bourre des housses de duvet ainsi qu'un vieux sac de frappe de tout ce qui traîne dans le vestiaire il nous montre un enchaînement dans toutes les directions , il faut viser les sacs en prenant garde de ne pas se casser les pieds car certains objets dur on servit pour le remplissage , c'est la bataille des neufs frontières un seul contre 9.

    Au stage d'été Tahar vient avec une équipe de 15 profs d'Algérie, comme ils ont tous plus d'années de pratique que la jeune commission technique le maître nous met la pression car nous sommes ses représentants.

    Les cours de la commission technique commencent à 07h00 dans une petite clairière discrète ,c'est le maître donne les consignes et l'un ou l'autre des deux frères qui donnent le rythme. à 08h30 cours profs à 9h30 cours élèves , l'après midi cours collectifs dès 17h30 jusqu'à 19h30 , nous devons montrer l'exemple en faisant tous les cours échauffements compris plus l'organisation , la gestion du programme technique , les courses , la cantine etc.
    En combat on se relaye avec Xavier et Damien , dès qu'on a 5 mn on dort ou on soigne les blessures évitant de montrer que l'on est blessé.
    Bien que l'on soit à côté de la mer pas le temps de se prélasser, le dimanche , seul jour de congé est utilisé pour laver les costumes et se reposer.
    Les Algériens font un méchouis géant avec trois moutons que nous dévorons comme des sauvages assis dans l'herbe.

    Le maître me demande de créer l'association du Vo Vietnam en Suisse qui est ratachée à la F.I.V.V. la salle de la Chaux de Fond garde le nom fédération Suisse du Vo Vietnam et travaille avec Malek.

    En 1992 à l'occasion des 80 ans du maître une grande fête est organisée au cirque d'hiver avec un spectacle martial sur la légende du génie de la montagne et des eaux , une démonstration , des combats et des invités de marque.
    Dinh Vanh Tuan est venu du Vn avec Madame Nguyen Thu Van d'HCM ville.
    Klody à fait le voyage des US il n'a pas revu le maître depuis son départ , il lui fait une démonstration de ce qu'il travaille, ses nies sont couvertes de cals , c'est une montagne de muscle.
    Il fait tenir à Damien une barre en fer et la plie en deux d'un coup de tibias , puis se fait frapper à coups de pieds dans les testicules puis sur le ventre avec un sabre aiguisé comme un rasoir tout en plaisantant, il effectue également quelques taos , le maître lui donne un diplôme permanent du niveau supérieur (les profs dans notre école doivent passer leur diplôme chaque année.).

    Pour les combats le maître fait confectionner un énorme Vo Sinh en bois avec des trous munis d'ampoules sur les différents points d'anatomie , verte pour les coups autorisés , rouge pour les coups défendus un système de console doit permettre de les allumer durant les combats afin que chacun puisse suivre les touches.
    Ça ne marche pas et le mystérieux géant restera longtemps exposé dans la salle en intriguant plus d'un.


    Encore un petit bout.....

    En 1992 le maître à invité maître Nguyen Van Can ainsi que Le Ti (?!) qui était responsable des sports à Binh Dinh .
    Le Ti héros de la guerre pour l'indépendance est un passionné de Vo qui a écrit pas mal de livres , c'est un bon vivant et le nombre de bouteilles qu'ils engloutissent avec Moc est resté dans les annales.

    Avec Canh , nous travaillons le tigre et un tao de guisarme du dragon blessé utilisant sa dernière énergie pour un ultime combat avant la mort Canh est impressionnant on fait 5 entraînements par jour avec la commission technique afin de montrer l'exemple.
    Le matin dès 07h00 le maître nous fait travailler un programme de coups de pieds sautés à froid , après trois semaines de ce régime nos jambes sont lourdes comme du plomb.

    La comission technique doit à tour de rôle faire ce que le maître nomme les combats de champions.
    Il faut combattre tous les profs puis les autres membres de la comission technique sans s'arrêter c'est très long et éprouvant.
    Le maître nous pousse à aller combattre contre les autres écoles et les autres styles afin d'étudier notre technique.

    Il accorde une interwiew à la revue art et combat , c'est une première , il a toujours refusé de s'exprimmer devant la presse.
    Au Burkina-Faso un pratiquant de Viet Vo Dao lit cet article , il écrit au maître à Paris pour lui demander de l'accepter comme élève.
    Moc lui fait répondre que si il vient au stage d'été il accepte.
    C'est ainsi que Julien Drabo devra ingurgiter tout le programme en un mois , les profs se relayent et ne lui laissent aucun répit , à son retour il ouvre la fédération Burkinabe du Vo vietnam.


    Le maître possède une vieille Renault toute cassée qui est la hantise des mécaniciens pratiquants à Paris, il passent des heures et des heures à tenter de réparer ce "rafiot" dont le moteur est attaché avec une corde . Les portes sont définitivement bloquées et c'est un étrange spectacle de voir cet homme de plus de 80 ans sortir par la fenêtre pour aller ouvrir le coffre afin de baisser le carreau en stationnement interdit évidemment.

    J'ouvre la section de Lausanne et Lionel , mon frère de Vo dirige Yverdon, Christophe un de mes élèves ouvre une section à Fribourg.

    Le maître traverse une période difficile, il a des problèmes sentimentaux et "picole" trop il est parfois irascible et pique des colères terribles.

    Nous nous prenons d'affection pour le chat qu'il a introduit à Bichat afin d'éliminer les nombreuses souris, il y en a jusque dans le téléviseur.
    Ce petit félin très affectueux en voit de toutes les couleurs avec le maître dès qu'il entend son pas il file se planquer nous donnant le signal de fin de la récréation.
    Un jour alors que nous travaillons dehors le chat se vautre au milieu du groupe afin de profiter d'un rayon de soleil.Comme nous rigolons le maître arrive.
    -Ce chat qui vous fait tant rire comprend mieux le vo que vous , sans réfléchir il fait ce qui est juste.
    Un autre jour , il stoppe le cours et nous installe devant la télé , il nous fait visionner les boxeurs de Wudang.
    -C'est comme ça qu'il faut faire, exactement comme ça.
    Souvent lorsque nous travaillons dehors Moc saisit un tuyau d'arrosage et tout en arrosant les fleurs inonde copieusement la cour.
    -Travailler coup de pieds sautés maintenant.

    Xavier tente de gérer la comptabilité de la fédé , mission impossible car le maître à accès aux comptes et signature unique , les factures ne sont presque jamais payées , les rappels pleuvent , bien qu'avec le recul il parait évident que le maître n'arrive plus à tout gérer personne n'ose intervenir, de nombreuses lettres restent sans réponse , le maître les égares ou les oublies y compris les correspondances avec la fédé de Vo Co Truyen au Vietnam.
    Plusieurs bureaux sont mis en places, autant de départs et même Xavier qui a fait de son mieux quitte la fédé avec le chat.

    Damien reste seul aux commandes pour la France.

    En 1994 nous repartons au Vietnam pour trois semaines de voyage , démonstrations , échanges.
    Le pays à déjà beaucoup changé et se développe à grande vitesse .
    Moc au contact de son pays natal retrouve la forme et reprend l'école en main.
    Ce voyage est beaucoup moins éprouvant que celui de 89.
    Nous traversons du Nord au Sud nous rencontrons beaucoup d'écoles , moins cependant que la dernière fois.
    Avec Damien nous ne quittons pas le maître d'une semelle ce qui n'est pas toujours facile pour nos compagnes , on ne sait jamais quand on sera "libéré" et on passe des heures à attendre patiemment que les discours prennent fin , répéter pour les démonstrations , aller manger diverses spécialités , surtout les plus répugnantes , et boire des coups , nous avons à nouveau un bidon d'alcool avec nous.

    Dans la province natale du maître le complexe scolaire financé par la fédé est achevé , lors de la démonstration , trois patriarches exécutent des taos magnifiques en habits traditionnels, le plus jeune à 70 ans.

    Moc ne va pas visiter sa famille, il n'est pas là pour ça mais pour le Vo , nous poursuivons donc poussant cette fois jusqu'au delta du Mékong au Sud de HCM ville , nous sillonnons les rivières dans des petites barques à moteur et visitons les marchés flottants.

    Au retour , le maître retrouve ses soucis et la situation ne s'améliore pas , il continue à surveiller le travail et montre souvent qu'il est encore là , boum! dans les côtes.

    Nous ne pouvons plus aller à Oléron en stage, nous trouvons un terrain à Dignes les Bains.
    Tous les soirs le maître nous sermonne , trop mou , trop lent .
    Un jour il réunit tous les élèves (il y en a 80 dont des débutants ) derrière sa tente :
    -Damien, Olivier combat à mort , tout le monde !
    J'objecte qu'il y a des débutants qui n'ont jamais combattus.
    -Combat à mort , ici pas une école pour les bébés, ceux qui ne sont pas contents s'en vont.
    Il s'en suit une séance de pugilat mémorable suivie de quelques départs précipités.

    Je suis le seul de la commission technique à m'être levé le dimanche matin car les autres sont trop épuisé.
    Après une heure de travail j'entends :
    - C'est bon , tu n'as rien oublié ? le maître m'a suivit en douce .
    -Fais ça et ça , il me montre deux mouvements que je n'ai jamais vu, c'est la première fois qu'il m'enseigne seul , je n'en reviens pas , cela fait plus de dix ans que je le cotoie.


    Je continue un peu....j'essaie de bien suivre la chronologie mais il est possible qu'il y ait une ou deux inversions.
    Comme je me fie principalement à ma mémoire et que j'ai reçu beaucoup de coups ........

    La relativité chère à Mr Albert fait que certains instants m'ont paru plus longs que d'autres et que j'ai certainement "oublié" des évènements trop chargés d'émotion.


    J'ai oublié d'indiquer qu'à la fin du stage de 92, Le Ti a remis à certains d'entre nous (Xavier, Damien , moi + ?) un diplôme d'enseignant validé par le comité olympique des sports du Vietnam avec une licence (?).

    Le maître fluctue , parfois très présent , il nous encadre, parfois très distant il s'isole , Damien le suit comme son hombre et participe malgré lui aux dégustations d'alcools en tout genre.
    Lors des remises de diplôme les membres de l'ambassade du Vietnam sont présents.
    On ne sait jamais comment ces contrôles vont se dérouler , parfois on doit exécuter tout le programe , parfois on ne fait que du combat on termine par une cérémonie de remise avec un buffet.

    Lors d'une des remises tous les profs sont échauffés et attendent avec apréhention la suite du programe , Moc arrive , il nous fait assoir.
    -Alors , les enfants comment ça va ?
    Il est très gentil et nous parle pendant une heure de l'avenir de l'école de la responsabilité que représente le port du costume marron , l'heure tourne , on va passer à table tout le monde se détend il est trop tard pour les combats en plus nous sommes "froids".
    Deux heures plus tard.
    Bon combat très dur maintenant ! il faut courageux.C'est parti pour la bagarre , les nems attendrons.

    Nous effectuons une grosse démonstration au Palais des glaces avec de nombreux enfants encadrés par Bruno et Jean Marc.
    Bichat traverse une sombre période , les impayés sont légions , la santé du maître se détériore , il est très dur avec lui même , il faut que Damien le trouve "écroulé" dans la salle pour qu'il accepte d'aller chez un médecin Damien le soigne du mieux qu'il peut .

    Moc boit trop , sa forte constitution est trompeuse , personne n'ose reprendre les commandes , parfois il ferme carrément la porte de Bichat , les élèves restent à la rue.

    Damien se retrouve seul à gérer tous les problèmes , c'est lourd et les créanciers menacent de s'en prendre aux membres de la fédé.

    J'ai la chance d'être en Suisse ou l'école prospère et ne peut que suivre les évènements de loin , nous sommes tous désemparés.

    Le désastre est total , on craint le pire pour le maître , les membres du bureau ont démissionné , Damien n'a plus le choix , il doit quitter , il rejoint son frère qui en plus du Vo a pratique du kik boxing , ensemble avec d'autres membres de la fédé ils fondent l'école nationale du Vo Vietnam.

    Pour moi , c'est à peu près équivalent à la fin du monde , je perd mes deux frères les plus proches , c'est avec eux que j'ai vécu mes plus belles aventures, nous dormions les uns chez les autres nous soutenions mutuellement ils m'ont formé et poussé en avant.
    Tout le monde était persuadé qu'ils reprendraient la suite en France , c'est un choc.
    Les cours chaotiques continuent à Bichat , parfois les enfants s'encadrent eux mêmes car il n'y a plus de prof.
    Tout le monde pense que le maître est "finit" la salle de Bichat est fermée.

    Les membres des sections restantes , St Etienne , Lyon , Annecy, les sections de Suisse et de Paris décident de se serrer les coudes de soutenir le maître et de maintenir le cap de la fédération.

    Nous recherchons activement dans Paris une nouvelle salle .

    Les deux stages suivant ont lieu sur l'île de Ré , le maître reprend du poil de la bête il a cessé de boire , il corrige à nouveau , dirige les cours de la commission technique , reprend les élèves ce qui est de grand réconfort.

    Nous poussons les élèves professeurs de Paris afin d'avoir des encadrant techniques , Dédé , Manu, petite Manue ainsi que Joseph et Fredo des cours enfants .
    Moc se rend régulièrement en Suisse , ainsi qu'aux stages organisés dans les diverses sections de France.

    Nous lui allouons une rente mensuelle et Bruno trouve une salle permanente à Malakof.
    Elle est tenue par Dédé et Manu aidés de Bruno, Dominique et les autres profs restant à Paris.

    Lors de deux stages d'été à l'Orient une équipe technique est reformée.

    Nous repartons au Vietnam pour un long séjour avec le maître , Sarah ma femme et quatre de mes élèves avancés qui resteront trois semaines.

    Arrivés à HCM ville nous rencontrons Le Kim Hoa (?) vice président de la fédération du Vo Co Truyen Vietnam , il nous invite a assister aux championnats du Vietnam de Vo Co Truyen à Pleiku.
    Nous passons par Nha Trang oû nous rencontrons maître Dong Vu.Il reçoit le maître dans sa salle et exécute une démonstration de Noi Cong avec des anneaux en fonte , Moc apprécie et dit que ce maître est vraiment valable , suit un extraordinaire quyen de "petit singe ivrogne" magnifique.

    A Pleiku il y a des représentants de 47 villes , le matin c'est les combats préparés et Quyen exécutés par les enfants, l'a-m les formes traditionnelles par les maîtres plus âgés , le soir combats libres pour les jeunes maîtres.
    C'est la première année que les coups de coudes et de genoux sont interdits car il y a eu deux morts l'année précédente.
    Les combattants portent des casques et plastron hétéroclites pour la première fois.

    Nous allons visiter une ethnie de montagnards vivant encore comme au moyen-âge.
    Ils possèdent leurs éléphants , le chef bardé de diplômes relatants ses actes héroiques pendant la guerre est très impressionné par la vidéo , il se voit en film pour la première fois.Il me laisse monter sur l'un des pachydermes.

    Avec Sarah et le maître nous allons à Qui Nhon (Binh Dinh ) afin d'y travailler avec notre oncle Din Van Tuan et maitre Nguyen Van Canh , c'est mr.
    C'est Le Van Minh actuel responsable de sport de Binh Dinh qui organise les cours.
    Il fait très chaud (plus de 40 degrés) nous alternons avec Sarah le matin avec un des maîtres , l'après-midi avec l'autre.

    Le gymnase est encore vétuste , le plancher nous arrache la peau des pieds , on boit 6 litres d'eau à chaque séance , les positions ras terre de DVT et les moulinets de lance de Canh réduisent nos corps à l'état de courbature permanente.

    Moc assiste à toutes les séances il discute longuement avec les "jeunes" maîtres leur donne des conseil et nous critique beaucoup ,c'est bon signe.
    Après dix jours de ce régime, Sarah doit rester à l'hôtel un jour entier, elle ne peut plus marcher, ses pieds sont en sang.

    Le Vietnam à nouveau agit comme un élixir de jouvence sur lui et nous devons un peu trop souvent à mon goût ingurgiter du chien ou du Tiet Can Vit , j'en arrive même à aimer ça.

    Après un mois de souffrance librement consentie nous partons pour le Nord , j'ai réussi à convaincre le maître d'aller voir sa famille.

    Après bien des recherches et grâce à notre ancien traducteur ami de longue date Mr. Lap nous parvenons à la demeure familiale du maître Moc.
    C'est une petite maison entourée de rizières et de cannes à sucre , au loin quelques montagnes.
    Un buffle profite de l'ombre des bambous avec son petit.
    Emus, nous gravissons quelques marches , dépassons une petite étable.
    La maison est composée d'une pièce unique on y dort on y mange, les petites nièces du maître nous accompagnent intriguées , nous sympathisons avec un des petits neveux qui ressemble au maître jeune.

    Le plus jeune frère du maître est là c'est le dernier survivant , il avait 4 ans lorsque Moc à quitté le VN.
    Ils se regardent longuement, en larmes , sans dire un mot ils se donnent la main et resterons ainsi trois heures en silence.
    Pour finir le maître me demande:
    -On a du pognon? donnes tout , on s'en va.

    Le maître est boulverssé, il pense à sa famille au temps que l'on ne peut rattraper , il a choisi le Vo , c'est son destin.

    @ Ronin ,
    Pour l'origine du Vo Vietnam sans doutes le sais-tu déjà, je vais tout de même le préciser , notre école se nomme ainsi car le maître Moc a créé la fédération du Vo Vietnam dans les années 50 en France à une époque où l'avenir du VN était incertain.

    Le mot Vo signifie art martial, en fait ce n'est pas un mot que l'on peut résumer par un seul autre , c'est la science de l'attaque et la défense pratiquée avec ou sans armes.
    Cela englobe toute les aspects de la lutte quelque puisse être sa forme ainsi que la stratégie (les guerriers).
    Le mot de Vo est souvent associé au mot Van qui représente la culture la connaissance intellectuelle (les lettrés) , Van ne va pas sans Vo, Vo ne va pas sans Van, en pratiquant le Vo on comprend le Van ainsi que le contraire.....

    Le mot Vo ne désigne pas les arts martiaux Vietnamiens mais tous les arts martiaux , c'est pourquoi on précise Vo Vietnam ou Vovinam (c'est pareil) ou art martial du Vietnam.

    Donc pour rechercher l'origine du Vo Vietnam tu devras obligatoirement t'intéresser à toutes les écoles du Vietnam et il y en a pas mal! vu que tous les AM Vietnamiens sont du Vo Vietnam.

    Le nom de l'école du maître Moc d'où sont issus tes profs est Son Long Quyen Thuat (école de combat du dragon des montagnes.).

    La technique spécifique de cette école est le fruit de la recherche du maître Moc et n'a pas une origine unique , il ne s'est jamais limité , il a l'esprit pratique et ne s'intéresse qu'a ce qui marche.
    Chaque fois qu'il a jugé une technique utile et efficace il l'a "annexée".

    Dans les techniques de Vo Tu Ve où traditionnellement on trouve peu de travail au sol il a ajouté des techniques de corps à corps très similaires au Judo que tu découvriras sans doutes dans le livre de Kawaishi car cela lui aposé problème.
    Dans cette idée qu'il a poussé certains d'entre-nous à étudier avec d'autres maîtres et a combattre les autres écoles.
    Il dit souvent :
    Ici école pratique pas théorie....(après il ajoute , vous rien compris , aucune capacité rien faire!)

    Les noms de nos frappes de pieds et de poings sont similaires au La Han Quyen et si tu connais les 7èm et 8èm Tao tu verra que ce sont les 1er et 2èm Tao de cette école , nous utilisons également des phrases en Viet antique ( seuls les vieux maîtres les utilisent encore au VN.) pour définir certaines stratégies.....ou du viet plus récent juste pour dire quel pied (ou technique) frappe , par exemple dans le 4èm tao , le chassé peut se dire simplement :coup de pied de la patte du dragon , qui définit tous les chassés, où : le vieux tigre étire sa hanche et frappe avec sa queue , qui indique l'idée dans laquelle tu exécute le mouvement.....

    A mon avis Moc est un chercheur qui a pratiqué , amélioré sa vie durant il n'a suivit un enseignement au Vietnam (comme le souligne Did ) que jusqu'à son départ du VN ce qui fait tout de même 20 ans.
    Depuis cette base il a sans cesse affronté des combattants d'autres styles et peu à peu à créé le sien qui a évolué au fil du temps car il n'a jamais figé définitivement son programme (ce qui explique que certaines générations ont vu des mouvements différents).

    La richesse de cette école est phénoménale et aucun d'entre nous n'arrivera à en faire le tour , cela représente presque un siècle d'étude approfondie , c'est une école atypique et tu n'en trouvera , je pense, pas l'origine car
    elle est liée au maître Moc et à son parcours que j'ai tenté modestement de reconstituer , tu pourras peut-être retrouver des courants l'ayant influencé des gestes des formes mais l'esprit , la stratégie et l'origine du Son Long c'est lui.

    Cordialement , Olive.

    Suite de l'histoire.....

    Depuis son retour du Vietnam , le discours du maître change imperceptiblement , il parle beaucoup de l'importance du travail sur la santé :
    -Il faut beaucoup détendre , connaître à fond le corps , chaque petits détails , comment ça fonctionne.
    Il nous encourage à former les enfants car le travail du Vo est très long :

    -Si tu commences petit tu peux bien faire , les enfants sont l'avenir , si on enseigne les bonnes valeurs ils iront dans un bon chemin c'est important , surtout à l'heure actuelle.

    Il demeure infatigable , parfois sa mémoire "flanche" mais il est toujours très précis en ce qui concerne le Vo.

    Nous effectuons un stage d'été en montagne à Lescheraine en Savoie , bien que le climat soit assez frais le maître refuse de dormir dans une caravane :

    -Faire comme tout le monde , ici tout le monde pareil.
    Les représentants du Vietnam , le Van Minh responsables des sports de Binh Dinh et maître Dinh Van Thuan ont beau insister pour l'héberger il refuse tout net!

    Féfé un de mes frère de pratique c'est reconverti dans le cinéma , le maître accepte de se faire filmer et de répondre à mes questions sur le Vo , sa vie , son école , etc. pendant 7 jours Féfé tourne et peu à peu Moc oublie la caméra.
    Les 6 heures de vidéos résultant de ce stage sont une véritable mine d'or , un cours magistral donné par un maître.
    J'ai tenté plusieurs fois de les retranscrire mais à chaque fois que le film commence je ne peux m'empêcher de le regarder jusqu'à la fin .
    Je suis toujours sidéré par cette façon totale de vivre l'art martial , de ne penser qu'à ça , Moc ne parle pas du Vo, il respire , pense , bouge "Vo" c'est magnifique mais également un peu intime (il m'explique comment diriger l'école).

    L'année suivante le stage vire au cauchemar....
    Les éléments déchaînés s'acharnent sur notre camp , il pleut tous les jours (on travaille dehors) , impossible d'avoir un vêtement sec, il fait froid, le camping est inondé , les "désertions" , les malades , les blessures se multiplient , le maître ne sort presque pas de sa tente.
    On se retrouve parfois flottant sur les matelas pneumatiques en pleine nuit , la grêle s'abat , une tempête vient marquer l'apothéose et les tentes sont déchiquetées...qu'à cela ne tienne , à 7h30 entraînement :

    Un , deux Floc! floc ! trois quaaaaatchoum!

    De mémoire c'est le pire stage jamais enduré , je crois qu'on aurait pas tenu un jour de plus , on décide de retourner au bord de la mer les années suivantes.

    Le maître me confie de plus en plus de responsabilités , parfois ils réunit les professeurs :

    -Maintenant il faut aider Olivier , c'est lui qui doit diriger, je suis vieux à présent.
    Sarah est très proche de lui il l'appelle ma fille , nous avons l'habitude de cohabiter on mange ensemble , on bouge ensemble.

    Il commence à m'expliquer pleins de détails sur le travail , la technique , le Vo et m'encourage à lui poser des questions , un jour avec Lionel nous planquons une caméra dans la salle d'Yverdons les Bains et je lui demande de corriger tout le programme d'élève (on cache la caméra car dès qu'il voit une caméra il arrête de montrer).
    Sa façon de bouger à plus de 80 ans est étonnante et je découvre le sens d'exercices que je travaille depuis 15 ans par automatisme sans rien comprendre ( aucune capacité..... ) et de plus c'est d'une simplicité et d'une évidence déconcertante.
    Moc peut laisser un élève se tromper pendant des années s'il n'est pas sur de son mental :

    -Il faut au moins dix ans pour connaître quelqu'un tu testes avant de donner , tu connais dix techniques tu en enseignes 3 , tu gardes les autres pour te défendre contre lui s'il tourne mal , parfois tu montre de travers ou à côté si l'élève se retourne contre toi , il ne connaît pas la bonne façon...

    Un autre jour :

    -Ton élève est semblable à un bol , toi tu le remplis.
    Il existe trois sortes de mauvais bols...

    -Celui qui est retourné , rien ne peut rentrer dedans , c'est l'élève qui sait déjà tout, pose trop de question , remet en doute tes propos , n'a pas confiance.

    -Celui qui est percé , l'élève oublie tout ce qu'on lui apprend , il garde rien.

    -Celui qui contient du poison, le poison va se mélanger à ce que tu y verses.
    C'est les 5 poisons de l'esprit , l'orgueil , la jalousie , l'attachement , l'ignorance , la colère , on doit essayer toute sa vie d'éliminer ces poisons de notre tête....
    (j'ai retrouvé un texte semblable dans un livre bouddhiste Tibetain)

    Le maître me charge de rédiger toutes les règles et fondements de l'école Son Long Quyen Thuat afin de les déposer légalement, pendant deux ans avec un ami juriste nous travaillons à retranscrire les textes traditionnels , les règlements oraux en textes de lois.

    Il me remet un diplôme supérieur définitif , un document me donnant pleins pouvoir sur l'école Son Long Quyen Thuat et me fait déposer le nom de l'école au niveau international.
    Je lui explique que je préfère fonctionner en groupe avec mes autres frères plutôt que d'être le "maître" (ce que je ne sens pas du tout....)
    En 2001 il nomme officiellement la Commission technique internationale chargée de lui succéder au cours du stage d'été à Bordeaux , ce groupe est composé de tous les "anciens" impliqués dans l'école.

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