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Discussion: tranche de vie

  1. #1
    Avatar de thuong19
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    Par défaut tranche de vie

    Noël s'invite durablement dans les fêtes annuelles du Viêtnam.
    c'est ce que semble nous confirmer le membre de FV Journaliste Gérard plus connu sous son nom Gérard Bonnafont , expatrié à Hanoï et qui alimente la rubrique "tranches de vie " dans le Courrier du Vietnam. à Noël, les rues de Hanoï sont animées de petits pères Noël qui déambulent qui distribuent ici de la pub, là des bonbons faisant le bonheur des enfants.Pas un magasin qui ne se pare pas d'un sapin de Noël ou de l'habit rouge - commerce oblige.
    tranches de vie : c'est déjà Noël ! - 25/12/2011

    À l'heure où paraît ce numéro du Courrier du Vietnam, un des derniers sous sa forme quotidienne, c'est la veille de la fête de Noël avec son cortège de décoration et de cadeaux. Et même si la tradition de Noël est quelque peu éloignée du culte des ancêtres, au Vietnam, Noël est aussi une fête !


    À force de le dire chaque année, je vais finir par passer pour un radoteur, mais qu'y puis-je si le Père Noël revient chaque année le 24 décembre : le rouge et blanc a autant droit de cité du côté du lac Hoàn Kiêm (au centre-ville de Hanoi) que du côté des grands boulevards parisiens. Et en l'occurrence, il ne s'agit pas du rouge impérial, mais bien du rouge vermillon du vieux bonhomme à barbe blanche, qui descend du ciel avec des jouets par milliers !

    Vive la fête !

    Pourtant, le royaume des glaces, les rennes au doux pelage, les sapins enneigés…, autant d'images étrangères au pays du Sud lointain des rizières verdoyantes et des aréquiers enguirlandés de bétel. Ce "miracle" de Noël, le Vietnam le doit à l'esprit festif œcuménique du Vietnamien, qui repose sur un postulat simple : si on fait la fête, on dépense plus, donc c'est bon pour le commerce. Et pour ce qui est de faire la fête, le Vietnamien ne recule devant rien. Déjà, depuis plusieurs années, il a adopté la citrouille et les masques de sorcières d'Halloween, qui envahissent les rues fin octobre… Cette année, il en a rajouté en se convertissant à l'Oktoberfest en début du même mois, où pendant deux jours, les chopes de bière bavaroise se sont entrechoquées au milieu des saucisses blanches et des bretzels !

    À la vitesse où va le monde, je m'attends à ce que l'année prochaine, des écoles de samba défilent en petites tenues dans la rue Tràng Tiên et que la nuit soit folle au rythme des cariocas ! En attendant, c'est la tradition de Noël qui s'invite en cette fin d'année. Et, ne seraient-ce les klaxons et les sonorités de la langue locale, on pourrait se croire dans un des nombreux pays d'Europe ou d'Amérique du Nord, tant les magasins, les avenues, les hôtels et les restaurants regorgent de décorations qui n'ont rien à envier à celles de leurs homologues occidentaux. Paradoxes garantit ! Ainsi, cocasses ces sapins de Noël qui, à la devanture des magasins, voisinent avec des áo dài bien d'ici. Surprenantes ces guirlandes chatoyantes qui s'enroulent à côté des lanternes chinoises rouges et or. Curieux cet immense sapin de blanc vêtu qui trône au milieu d'une place et dont la lumière éclipse les flamboyants bien ternes en cette saison…

    C'est Noël, et ça se voit ! Même les génies locaux ont du souci à se faire, dont les effigies collées sur les vitrines doivent céder la place au déferlement de rennes tirant des Pères Noël hilares, juchés sur des traîneaux volants. D'ailleurs, sous le dais scintillant des illuminations qui couvrent les grandes rues, des Pères Noël, il y en a des centaines, des milliers. Non, que le Vietnam pratique le clonage, mais tout simplement parce qu'il n'y a pas un coin de rue où l'on ne propose aux jeunes et aux moins jeunes des bonnets rouges de lutins, bordés de coton blanc. Dès lors, c'est une ribambelle de têtes "embonnetées" qui déambulent dans les rues, donnant à Hô Chi Minh-Ville et Hanoi un air de kermesse d'école…

    Et bien sûr, ma progéniture n'échappe pas à la frénésie ambiante. Ce soir, je ne risque pas de me faire remarquer, en me promenant avec un des nombreux Pères Noël miniatures à mon bras. Car, le comble, c'est que le temps s'est aussi mis à faire la fête ! Habituellement, il fait plutôt frais à Hanoi en cette période, et on ne s'attarde pas trop à flâner dans les rues le soir venu. Cette année, la douceur est au rendez-vous et, la nuit tombée, les rues hanoïennes sont autant fréquentées que pour la Fête de la mi-automne…

    Au pied du sapin !

    Mais la fête de Noël, ce n'est pas seulement à l'extérieur. Le Génie du Foyer doit aussi faire place au bonhomme barbu. Sans doute, un petit peu plus dans mon foyer d'expatrié que dans celui de mon voisin hanoïen depuis 20 générations, mais à y regarder de plus près il y a quand même un petit air de fête dans la plupart des maisons : ici ce sont quelques guirlandes qui scintillent dans un salon, là quelques flocons de neige artificielle collés aux vitres, plus loin un petit sapin vert agite ses boules multicolores…

    À propos de sapin, une précision importante : le sapin domestique est essentiellement artificiel. Seuls quelques rares sapins s'imposant sur des places publiques peuvent se permettre de perdre leurs aiguilles. Ne voyez pas dans cette ségrégation une quelconque préoccupation pratique du Vietnamien, qui évite la corvée du balayage d'aiguilles après les fêtes. L'explication est plus prosaïque : la sapin morvandiau n'existe pas ici, sauf du côté de la station climatique de Dà Lat (province de Lâm Dông, hauts plateaux du Centre), mais ce sont alors de gigantesques arbres qui auraient peine à entrer dans les maisons.
    Ici, les cadeaux se posent au pied du PVC ! Et justement, en parlant de cadeaux, le commerce ne perd pas son droit et les publicités rivalisent de séduction pour ouvrir le coffre à jouets. Véritables joueuses de flûtes, elles attirent à elles les envies enfantines dans l'espoir que dans un élan d'amour démesuré, les porte-monnaie parentaux s'ouvriront à la hauteur des bénéfices escomptés. Déjà que par habitude, j'évite la rue des jouets dans le vieux quartier, ce n'est pas demain que je vais aller y baguenauder, surtout avec ma fille ! Il me faudrait choisir entre le risque d'une amende pour cause de surcharge motocycliste ou le risque de passer pour un père indigne devant les larmes de ma fille qui se verrait refuser LE jouet qu'elle désire absolument et qui s'ajouterait à la longue liste qu'elle m'a déjà remise en main propre depuis plusieurs semaines.
    Cependant, la pire des épreuves de Noël reste à venir, et je la redoute tellement que j'en perds l'appétit, état inquiétant à quelques heures du réveillon : cette année encore, je dois "faire le Père Noël" pour les enfants du quartier ! Et de nouveau, alors qu'en Europe, venu de son lointain pays des glaces, le Père Noël sur un traîneau volant tiré par ses rennes magiques distribue aux enfants sages les cadeaux mérités, ici-bas, dans une ruelle d'un quartier de Hanoi, un Père Noël sur une moto conduite par un voisin hilare va faire le tour d'une quinzaine de maisons pour distribuer à des enfants vietnamiens, jouets et bonbons qu'ils attendent avec impatience. Comme l'an dernier, je vais risquer la rupture vertébrale à cause d'une hotte trop lourde, l'étouffement sous une barbe de coton et dans des bottes de faux poils, l'étranglement si mon costume se prend dans les rayons de ma roue…, mais on peut croire au miracle et penser que tout cela n'arrivera pas.
    Après tout, c'est Noël, et je vous le souhaite joyeux !

    Gérard BONNAFONT/CVN
    25/12/2011
    Dernière modification par thuong19 ; 22/01/2012 à 08h58.

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  3. #2
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    Bonjour Thuong,

    Toujours là pour nous donner à lire des articles sympa sur le pays !

    Les trop rares fois où je suis allée au Vietnam, j'ai toujours fait la constatation que c'était Noêl tous les jours parce que beaucoup d'immeubles, hôtels ou autres, arborent tout au long de l'année des guirlandes scintillantes de lumière sur leurs façades !

    Merci Thuong et... bonne fin d'année avant d'aborder 2012, l'année de la fin du monde dit-on ! Je souhaite que ce soit la fin d'un monde d'égoïsme où les riches s'enrichissent encore plus et où les pauvres s'enfoncent encore plus dans la misère ! Je préfère garder l'espoir d'un monde meilleur pour tous et cela ne peut arriver qu'avec la fin du monde dans lequel nous vivons actuellement !

    Bonne journée à toi et à ceux qui passeront par là !
    "Il est plus urgent de vivre que de compter !" Françoise SAGAN
    On n'est riche que de ses amis.

  4. #3
    Habitué du Việt Nam Avatar de Tac kè
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    Bonjour Buuhoa,

    Personnellement je suis passée par là et j'ai pu apprécier le "bonne journée" que tu as mis pour les amis de passage;soies-en remercié . Tout autant à Thuong pour avoir reproduit le texte de Gérard Bonnafont que je suis tous les dimanches dans le Courrier du Vietnam, dans ces fameuses et désormais "tranches de vie"... un régal et dommage que certains "épisodes" comme celui de l'an dernier à la même époque soit difficilement accessible maintenant!!! j'en pleure encore de rire - d'ailleurs il en évoque à la fin l'état dans lequel il s'était retrouvé après avoir fait le Père Noël pour les petits de sa ngo!!!!!

    Bonne fin d'année à tous les amis virtuels... bonheur, santé, chance, tout ce que vous souhaitez et qu'on est tous en droit d'espérer .. et peut-être la perspective d'un voyage, là-bas, chez nous....

    Cordialement - Tac Kè

  5. #4
    Avatar de thuong19
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    le billet de Gérard, dans sa rubrique "tranche de vie du Courrier du Viêtnam à l'occasion du Têt:
    Tranches de vie : bouquet de vœux - 02/01/2012


    Pour ce dernier jour de l'année 2011, le Courrier du Vietnam vous offre un "collector" : le dernier numéro de la version quotidienne… À partir de demain, donc l'année solaire prochaine,il devient hebdomadaire.


    Alors,évidemment en ce moment de vœux, on ne peut que lui souhaiter de voyager longtemps et loin…

    Et à propos de vœux, les Vietnamiens sont gâtés pour ce mois de janvier 2012, car ils vont pouvoir échanger des souhaits de bonne santé, bonheur, amour et mille autres félicités, deux fois dans le même mois : à l'occasion du Têt Tây (le Nouvel An occidental) et en suite à l'occasion du Têt Ta (le Nouvel An vietnamien). Si avec ça l'an à venir n'est pas magnifique, alors à quel saint se vouer?

    En ce qui me concerne, je ne peux que sacrifier à ce charmant rituel qui consiste à souhaiter à son prochain une bonne année prochaine, en reprenant quelques vœux déjà anciens, mais toujours d'actualité…

    Mes vœux pour 2012 !

    Je souhaite toujours que les compagnies aériennes se dotent de logiciels capables d'identifier la morphologie de chaque voyageur, pour qu'on puisse alterner les larges et les minces, les gros et les maigres, les petits et les grands dans les avions ; et que l'on voyage enfin sans être écrasé entre deux piliers de rugby et cesser de recevoir dans les côtes les coups de coude des grands abatis de ses voisins!

    Je souhaite toujours que toutes les jeunes filles et autres femmes accortes, qui me disent que je suis beau, jeune et fort, soient sincères et cessent de considérer que comme étranger, je dois avoir envie d'entendre cela. Ou alors, qu'elles s'équipent de lunettes à double foyer pour me renvoyer une image plus conforme à ce que me montre mon miroir!

    Je souhaite toujours que, après l'obligation du port du casque, on oblige les garde-boue arrière non relevés, ce qui évitera les projections de boue sur mon visage, pas si laid que ça après tout, lorsque je roule derrière une moto par temps de pluie!

    Je souhaite toujours, pour nos vertèbres et les suspensions de nos motos, que disparaissent de nos roues les nids de poules, de buffles ou d'éléphants qui parsèment les routes. Ils n'ont qu'à aller vivre ailleurs ces animaux-là!

    Je souhaite toujours que les bus, camions et autres véhicules à moteur apprennent ce qu'est le pot catalytique pour ne plus m'empoisonner l'atmosphère quand je circule derrière eux!

    Je souhaite toujours cesser de livrer mes articles pour le Courrier du Vietnam à la dernière minute, ce qui évitera un infarctus ou une dépression nerveuse à la journaliste responsable de ma rubrique ! Mais en même temps, je souhaite être accueilli toujours avec autant de sourires quand je passe dans la salle de rédaction en rasant les murs!

    Je souhaite toujours que ma marchande de fruits cesse de me vendre des mandarines amères plus chères que les mandarines sucrées qu'elle vend à ma femme, tout en me faisant goûter la seule mandarine sucrée qu'elle garde dans un coin pour que j'aie l'air totalement ridicule en rentrant chez moi!

    Je souhaite toujours que les personnes qui sont à côté de moi lorsque je fais le plein d'essence, cessent de téléphoner avec leurs portables, surtout s'ils ont des déclarations enflammées à faire!

    Je souhaite toujours qu'il y ait moins de crème sur les gâteaux d'anniversaire : entre mes amis et ma famille, j'en souhaite à peu près 80 par an, et c'est profondément indigeste (la crème, pas les amis)!

    Je souhaite que les Vietnamiens restent toujours aussi imperturbables dans les innombrables "tac duong" (embouteillages) qui envahissent matin et soir les rues de Hanoi. J'admire leur "apparente sérénité", alors qu'en Occident le moindre bouchon transforme inéluctablement les conducteurs en des bêtes fauves éructantes et écumantes, aux yeux injectés de sang!

    Je souhaite toujours que les passagers de bus et de cars cessent de jeter par les fenêtres les restes de leur repas ou les sacs contenant ce que justement leur estomac n'a pas supporté, et qui viennent s'écraser sur la visière de mon casque! C'est à vomir!

    Je souhaite toujours que certains touristes et expatriés, qui s'adressent en français à des Vietnamiens francophones, apprennent qu'il existe, ici aussi, le vous de politesse, et que le tutoiement avec des personnes que l'on ne connaît pas est, ici aussi, une forme d'irrespect!

    Je souhaite toujours que le facteur cesse de jeter mes lettres par-dessus la grille, surtout par temps de pluie, quand les égouts débordent!

    Je souhaite que les enfants et les jeunes passent plus de temps à étudier qu'à aller jouer dans les cybercafés. Ça me permettra de disposer plus souvent et plus rapidement d'un poste Internet lors de mes déplacements.

    Je souhaite que le livreur d'eau minérale, de gaz ou de riz cesse de venir pendant ma sieste de l'après-midi, juste au moment où je m'endors. S'ils savaient alors, combien c'est insupportable de s'entendre dire : "Quelqu'un sonne, est-ce que tu peux descendre mon chéri?"

    Je souhaite que tous les "anh yêu" (chéris) et les "em yêu" (chéries) du Vietnam et d'ailleurs puissent

    s'aimer éternellement, en portant toujours un regard amusé sur les petites vicissitudes de la vie.
    Je souhaite que tous les enfants aient droit au bonheur, à la joie de vivre et au plaisir de jouer.

    Je souhaite à mes petits malades que la science permette de soigner leurs handicaps, afin qu'ils bénéficient d'une vie meilleure pour le bonheur de leurs parents.

    Je souhaite que pour les fêtes du Têt, les prix n'augmentent pas trop, sinon je serai obligé de vendre l'argenterie de mon arrière-grand-mère vietnamienne et je ne pense pas qu'elle apprécierait!

    Je souhaite que les typhons qui assaillent le "quê" (village natal) de ma femme se calment un peu, parce que ça fait trois fois que je dois reconstruire la maison de mes beaux-parents ! Je souhaite surtout que les calamités naturelles qui s'abattent sur le Vietnam, surtout depuis ces dernières années, cessent pour épargner la vie de centaines de personnes et la misère pour des milliers d'autres !

    Je souhaite toujours pouvoir vivre encore longtemps dans ce pays surprenant où la pensée confucéenne flirte avec un romantisme suranné, où la science avance à pas de géant alors que l'on croit toujours aux "ma" (fantômes), où les épreuves des siècles passés ont forgé un mental d'acier et un optimisme à toute épreuve.

    Et enfin, je souhaite vous retrouver en pleine forme pour le premier hebdomadaire du Courrier du Vietnam, en espérant que ces tranches de vie impertinentes vous donneront envie de mieux connaître encore ce pays…

    Gérard BONNAFONT/CVN
    31/12/2011
    on notera que le quotidien CVN deviendra désormais hebdo. sa "formule "papier "n'avait pas assez d'acheteurs.FV adresse ses meilleurs voeux de réussite au CVN dans sa nouvelle version
    Dernière modification par thuong19 ; 06/01/2012 à 08h20.

  6. #5
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    Merci Thuong pour ce billet de Gérard Bonnafont très savoureux !
    "Il est plus urgent de vivre que de compter !" Françoise SAGAN
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  7. #6
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  8. #7
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  9. #8
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  10. #9
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    internet , pour apprendre à mieux connaître le monde pour les viêtnamiens de la campagne qui n'ont pas la possibilité de voyager.
    un article de Gérard dans le Courrier du Vietnam
    Intime connexion !

    22/01/2012 10:00
    Grâce ou à cause du génie de l’informatique, notre monde que nos ancêtres croyaient si grand est devenu tout petit. Et le Vietnam lui-même n’échappe pas aux mailles du réseau !
    La campagne, les maisons blotties sous les bambouseraies, les buffles paisibles qui broutent le long des routes, les petits villages aux matins noyés de brume, les rivières paresseuses ou cascades furieuses, les grands aréquiers ou les eucalyptus qui frissonnent… Quel tableau bucolique ! Quel bonheur pour le touriste en mal d’authenticité ou pour le citadin qui aspire à prendre un peu de repos loin du brouhaha des villes ! On a le sentiment qu’ici rien n’a changé depuis des siècles, à l’image des repiqueurs de riz courbés sur les rizières… Quoique, à y regarder de près, on peut s’apercevoir que la modernité prend aussi ses quartiers au quê (campagne) ! Pour se connecter, c’est où ?

    Des élèves sur l'île Cô Tô, province de Quang Ninh.
    Photo : CTV/CVN

    Pour arriver dans ce petit bourg de montagne, la route a été longue et éprouvante. Pléonasme quand on parle de la route ici, car au Vietnam, la route est toujours longue… à l’aune des distances occidentales.
    Combien de fois ai-je dû expliquer à mes visiteurs que dans nos contrées, le voyage ne se mesure pas en kilomètres, mais en heures. D’ailleurs, je suis toujours étonné de voir sur le bord des routes des bornes kilométriques, alors que je trouverais plus judicieux de trouver des bornes horaires. En effet, lire «Yên Bái 30 km» et lire «Yên Bái 1 heure» n’ont pas le même effet sur le moral et l’organisme du voyageur ! C’est comme pour un marathon ! Dans le premier cas, on se détend en se disant qu’il ne reste plus que 20 minutes de route, on relâche la tension des muscles dorsaux et on accepte les chocs vertébraux, on se met même à chanter, assuré que cela ne durera plus longtemps, au risque de s’effondrer lamentablement dans le fond de la voiture en hurlant que l’on va se jeter par la fenêtre tellement que notre dos nous fait souffrir. Dans le second cas, on maintient l’effort, on reste concentré, on sait que la course n’est pas gagnée, qu’il faut encore tenir une heure, on économise son souffle, on continue à se cramponner, volonté tendue vers l’arrivée, préservant ainsi son capital lombaire jusqu’au bout. Et quel plaisir que de pouvoir se dégourdir les jambes, quand enfin nous pouvons faire halte à l’étape ! Et c’est ce que je fais dans ce petit village qui aligne ses maisons au bord d’une route caillouteuse. Mais, tandis que mes compagnons de voyage s’installent dans leurs chambres, je demande au tenancier du petit «nhà nghi» (petit hôtel) dans lequel nous posons nos valises si je peux accéder à Internet. Non que j’éprouve une quelconque addiction pour l’écran et le clavier, mais je dois impérativement écrire avant ce soir mon article pour le Courrier du Vietnam ! Et si je devais l’oublier, les messages laissés sur mon téléphone mobile par un membre du secrétariat de rédaction gentiment impitoyable me culpabilisent suffisamment pour que je laisse mes amis profiter des charmes champêtres, tandis que j’use mes yeux et la pulpe de mes doigts devant un ordinateur… Mais ce n’est pas dans mon petit hôtel que je pourrais me livrer à mon exercice hebdomadaire, car ici ni wifi, ni poste informatique. En effet, après une dénégation vigoureuse, l’hôtelier m’indique d’un geste vague le lieu où je pourrais trouver des ordinateurs accueillants. À gauche en sortant de l’hôtel, puis à 100 m à droite… Fort de ces précieuses informations, je pars à la recherche de mon salut ! Discrétion assurée ! Tourner à gauche en sortant de l’hôtel ne me pose pas de problèmes, par contre je m’aperçois vite que les mètres ici sont comme les kilomètres : aléatoires ! En effet, après être passé devant une petite boutique, un vendeur de téléphone, un salon de coiffure, une autre petite boutique, j’arrive bientôt à l’issue de mon hectomètre sans voir poindre le plus petit bout d’ordinateur, ni la plus petite pancarte annonciatrice d’un lieu où puissent se trouver des ordinateurs en libre-service…
    Se connecter au monde entier depuis ce petit bout de Vietnam.
    Photo : Trân Lê Lâm/VNA/CVN

    Passant devant quelques personnes occupées à décharger un camion de feuilles de thé en vrac, je m’enquiers de l’objet de ma quête. Ce qui a deux effets : tout le monde s’arrête de travailler pour écouter ce drôle de Tây (Occidental) qui parle vietnamien, et quinze doigts m’indiquent une petite bicoque de l’autre côté de la route. Pour y accéder, je dois franchir une passerelle branlante au-dessus d’un fossé rempli d’eau verdâtre, et avoir suffisamment d’assurance pour faire reculer le chien jaune qui défend son territoire et le bout de la passerelle avec virulence. Comme tout le monde le sait, si le chien a un odorat très développé, il a la vue courte, et sans doute mon odeur n’est-elle pas proportionnelle à ma morphologie, car plus j’approche du gardien canidé, plus il distingue la masse qui lui arrive dessus et plus il opère un repli stratégique accompagné d’aboiements d’excuses…

    Ce remue-ménage fait sortir de la petite maison une jeune femme portant un bébé dans les bras. Je me dis que je me suis sans doute trompé et que je dérange une famille dans son intimité, mais très vite la maman me détrompe en m’invitant à passer sous la porte basse. Là, dans une pénombre où les écrans dispensent une lumière blanchâtre, trois ordinateurs alignés sur une grande table en bois me tendent leur clavier. Dans le coin opposé, un grand lit avec une moustiquaire, à côté d’une petite armoire. Un peu plus loin, un petit réchaud et quelques ustensiles de cuisine…

    Je suis dans le cybercafé local, mais je suis aussi dans la maison d’habitation des propriétaires. Avec un sourire, la jeune femme me fait signe de m’installer devant un écran. Tandis qu’elle déclenche le compteur qui permettra de décompter mon temps de connexion et d’utilisation, je prends place sur une chaise en fer. Pendant une heure, je vais être connecté au monde entier depuis ce petit bout de Vietnam, dans cette humble demeure, où une maman, rassurée par cet Ông Tây qui parle sa langue, vaque à ses occupations domestiques jusqu’à allaiter son enfant. J’ai l’impression d’être écartelé entre deux mondes…

    Après avoir effectué mon pensum, je prends le temps de discuter un peu avec mon hôtesse. Son mari travaille dans les champs de thé, et elle s’occupe de cette activité complémentaire. Les ordinateurs sont achetés d’occasion et la redevance pour les connexions est minime car l’opérateur participe à l’effort d’informatisation des campagnes. Mais, en fait, rares sont les utilisateurs pour des raisons professionnelles ou pour des adresses électroniques. Ceux qui viennent sont surtout des enfants et des jeunes qui surfent sur les jeux en ligne. D’ailleurs, au moment où je prends congé, des adolescents accueillis par un chien frétillant pénètrent dans la maison pour s’éparpiller devant les trois écrans et entamer une longue partie de jeu de combat…

    Dehors, quelques ampoules déchirent un peu la nuit tombante. En me retournant, j’aperçois l’enseigne éclairée de rouge : INTERNET.

    Au même moment dans des milliers de petits villages au Vietnam, d’autres enseignes identiques ouvrent le monde à ceux qui vivent dans ces si charmants petits coins de campagne !

    Gérard BONNAFONT/CVN






    Dernière modification par thuong19 ; 22/01/2012 à 08h57.

  11. #10
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    à la rencontre des minorités
    avec Gérard
    Découvre-moi !
    25/01/2012 09:44
    Je suis bien loin d’avoir côtoyé toutes les minorités ethniques du Vietnam, mais je ne désespère pas, à sillonner les routes du pays en compagnie de mon complice Tuân, de réussir à rencontrer ces 53 cultures aux habits, coutumes et rites si différents.
    Curiosité touristique…

    Comme tous ceux qui ont posé le pied sur le sol vietnamien pour la première fois, ma rencontre avec une minorité ethnique a lieu au cours d'un circuit touristique qui nous conduit dans un village "typique", où les autocars sont cachés dans un parking dissimulé par de grandes haies de bambou pour ne pas dénaturer l'authenticité du lieu. À peine descendus du véhicule, nous sommes assiégés par une meute d'enfants et de femmes, vêtus des habits traditionnels de leur ethnie, qui nous invitent chez eux pour nous faire partager un moment de leur intimité…

    Costumes de fête ou coutumes de fête ? Photo : Gérard/CVN

    Je suis happé par une charmante maman, portant un bébé sur le dos, qui m'entraîne de force vers une maison sur pilotis, où les cochons logés au sous-sol m'accueillent avec des grognements. J'escalade les quelques marches de bois mal équarri pour pénétrer dans la maison au plancher de bambou et au toit de feuilles de latanier. Un foyer aux braises déclinantes, qui laissent échapper des fumerolles blanchâtres, trône au centre de la seule salle d'habitation. À côté, un hamac balance doucement une grand-mère édentée qui somnole. Dans un angle, un rideau à demi ouvert laisse entrevoir une natte déroulée au sol : sans doute une chambre… Un coffre en bois et quelques étagères de bambou semblent être le seul mobilier présent dans la pièce. En hauteur, une claie de bambou et d'osier tissé, fixée par un astucieux système de poulie, permet de mettre à l'abri d'éventuels prédateurs, le linge et les denrées fragiles. Tout respire la calme assurance d'un temps qui se déroule hors du monde extérieur. Et pourtant, cette apparente sérénité masque de terribles épreuves à venir...

    La première consiste à me faire asseoir en tailleur aux côtés d'un père aux muscles saillants et d'un grand-père qui parle français. Ce n'est pas la compagnie agréable des deux hommes de la maisonnée que je redoute, mais la douleur de mes muscles torturés dans une position qui ne m'est pas naturelle, et que mes cuisses, mes fesses, mon dos et mes genoux détestent particulièrement. Je n'ai jamais été un adepte du yoga ni de la méditation transcendantale, et la souplesse n'est pas ma principale qualité ! Le rictus de souffrance, qui accompagne les craquements de mes articulations tentant de se mettre en place pour éviter le ridicule, semble être reçu comme un sourire de bien-être, puisque mes hôtes m'offrent un verre d'alcool de riz en signe de bienvenue…

    Seconde épreuve pour moi qui ne bois pas une seule goutte d'alcool ! Comment ne pas vexer mes hôtes, sans rajouter aux douleurs articulaires des douleurs épigastriques et des effets néfastes sur ma santé et mon équilibre ? Heureusement, je suis accompagné en l'occurrence par un ami qui ne rechigne pas à goûter aux boissons fortes et fermentées. En trinquant généreusement, il attire sur lui l'attention, me permettant de sauver la face…

    Après avoir partagé avec l'aïeul des souvenirs que lui seul avait vécu, s'être extasié devant l'habileté de la maman à manier le métier à tisser permettant de produire les magnifiques tissus ethniques que l'on nous propose à un prix "très raisonnable", après avoir acheté trois sacs, quatre écharpes, une veste, deux porte-monnaie, le tout en lin et coton (je n'étais pas encore marié à une Vietnamienne à l'époque), nous rejoignons le groupe des autres touristes, fiers de faire partie de ceux qui ont découvert une peuplade étrange…, de quoi alimenter les conversations de salon et acquérir une notoriété d'anthropologue dans les dîners en ville !

    Authenticité ethnique…

    Depuis, j'ai eu maintes occasions de rencontrer de nombreuses minorités ethniques, dans des villages perdus au fond des vallées, sur des plateaux battus par les vents, sur les crêtes de montagnes ou le long de routes éloignées…

    École pour tous, avec une touche culturelle. Photo: Gérard/CVN

    J'ai partagé l'eau chaude avec des Muong dans leurs maisons de bois sur pilotis, pendant que les buffles s'ébrouaient sous nos pieds. J'ai marché au soir tombant dans des cimetières H'môngs, aux tombes en forme de tumulus avec une petite porte pour que les esprits des morts puissent sortir la nuit (?). Je ne les ai pas vus, mais j'ai vu les grands étendards chamaniques flotter au vent. J'ai écouté dans les maisons communes aux toits immenses les sons des t'rung, koni et arong des Ba Na.

    J'ai fait fuir des enfants Ma qui n'avaient jamais vu d'étranger, en voulant regarder de plus près les grains de maïs rouge qui séchaient dans la cour. J'ai partagé le repas des Brau, en tentant de faire bonne figure parmi les femmes aux torses nus. Je me suis retrouvé parmi des familles hilares, toutes en tenue d'Adam et Eve, à me baigner comme eux dans un bassin d'eau chaude naturelle, là-bas dans un petit village Tày, à l'abri du tourisme de masse…

    J'ai vu, le long des routes de montagnes, des cohortes d'enfants portant un havresac de cuir ou d'osier tissé, marcher durant des kilomètres pour aller à l'école de la vallée. J'ai rencontré des dizaines de familles fières de me montrer la photo de leur fils ou de leur fille qui "apprend à Hanoi, Huê ou Hô Chi Minh-Ville" pour devenir ingénieur, médecin ou architecte…

    Avec ce sentiment que toutes ces minorités ethniques, avant d'être une vitrine à tourisme, étaient surtout les dépositaires du lien entre nos souvenirs et notre avenir…

    GERARD BONNAFONT/CVN

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