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Discussion: Ici, on parle des travailleurs sexuels vietnamiens.

  1. #1
    Le Việt Nam est fier de toi Avatar de DédéHeo
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    Cool Ici, on parle des travailleurs sexuels vietnamiens.

    J’ai remarque que dans ce forum, ce problème ressort insidieusement dans des fils de discutions dont ce n’est pas le sujet. Alors j’ouvre ce fil entièrement consacre aux travailleurs sexuels et j’espère qu’ainsi, on n’ira pas contaminer les discussions philosophiques et culturelles ailleurs.


    En 2002, je crois, j’ai lu un article dans le journal Lao Dong ou on interviewait 4 ou 5 personnes sur la question :
    « Faut-il légaliser la prostitution. »


    Un monsieur de l’Institut des Sciences Sociales déclarait : « C’est un métier comme un autre et si c’était légal, ça serait mieux contrôle »


    Une autre personne avait une opinion moins tranchée.
    Les 3 autres étaient contre (Une d’elle proposait même de renforcer la répression ???)
    Je me demande si ce que pressentait le Lao Dong était représentatif de l’opinion des Vietnamiens (C’est possible car Lao Dong est un journal sérieux)
    Quel est votre opinion ?
    ceci n'est pas une pipe
    Peut envoyer des images dans les signatures : Non

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  3. #2
    Avatar de mike
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    Citation Envoyé par DédéHeo Voir le message
    Un monsieur de l’Institut des Sciences Sociales déclarait : « C’est un métier comme un autre et si c’était légal, ça serait mieux contrôle »
    Je partage son point de vue...Cela est faisable sous certaines conditions :
    - que l'exercice du métier soit issue de la propre initiative même de la personne ( lutte contre les proxenets, l'exploitation des femmes..)
    - que le métier soit régie par un cadre stricte, réglementé et contrôlé (fichier des personnes, interdiction aux mineurs..)

    voici un article très intéressant à ce sujet et résume assez bien la situation :

    Citation Envoyé par Amy Otchet


    Prostitution: légaliser ou pas?


    Pour certains groupes de femmes, les prostituées sont surtout des victimes; pour d’autres, elles sont des «travailleuses sexuelles» avec des droits.


    Le «Guide international du sexe», vendu 30 dollars aux Etats-Unis, fournit à ses lecteurs les «bons plans» du sexe dans le monde entier. On y lit:«Depuis que les Chinois ont déclaré la richesse, c’est la gloire, des femmes sans le sou, sans relations et sans capacités intellectuelles ont exploité le seul atout dont elles disposent pour s’enrichir rapidement. Il leur suffit d’une chambre, d’un lit et d’une lampe rouge pour faire un bordel. Ces femmes gagnent ainsi beaucoup plus d’argent, à raison de 30 dollars par client, qu’en travaillant à l’usine pour quatre dollars par jour. Telle est la réalité dans presque tous les pays sous-développés». Le même guide poursuit que chacun doit tirer le meilleur bénéfice possible de cette activité commerciale: «Si une personne préfère utiliser son corps de cette façon plutôt que de trimer pour un patron esclavagiste, et si les hommes veulent bien les payer plus que des tarifs de misère, pourquoi pas? Si ce n’est ni votre corps, ni votre argent, ça ne vous regarde pas. Tant que les problèmes économiques de la planète et ceux de la surpopulation ne sont pas résolus, il faut bien que quelqu’un paye».
    Quelqu’un, mais qui? Les plus pauvres, les plus vulnérables? L’industrie du sexe a pris une dimension internationale; elle constitue une source importante de revenus pour de nombreux pays, en particulier en Asie. Le problème est que la prostitution n’est pas tout à fait légale. Est-ce que sa légalisation réduirait les inégalités et les abus subis par les femmes prostituées? Ou bien aurait-elle pour effet d’anéantir des décennies d’efforts en faveur de la promotion des droits humains et du statut des femmes?

    Vifs échanges entre camps
    A première vue, il s’agit du énième épisode d’un éternel débat. A première vue seulement. Car le débat ne porte plus sur la moralité – la prostitution est-elle un vice, et les clients sont-ils hommes fautifs? – mais sur des notions éthiques – la prostitution est-elle une forme d’exploitation qui doit être abolie ou une activité qu’il faut réglementer?
    Ces questions divisent les mouvements de femmes dans le monde. En gros, deux camps s’affrontent. L’un milite pour l’éradication de la prostitution: c’est le cas de la Coalition contre le trafic des femmes, par exemple. L’autre camp considère les prostituées comme des «travailleuses sexuelles», à qui il faut donner des droits: c’est la position de groupes basés surtout aux Pays-Bas, aux Etats-Unis et en Angleterre. Entre les deux camps, les échanges sont vifs. La Coalition affirme que l’autre camp défend les intérêts des «maquereaux et des trafiquants». Ce dernier répond que les abolitionnistes, enfermées dans la tour d’ivoire du féminisme universitaire, sont coupées du vécu quotidien des femmes prostituées.
    La ligne de partage repose sur la distinction entre la prostitution «libre», revendiquée par les «travailleuses sexuelles», et la prostitution «forcée», qui serait le lot de la majorité des femmes, selon les abolitionnistes. Les deux camps reconnaissent que cette distinction est simpliste, mais pour des raisons différentes. Il est évident que la petite Népalaise de 12 ans, vendue à un bordel d’Inde où sévit le sida, n’a jamais été consentante. Pas plus que ne dispose de son libre arbitre la toxicomane new-yorkaise qui doit remplir son quota de passes pour que son proxénète lui donne sa dose de drogue. Mais qu’en est-il de l’Ukrainienne qui, chômeuse, va travailler en Allemagne comme serveuse et se retrouve dans un bordel ?
    «La distinction entre la prostitution libre et forcée occulte l’impact considérable des conditions sociales et économiques, que sont la pauvreté, la marginalisation, l’absence de perspectives et l’antériorité d’abus sexuels», estime Aurora Javate de Dios, de la branche Asie-Pacifique de la Coalition. «La crise économique, les désastres naturels, les troubles politiques et les conflits rendent femmes et enfants plus vulnérables et en font des proies faciles pour les recruteurs du sexe, et cela partout, mais surtout dans les pays en développement», ajoute-t-elle. A ses yeux, les lois visant à distinguer les deux types de prostitution légitimeront implicitement les relations patriarcales et serviront, au mieux, à identifier les formes extrêmes de coercition, sans tenir compte du facteur pauvreté.
    Dans l’autre camp, la frontière entre la prostitution libre et forcée paraît tout aussi aléatoire. «Quand les gens ont-ils la liberté de choix, en particulier sur le marché du travail? L’ouvrier dans une usine chimique à qui son salaire permet à peine de survivre? La femme qui, à cause de son origine sociale, ne pourra jamais développer ses compétences? Pourquoi cette question du choix ne devrait-elle s’appliquer qu’à la prostitution?», demande Lin Chew, ancienne porte-parole de la Fondation contre le trafic des femmes, une ONG des Pays-Bas.
    Les deux parties se rejoignent toutefois sur la nécessité de la dépénalisation et de l’abrogation des lois qui répriment les prostituées au nom de la moralité et de l’ordre public. Au-delà, les points de vue divergent à nouveau. Pour les abolitionnistes, les femmes sont des victimes, mais quiconque tire profit de leur exploitation doit être condamné. Pour les groupes de défense des prostituées, on n’aidera pas les travailleuses sexuelles si on condamne leurs employeurs à la clandestinité. On peut cependant essayer de garantir un minimum, à savoir, que ces travailleuses soient protégées des risques du métier et traitées correctement. On en arrive alors au rôle de l’Etat.
    Sur cette question, les groupes pour les droits des prostituées se divisent à leur tour. Certains sont pour une dépénalisation complète, c’est-à-dire la suppression de toute réglementation. D’autres militent pour la légalisation de la prostitution, avec des contrôles règlementaires. Exemples: des licences peuvent être accordées, assorties d’une obligation de contrôles sanitaires; les plans d’urbanisme peuvent prévoir d’implanter les «éros centres» à l’écart des zones résidentielles; les lieux de travail peuvent être soumis à une réglementation, portant par exemple sur l’éclairage, la ventilation, la qualité des matelas ou les précautions contre l’incendie; il peut être illégal d’obliger une femme à boire de l’alcool avec un client; des conditions spéciales peuvent s’appliquer au calcul des impôts sur le revenu; enfin, la couverture sociale peut être garantie.
    En théorie, ce type de règles vise à protéger les prostituées. Mais certains textes ont un effet inverse, soulignent plusieurs groupes de travailleuses sexuelles. A propos des maisons closes gérées par l’Etat, le groupe américain Coyote (en faveur d’une totale dépénalisation de la prostitution) estime ainsi qu’il n’y a pas «de pire cauchemar que de devoir travailler comme fonctionnaire dans le commerce du sexe, où il existe un long passif d’abus commis par la police... D’autre part, les clients préfèrent certes les bordels – un homme arrive dans un endroit où toutes les femmes attendent en rang en d’être choisies – mais pour les femmes c’est une situation extrêmement inconfortable et dégradante.»

    Des cours de prostitution…
    Quant aux licences accordées aux bordels «légaux» ou aux prostituées, qui obligent à des contrôles médicaux fréquents, «elles ne garantissent en rien la sécurité du client et de la prostituée», estime les porte-parole du groupe Coyote. A leurs yeux, les prostituées n’ont pas besoin qu’on les oblige à ces contrôles, dans des services publics sous-équipés où elles sont souvent traitées comme du bétail. Elles se soumettront d’elles-mêmes à des visites médicales, en vertu des seules règles de la libre concurrence. Et Coyote d’ajouter crûment: «Un restaurant perd sa réputation si la nourriture n’est pas fraîche et si ses clients tombent malades; les mêmes auto-régulations s’appliqueront à la prostitution.»
    Pour la Coalition contre le trafic des femmes, le débat sur le rôle de l’Etat camoufle les vrais enjeux. Ce groupe est opposé à l’appellation «travailleuses du sexe» pour les prostituées: il est méprisant pour ces dernières, alors qu’il légitimise les rôles du proxénète, du rabatteur ou du trafiquant. «Ce que les femmes prostituées subissent dans leur “emploi” équivaut à ce qui, dans d’autres contextes, est la définition du harcèlement sexuel et de l’abus sexuel au travail», estime Janice Raymond, de la Coalition. A ses yeux, ce n’est pas parce que les prostituées sont payées que l’abus qu’elles subissent n’existe plus.
    J. Raymond signale qu’aux Pays-Bas, il existe des cours payants auxquels peuvent s’inscrire des candidates à la prostitution ou des prostituées qui désirent mieux se former. On y propose des jeux de rôles dans les bars et même des cours sur la fiscalité de la prostitution. «Quelle personne censée encouragerait une quelconque adolescente à suivre ces cours? Pourquoi laisser faire la promotion de ce “commerce”, alors que rien n’est fait pour aider les prostituées à en sortir?», demande J. Raymond. Elle donne cette réponse : «Parce qu’il est plus simple de croire que la prostitution est un choix pour les femmes... Si la question du choix doit être posée, posons-la aux clients. Pourquoi des hommes choisissent-ils d’acheter les corps de millions de femmes et d’enfants, d’appeller ça du sexe, et d’en tirer, apparemment, un grand plaisir?»
    Source : ICI


    Citation Envoyé par DédéHeo Voir le message
    Je me demande si ce que pressentait le Lao Dong était représentatif de l’opinion des Vietnamiens (C’est possible car Lao Dong est un journal sérieux)
    Je ne suis pas étonné de la réponse..je pense que le vietnamiens en général seront contre la légalisation de la prostitution si un référundum devait se mettre en place. Plusieurs facteurs ne seraient pas en sa faveur : la culture, la mentalité, les valeurs familiales très omniprésentes, la tradition..

    Citation Envoyé par AVI (article de 2002)

    La prostitution est officiellement interdite au Vietnam où le sens de sauvegarde de la communauté, le mode de vie sain et les bonnes moeurs devenus une tradition ont donné plus de rigueur aux mesures d'éducation, de propagande pour prévenir et contrôler la propagation des maux.
    De plus, très peu de pays ont légalisé la prostitution et ceux qui l'ont interdit, n'ont pas vraiment résolu le problème..A quand une réponse adaptée ? :cry:

  4. #3
    Repose en paix Avatar de hoan kiem
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    Encore une fumisterie de puritains si mes souvenirs sont bon la prostitution est interdite au Việt Nam :tdr1:
    Encore plus comique la Thailande ou la aussi la prostitution est interdite :tdr1:.
    Apres tu a les mineurs, l'age legal pour travailler dans une maison close est de 16 ans en Suisse ainsi qu'au pays bas(la je suis moins sur) la derniere fois que je suis allez en Hollande j'ai vu une jeune fille en vitrine encadres par 2 mama san et je doutes fortement que cette personne avait 18 ans et c'etait dans le fameux red light district en 1998
    Maintenant ơui pour la prostitution quand les personnes ont choisis elles mêmes d'exercer cette activiter et ne subissent aucunes contraintes, non quand les personnes sont forcer et que les revenus engendrer servent a alimenters les comptes en banques de mafieux qui se la coulent douce.
    Legalisation pourquoi pas mais comment sera elle realiser y aurat une convention collective, des articles dans le code du travail etc etc... le plus grand maqueraux en France reste encore l'etat et les prostituers ne peuvent beneficier d'aucune protection sociale a part le fameux CMU ou la plupart des titulaires ont un mal fou a obtenir un rdv chez un medecin sans parlez des dentistes qui sont les plus gros escrocs dans le domaine medicale.

  5. #4
    Le Việt Nam est fier de toi Avatar de robin des bois
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    Je n'ai pour l'instant pas mis la main sur un reportage de ce genre concernant le Vietnam .. mais voici celui que j'avais trouvé,il y a un certain temps déjà sur:
    " Vies de prostituées dans les bordels cambodgiens"

    http://thailande-cambodge.forumactif.com/sutra1414.htm

    C'est un reportage de très grande qualité, je trouve ; mais il ne me semble pas que sur ce lien Internet, je retrouve l'intégralité de l'interview que j'avais pu lire initialemnt

  6. #5
    Avatar de mike
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    Citation Envoyé par robin des bois Voir le message
    mais il ne me semble pas que sur ce lien Internet, je retrouve l'intégralité de l'interview que j'avais pu lire initialemnt
    je crois que l'interview a été repris : ICI

    Citation Envoyé par Dr Janice G. Raymond


    Dix raisons pour ne pas légaliser la prostitution


    1. La légalisation /dépénalisation de la prostitution est un cadeau fait aux proxénètes, aux trafiquants et à l'industrie du sexe.
    Que signifie légaliser la prostitution ou dépénaliser l'industrie du sexe? Aux Pays-Bas, cela revient à approuver tous les aspects de l'industrie du sexe : les femmes, les clients, et les proxénètes qui, sous le modèle réglementariste, deviennent des hommes d'affaires et de légitimes entrepreneurs sexuels.
    La légalisation/dépénalisation de l'industrie du sexe transforme également les maisons closes, les sex-clubs, les salons de massage et autres endroits où s'exerce la prostitution en des lieux de rencontre légitimes dans lesquels le commerce du sexe peut fleurir en toute légalité, sans grande contrainte.
    Le citoyen ordinaire pense qu'en demandant la légalisation et la dépénalisation de la prostitution, il donne à la prostituée un statut respectable et professionnel. Pourtant, faire de la prostitution un travail respectable ne rend pas les femmes elles-mêmes plus respectables, cela légitimise tout simplement l'industrie du sexe. Souvent, les gens ne se rendent pas compte que la dépénalisation implique, par exemple, la dépénalisation de l'ensemble de l'industrie du sexe, et non celles des femmes uniquement. De plus, ils n'ont pas réfléchi aux conséquences de la légalisation des proxénètes en tant qu'entrepreneurs sexuels ou hommes d'affaires, ou bien encore que les hommes, qui achètent des femmes en vue de rapports sexuels, sont désormais reconnus comme de légitimes consommateurs de sexe.
    La CATW prône la dépénalisation des femmes qui sont dans la prostitution. Aucune femme ne devrait être condamnée pour sa propre exploitation. Mais les Etats ne devraient jamais décriminaliser les proxénètes, les clients, les entremetteurs, les ouvertures de maisons closes ou de tout autre établissement sexuel.
    2. La légalisation /dépénalisation de la prostitution et de l'industrie du sexe encourage la traite en vue de l'exploitation sexuelle.
    La légalisation ou la dépénalisation des industries de prostitution constitue la raison essentielle de la traite. Un des arguments pour légaliser la prostitution aux Pays-Bas était que la légalisation permettrait de mettre fin à l'exploitation d'immigrées désespérées victimes de la traite. D'après un rapport effectué pour le groupe gouvernemental de Budapest*, 80% des femmes qui sont dans les maisons closes hollandaises ont fait l'objet d'un trafic vers l'étranger (Groupe de Budapest, 1999 : 11). Dès 1994, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a déclaré qu'aux Pays-Bas, «près de 70 pour cent des femmes exploitées étaient originaires des pays de l'Europe centrale et orientale (PECO)» (OMI, 1995 : 4).
    Le gouvernement des Pays-Bas se vante d'être le champion de la lutte contre la traite d'êtres humains à travers ses politiques et ses programmes, pourtant il a supprimé tous les obstacles légaux au proxénétisme, à l'acquisition de prostituées et à l'ouverture de maisons closes. En l'an 2000, le ministère hollandais de la Justice a plaidé pour un quota légal de «travailleuses du sexe» étrangères, car le marché hollandais de la prostitution réclame une diversité de «corps» (Dutting, 2001 : 16). La même année, le gouvernement hollandais a souhaité et obtenu un jugement de la Cour de justice des Communautés européennes reconnaissant la prostitution comme une activité économique et permettant par conséquent aux femmes originaires de l'Union européenne (UE) ou des pays de l'ancien bloc soviétique, de recevoir un permis de travail en tant que « travailleuse du sexe» pour l'industrie du sexe aux Pays-Bas, à condition qu'elles prouvent leur indépendance. Des Organisations non gouvernementales (ONG) hollandaises ont déclaré que les trafiquants profitent de cette décision pour amener des femmes étrangères dans l'industrie de la prostitution des Pays-Bas, en dissimulant le fait qu'elles soient victimes de la traite et en leur enseignant comment prouver qu'elles sont des «travailleuses du sexe immigrées» indépendantes.
    Un an après la réouverture des maisons closes aux Pays-Bas, les ONG ont indiqué qu'il y a eu une augmentation du nombre des victimes de la traite ou, au mieux, que le nombre des victimes étrangères était resté le même (Bureau NRM, 2002 : 75). Quarante-trois municipalités hollandaises désirent mener une politique contre les maisons closes mais le Ministre de la Justice a affirmé qu'une interdiction totale de la prostitution dans une commune serait contraire au «droit de choisir librement son travail» (Bureau NRM : 2002) qui est garanti dans la Constitution fédérale des Pays-Bas, la Grondwet.
    En janvier 2002, la prostitution a été pleinement reconnue comme une activité légitime en Allemagne, après avoir été autorisée, pendant des années, dans des lieux appelés éros-center ou zones de tolérance. Le développement de la prostitution, du proxénétisme et des maisons closes sont désormais autorisées. Dès 1993, après que les premiers pas vers la réglementation ont été engagés, on a reconnu (y compris les partisans de la prostitution) que 75 pour cent des femmes travaillant dans l'industrie de la prostitution allemande étaient originaires de l'Uruguay, de l'Argentine, du Paraguay et d'autres Etats d'Amérique du sud (Altink, 1993 : 33). Après la chute du mur de Berlin, les propriétaires de maisons closes ont signalé que neuf femmes sur dix, travaillant dans l'industrie allemande du sexe, provenaient d'Europe de l'Est (Altink, 1993 : 43) et d'autres pays anciennement soviétiques.
    Compte-tenu de l'immense proportion de femmes étrangères qui sont dans l'industrie de la prostitution en Allemagne - plus de 85 pour cent selon les estimations de certaines ONG -, le fait qu'elles aient pu bénéficier d'une aide pour entrer sur le territoire allemand ne fait aucun doute. Il en va de même aux Pays-Bas, où des ONG affirment que la plupart des femmes étrangères ont été amenées de force dans le pays car il est pratiquement impossible pour des femmes avec peu de ressources d'assurer leur propre émigration, les coûts du voyage et des papiers officiels et de monter leur propre «affaire» sans aide extérieure.
    Le lien entre la légalisation de la prostitution et le trafic d'êtres humains en Australie a été reconnu dans le rapport de 1999 du département d'Etat sur les pratiques en matière de droits de l'Homme dans chaque pays, publié par le Bureau pour la démocratie, les droits de l'Homme et le travail des Etats-Unis. Dans le rapport sur l'Australie, on note que dans l'Etat de Victoria, qui a réglementé la prostitution dans les années quatre-vingt, « le trafic de femmes d'Asie orientale pour le commerce illégal du sexe est un problème croissant » en Australie (…) les lois permissives - comprenant la légalisation de la prostitution dans certaines parties du pays - rendent difficile le travail de mise en application de la lutte contre la traite.
    3. La légalisation /dépénalisation de la prostitution ne permet pas de contrôler l'industrie du sexe, cela l'étend.
    Contrairement aux affirmations selon lesquelles la légalisation et la dépénalisation régleraient l'expansion de l'industrie du sexe et permettraient son contrôle, celle-ci représente désormais cinq pour cent de l'économie des Pays-Bas (Daley, 2001 : 4). Lors des dix dernières années, aux Pays-Bas, alors que le proxénétisme a été légalisé et les maisons closes dépénalisées en 2000, l'industrie du sexe a progressé de 25% (Daley, 2001 : 4). A toute heure du jour et de la nuit, des femmes de tous les âges et de toutes les races sont exposées, en tenue très légère, derrière les tristement célèbres vitrines des bordels et des sex-clubs hollandais, prêtes à être achetées pour la consommation masculine. La plupart d'entre elles sont étrangères et selon toute vraisemblance sont victimes d'un trafic qui les conduit aux Pays-Bas.
    Dans ce pays, il existe à l'heure actuelle des associations reconnues pour les affaires du sexe et les « clients » de la prostitution qui consultent et collaborent avec le gouvernement afin de servir leurs intérêts et de promouvoir la prostitution. Parmi elles, figurent «l'Association des opérateurs des affaires de relaxation», la «Consultation coopérante des opérateurs de la prostitution derrière les vitrines», ainsi que la «Fondation des Hommes/Femmes et de la prostitution», un groupe d'hommes qui ont recourt régulièrement aux femmes qui sont dans la prostitution et dont le but spécifique comprend «de faire en sorte que la prostitution et le recours aux services des prostituées soient plus acceptés et deviennent un sujet de discussion ouvert» ainsi que de «protéger les intérêts des clients» (NRM Bureau, 2002 : 115-16).
    Confronté à la pénurie de femmes qui souhaitent «travailler» dans le secteur légal du sexe, le rapporteur national hollandais sur la traite d'êtres humains déclare qu'à l'avenir, une « solution » envisagée pourrait être «d'offrir au marché des prostituées ne provenant pas de pays de l'Union européenne ou de l'Association économique européenne, qui choisissent délibérément de travailler dans la prostitution…» On pourrait leur donner «un accès légal et contrôlé au marché hollandais» (NRM Bureau, 2002 : 140). Etant donné que la prostitution a été transformée en «travail sexuel», et les proxénètes en entrepreneurs, cette «solution» probable transformerait également la traite d'êtres humains en « migration volontaire pour travail sexuel.» Les Pays-Bas regardent vers l'avenir en ciblant les femmes de couleurs vivant dans la pauvreté pour le commerce international du sexe afin de combler les insuffisances du libre marché des « services sexuels. » Cela renforce la normalisation de la prostitution en tant qu'«option pour les pauvres.»
    La légalisation de la prostitution dans l'Etat de Victoria en Australie, a conduit à une expansion massive de l'industrie du sexe. Alors qu'il y avait quarante maisons closes autorisées en 1989, il y en avait quatre-vingt quatorze en 1999 en plus de quatre-vingt quatre services d'hôtesses. D'autres formes d'exploitation sexuelle, comme la danse sur des tables, les centres sadomasochistes, les peep-shows, les services de téléphone rose, et la pornographie se sont toutes développées de façon beaucoup plus lucrative qu'auparavant (Sullivan et Jeffreys : 2001).
    La prostitution est devenue une activité acceptée dans l'Etat de Victoria, accompagnant la hausse du tourisme et l'expansion des casinos, dont certains financés en partie par le gouvernement autorisent l'utilisation des jetons et des primes gagnés à la roulette dans les bordels environnants (Sullivan et Jeffreys : 2001). La marchandisation des femmes est beaucoup plus visible et s'est extrêmement intensifiée.
    Le nombre des maisons closes en Suisse a doublé quelques années après la légalisation partielle de la prostitution. La plupart d'entre elles sont exemptes de taxes et un bon nombre sont illégales. En 1999, le journal de Zurich, Blick, a indiqué que la Suisse avait la plus forte densité de maisons closes en Europe. Les résidents se sentent envahis par les lieux de prostitution et sont confrontés aux empiètements récurrents sur les zones dans lesquelles les activités de prostitution ne sont pas autorisées (South China Morning Post : 1999).
    4. La légalisation /dépénalisation de la prostitution augmente la prostitution clandestine, souterraine, illégale et celle sur la voie publique.
    La légalisation devait faire quitter les prostituées de la voie publique. Bon nombre d'entre elles ne veulent pas se faire enregistrer ni subir des examens médicaux, comme la loi l'exige dans certain pays ayant légalisé la prostitution. Par conséquent, cette légalisation les mène souvent à se prostituer sur la voie publique. Beaucoup de femmes choisissent la prostitution de rue car elles veulent éviter d'être contrôlée et exploitée par les nouveaux «hommes d'affaires» du sexe.
    Aux Pays-Bas, les femmes dans le milieu de la prostitution soulignent que la légalisation ou la dépénalisation de l'industrie du sexe ne peut effacer les stigmates de la prostitution mais, au contraire, rend les femmes plus vulnérables aux agressions car elles doivent s'inscrire sur un registre et perdre leur anonymat. Ainsi, la majorité des prostituées choisissent encore d'agir de manière illégale et souterraine. Des membres du Parlement qui étaient à l'origine partisans de la légalisation des maisons closes, pensant que cela libèrerait les femmes, constatent désormais que cette légalisation renforce en fait l'oppression envers les femmes (Daley, 2001 : A1).
    L'argument selon lequel la légalisation devait supprimer les éléments criminels de l'industrie du sexe par un contrôle strict s'est avéré faux. Le véritable développement de la prostitution en Australie, depuis l'entrée en vigueur de la légalisation, s'est produit dans le secteur illégal. Depuis le début de la légalisation, le nombre de maisons closes a triplé et leur taille a augmenté - l'immense majorité n'ayant pas d'autorisation mais faisant sa propre publicité et opérant en toute impunité (Sullivan et Jeffreys : 2001). Dans le nouveau Pays de Galle du sud, les maisons closes ont été dépénalisées en 1995. En 1999, le nombre de maisons closes à Sydney a progressé de manière exponentielle, atteignant les quatre cents-cinq cents. La plupart n'ont pas d'autorisation légale. Pour mettre un terme à la corruption endémique de la police, le contrôle de la prostitution illégale a été enlevé des mains de la police pour revenir aux conseils municipaux et aux groupes de planification. Le conseil n'a ni les moyens ni le personnel suffisants pour enquêter dans les bordels afin d'y faire un grand nettoyage et de poursuivre les dirigeants illégaux.
    5. La légalisation de la prostitution et la dépénalisation de l'industrie du sexe accroît la prostitution des mineurs.
    Un des autres arguments avancés pour légaliser la prostitution aux Pays-Bas était que cela permettrait la fin de la prostitution des mineurs. En pratique, cependant, la prostitution enfantine a progressé de façon dramatique pendant les années 1990 aux Pays-Bas. L'Organisation pour les droits des enfants, dont le siège est à Amsterdam, estime que le nombre de mineurs qui se prostituent est passé de 4000 en 1996 à 15000 en 2001. Ce groupe indique qu'au moins 5000 mineurs sont étrangers, avec une grande proportion de filles venant du Nigeria (Tiggeloven : 2001).
    La prostitution enfantine a augmenté de façon dramatique dans l'Etat de Victoria par rapport aux autres Etats australiens dans lesquels la prostitution n'a pas été légalisée. De tous les Etats et territoires d'Australie, c'est en Victoria que l'on trouve le plus fort taux de prostitution enfantine. D'après une étude de 1998, faite par l'Association pour la suppression de la prostitution enfantine et du trafic (en anglais ECPAT), organisation qui a conduit une recherche pour le Centre national australien sur la prostitution enfantine, l'exploitation organisée du commerce des enfants s'est sensiblement accrue.
    6. La légalisation /dépénalisation de la prostitution ne protège pas les femmes qui sont dans ce milieu.
    La Coalition contre le trafic des femmes (CATW) a mené deux grandes études sur le trafic sexuel et la prostitution et pour cela a recueilli le témoignage de près de deux cents victimes d'exploitation sexuelle à des fins commerciales. Lors de ces études, les prostituées ont déclaré que les établissements dans lesquels elles étaient ne faisaient presque rien pour les protéger, qu'ils soient légaux ou illégaux. «Les seules fois où ils interviennent, c'est pour protéger les clients.»
    Une étude menée dans cinq pays par la CATW, au cours de laquelle cent quarante-six victimes de la traite internationale et de la prostitution locale ont été interrogées, montre que 80% de ces femmes ont subi des violences physiques de la part des proxénètes et des clients avec des conséquences multiples sur leur état de santé (Raymond et al : 2002).
    La violence à laquelle ces femmes ont été confrontées était une part intrinsèque de la prostitution et de l'exploitation sexuelle. Les proxénètes avaient recours à la violence pour des raisons et dans des buts différents: tout d'abord, pour initier quelques-unes à la prostitution et les faire céder pour qu'elles aient des rapports sexuels. Après cela, à chaque stade du processus, les proxénètes y avaient recours pour leur gratification sexuelle, pour exercer leur domination, pour punir les femmes de soi-disant «violations», pour les menacer et les intimider, pour obtenir leur soumission, pour les humilier et pour les isoler et les enfermer sur elles-mêmes.
    Parmi les femmes qui ont mentionné que les établissements sexuels les protégaient quelque peu, ces dernières ont souligné que jamais aucun «protecteur» n'était présent dans la chambre avec elle, lieu où tout pouvait se produire. Une femme qui était dans la prostitution ambulante a déclaré : «Le chauffeur joue en quelque sorte le rôle de garde du corps. Vous deviez appeler à votre arrivée, pour assurer que tout allait bien. Mais personne ne se tenait derrière la porte lorsque vous étiez à l'intérieur, alors n'importe quoi pouvait se passer.»
    Les études menées par la CATW ont révélé que même les caméras de surveillance dans les établissements de prostitution ne servent qu'à protéger les établissements. La protection des femmes contre les abus est secondaire voire sans importance.

    ..........
    La suite : ICI


    Voici ce que je retiens et dont je partage totalement le point de vue :

    Citation Envoyé par Dr Janice G. Raymond
    Plutôt que de sanctionner la prostitution, les Etats pourraient s'attaquer à la demande, en pénalisant les hommes qui achètent des femmes pour avoir des rapports sexuels, et soutenir le développement de possibilités de réinsertion pour les prostituées. Au lieu de récolter les taxes sur les profits engendrés par l'industrie du sexe, les gouvernements pourraient investir dans l'avenir des prostituées en leur fournissant des prestations, grâce à la saisie des capitaux de l'industrie du sexe, afin de leur proposer une véritable alternative à la prostitution.
    C'est en proposant une autre alternative aux femmes ( accompagnement, aide, soutien....) que l'on pourra épargner et "sauver" certaines de ce fléau...

  7. #6

  8. #7
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    Citation Envoyé par mike Voir le message

    C'est en proposant une autre alternative aux femmes ( accompagnement, aide, soutien....) que l'on pourra épargner et "sauver" certaines de ce fléau...
    Je partage entièrement l'avis de Mike :

    Non, je ne trouve pas la prostitution comme un métier comme un autre. Qu'on ne me dise pas que la majorité des femmes dans le monde qui la pratique, sont consentantes : la grande majorité le font par obligation.
    Légaliser la prostitution serait défendre la petite minorité qui l'exerce par appât du gain rapide. Question d'éthique, encore.

    Le jour où la mode sera de manger des reins d'enfants, légalisera-t-on leurs commerces ?

    Ce n'est pas parce que la demande est forte, que l'on doit permettre tout et n'importe quoi. La prostitution s'attaque à l'une des choses les plus précieuses pour l'être humain : sa dignité. Ne l'oublions pas.

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